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Méfiez-vous si quelqu’un toque à votre porte ce soir !

Knock KnockDans Knock Knock (2015) du cinéaste américain Elie Roth, un séduisant architecte campé par Keanu Reeves, seul dans sa maison pour le week-end, accueille deux jeunes femmes qui ont sonné à sa porte à une heure du matin. Sur cette trame minimaliste, celle du diable qui s’invite à table, Eli Roth a construit un film horrifique, d’accord, mais bien plus encore, un objet filmique pop, tout en couleurs flashy et cadrages relevant plus de Cosmopolitan et Le Journal de la maison que de Bergman ! Je m’explique : effectivement on peut considérer l’intrusion des deux garces chez le mec rangé des camions et sexy en diable (il a une épouse ravissante qui est une artiste reconnue, et deux enfants superbes) comme la revanche du principe féminin de la nature sur la puissance souveraine et destructrice de la masculinité dominante partout sur le globe (on voit d’ailleurs ce que ça donne aujourd’hui encore, cf. l’élection grotesque d’un Trump aux Etats-Unis par exemple) ; les deux furies qui pénètrent dans le cocon familial d’Evan Webber sont là pour régler des comptes, et on comprend à la toute fin du film qu’elles n’en sont pas à leur premier galop d’essai, et que plusieurs mâles américains WASP ont vécu également une nuit d’enfer entre leurs griffes. Mais ce qui est plutôt choquant c’est qu’en s’attaquant à l’architecte Evan, qu’elles ont espionné auparavant, et qu’elles piègent dans la salle de bain dans une scène bouillante, les deux vengeresses annihilent toute notion de gentillesse, de douceur, et de compassion chez un homme. Pour ces deux féministes enragés qui s’affranchissent allègrement de la loi et de la justice, dans un monde de porcs et de pervers, il faut éradiquer le machisme par la violence et la sauvagerie. Pourtant elles sont confrontés à un homme qui n’a aucune once ni de méchanceté, ni d’agressivité en lui, et c’est cette douceur qui va conduire à sa perte ce pauvre architecte. Tant qu’on reste à protéger sa couvée, on ne risque rien, mais si on reste seul à la maison, à écouter de la bonne musique sur des vinyles et à fumer un peu d’herbe alors attention, on entend toc toc à la porte, et sur qui ouvre-t-on ? Sur deux sublimes créatures toutes trempées par la pluie de l’orage, qui vous demandent si elles peuvent passer un simple coup de fil. Que fait-on dans ce cas-là ? Qu’est-ce qui est le plus sacralisé dans nos sociétés connectées, digitalisées ? La compassion, la solidarité, ou la concupiscence, la violence du désir et sa satisfaction dans les râles et dans les larmes ?

Enfin n’oublions pas les interprètes, qui au nombre de trois, rivalisent de charme et d’ingéniosité dans leur jeu : il s’agit du toujours excellent Keanu Reeves qui prend un malin plaisir à casser son image de playboy un peu lisse, mais surtout des excellentes et très jolies Lorenza Izzo et Ana de Armas qui savent passer du registre de la candeur à celui de la sauvagerie la plus excessive en un mouvement de cil.

La prochaine fois je vous parlerai de The Green Inferno du même Eli Roth, avec dans le rôle principal son égérie Lorenza Izzo. Un cinéaste décidément de plus en plus passionnant !

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