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« Inherent Vice » et le retour aux seventies

 INHERENT VICE

Qu’est-ce qui donne envie de filmer à Paul Thomas Anderson ? Les longues chevauchées à moto dans le désert sur une bécane rutilante ? Oui, dans The Master (2012) par exemple. Les visages trempées par le pétrole qui colle aux basques et qui noircit l’âme, loin des images élégiaques de Géant (1956) de George Stevens ? Oui, dans l’épique There Will Be Blood. Des hippies défoncés et hédonistes qui mettent en place l’industrie du sexe à la fin des années 70 ? Oui, dans le dorénavant culte Boogie Nights (1997).

Mais alors qu’est-ce qui a pu lui donner envie, une fois de plus, de mettre en images la Californie des années 70 ? L’intrigue du roman de Thomas Pynchon ? Hum, on peut douter devant la complexité de l’intrigue, qui associe plusieurs niveaux de paranoïa et de bouffées délirantes, le tout mixé avec l’idée d’un décadrage continu de la réalité : par exemple les morts ne sont pas vraiment morts, les disparus pas vraiment disparus, les goélettes sont des bastions du mal et le chanvre peut aider à supporter un monde de plus en plus… désopilant.

L’intention de traiter une telle matière romanesque est louable, cependant une fois nos yeux habitués au design seventies du film, au tempo lent de la narration, et à l’invraisemblance de l’histoire (importation massive d’héroïne indochinoise sur le sol américain via la Californie, sous couvert de clinique privée mettant en condition les futurs clients) on s’ennuie peu à peu, on plonge dans la léthargie qui semble être la pièce maîtresse du film, et on se demande si tout cela a finalement quelque importance. Et on ne sait plus où se situe l’enjeu du film ? Dans ses images pastels qui veulent rivaliser avec celles de Terrence Malick, surlignées par la voix off, ou bien dans sa bande son et dans son accoutumance à la culture pop légitimée (j’ai reconnu plusieurs chansons du Loner, l’actrice qui incarne Shasta arbore un maillot de corps Country Joe and the fish) ?

Le film n’est pas mal tout compte fait, mais il ne subjugue pas et il est trop long : ses 2h20 ne pourront pas rivaliser avec l’indémodable The Big Lebowski (1998) des frères Coen, avec lequel je ne peux m’empêcher de le comparer. Mais était-ce voulu ou souhaité par le réalisateur ? Pas sûr.

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