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L’air du temps : « While We’re Young »

While we're youngDans While We’re Young de Noah Baumbach (2014) un couple de quadras, formé par Ben Stiller et Naomi Watts, en rencontre un autre, formé d’Adam Driver (la nouvelle coqueluche du cinéma américain, indé et mainstream confondus) et d’Amanda Seyfried. Mais le hic c’est qu’ils ont vingt ans de moins que Ben et Naomi, et ce qui est amusant au début (retrouver ses vingt ans et sa spontanéité, s’habiller de la même façon et avoir l’air cool quand on commence à mettre des cheveux blancs et à avoir de l’arthrite aux genoux, flirter en toute légèreté, …) devient vite un problème quand ses propres amis du même âge mettent un coup de frein et prennent du recul. Ce qui démarre comme une comédie douce amère sur les similitudes et les différences de deux générations bien distinctes (en gros ceux qui sont nés avant l’apparition d’internet, et ceux qui sont nés après) prend un tour inattendu et plaisant lorsqu’on se rend compte que le film traite en réalité de la rivalité de deux hommes sur le plan professionnel : le plus âgé des deux est un documentariste qui eut du succès au début de sa carrière, mais qui depuis huit ans travaille sur le même projet, tandis que sa femme a fait depuis une croix sur la maternité. Le plus jeune veut devenir rapidement un documentariste célèbre et ne perd pas de temps avec des notions comme projet mûrement réfléchi, éthique du travail, véracité des sources, droit moral de l’image. Non, il veut vite appartenir à cette caste à qui on rend hommage parfois au Lincoln Center de New-York, quitte à s’arranger avec la réalité et avec la vérité.

C’est de cela que parle While We’re Young, de la difficulté communicationnelle entre deux générations qui ne se comprennent plus, qui ne vivent pas dans la même réalité, qui n’ont plus du tout la même perception du monde qui les entoure. Et ce qui est le plus triste c’est quand le personnage du beau-père de Ben Stiller (incarné avec classe par Charles Grodin, qu’on a plaisir à revoir), à qui le Lincoln Center rend hommage à la fin du film, donne raison à ce merdeux incarné par Adam Driver, et dit à son gendre que le monde a changé et qu’il faut bien s’adapter, qu’en fin de compte tricher un peu avec les faits n’est pas si grave dans un documentaire. Ben Stiller, éberlué, va se consoler avec une bouteille de bourbon à la main, seul dans la nuit profonde, rejoint bientôt par sa femme, compatissante.

Mais il ne faut pas oublier l’autre personnage important du film, qui est la ville de New-York elle-même, magnifiée par la superbe photographie de Sam Levy et le très beau score du compositeur James Murphy.

En vérité cette comédie dramatique de Noah Baumbach est une petite merveille d’intelligence et de poésie.

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