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10 ans de science-fiction au cinéma 2

mondwest Que sont les robots devenus ?

Michael Crichton fut un des premiers à poser la question dans 2 films aujourd’hui cultes. Il s’agit de Mondwest (1973) et Runaway – L’évadé du futur (1984), qu’il réalisa lui-même. Dans Mondwest on assiste au dérèglement de robots censés animer un parc d’attractions en servant de gibier. Mais en tirant à vue sur les clients du parc, le bel ordonnancement imaginé par les responsables vole en éclats : le fait de laisser aux consommateurs le soin d’exorciser leur haine et leur brutalité à l’endroit de robots, fabriqués en série comme autant de cibles faciles, et surtout inoffensives. L’icône Yul Brynner, en reprenant les attributs qui le caractérisaient dans Les Sept mercenaires (1960) de John Sturges (pantalon, chemise, et chapeau noirs), préfigure le Terminator (1984) incarné par Arnold Schwarzenegger quelques années plus tard dans le 1er opus de James Cameron. Impassible, le robot tueur traque les humains et les abat froidement. L’humain a fabriqué le robot à son image : et sous le vernis de la civilisation l’être humain se console en cachant sous le tapis sa véritable nature, avec laquelle il crée une nouvelle enveloppe charnelle ; celui qui lui ressemblera le plus sera programmé pour exterminer à son tour ceux qui entraveront sa route. S’il est vrai que Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Stig Dagerman, 1952) alors les créatures numériques suprêmement intelligentes feront office d’avatars nous permettant d’exténuer notre besoin irrépressible de désolation. Mais nous continuons cependant de proliférer.

Matrix

C’est ce qu’exprime l’agent Smith, le programme informatique-traqueur de la Matrice (dont la mission est d’éradiquer l’espèce humaine), à l’endroit de Morpheus, lorsqu’il lui rappelle que l’humanité s’est répandue à la surface de la Terre de la même manière que les cellules cancéreuses. Lesquelles prolifèrent dans un organisme en éliminant les cellules saines jusqu’à épuisement irréversible des tissus. In The Matrix (1999) de Lana et Lilly Wachowski.

Non, décidément, les films de science-fiction ne sont pas drôles depuis quelque temps. Car ils sont le reflet des cataclysmes qui nous guettent.

A l’heure du dérèglement climatique, dont nous pouvons déjà mesurer les effets dévastateurs sur nos écosystèmes (avec force tsunamis meurtriers, ouragans tropicaux sans commune mesure avec ceux d’autrefois, sécheresse intense et pluies diluviennes aux quatre coins de la planète, disparition accélérée des espèces les plus fragiles ou les moins protégées,…), et de la fragmentation des manières de penser, de communiquer, et d’entrevoir le futur, les seuls qui posent les bonnes questions aujourd’hui sont les réalisateurs de films de S.-F. et d’anticipation. Car ils osent mettre en images, non pas le monde de demain (nous y sommes déjà, englués jusqu’au cou), mais la réalité alternative d’aujourd’hui, que beaucoup refusent de voir.

Mad Max 2

Notre monde ressemble de plus en plus à celui de Blade Runner (Ridley Scott, 1982) et de Mad Max 2 (George Miller, 1982) sans que personne ne réagisse. Parce qu’il n’y a plus de visions politiques, économiques et sociales à long terme. Des sociologues, des géographes et des philosophes alertaient autrefois sur les écueils que nous n’allions pas tarder à rencontrer en chemin. Je pense à Alfred Sauvy, à Yves Lacoste et à Michel Foucault par exemple. Bien sûr, ils pouvaient leur arriver de se tromper dans leurs pronostics, mais ils avaient cet avantage certain : il osaient prophétiser ce que nous deviendrions, et proposaient une autre manière de penser, et surtout de se penser, en étroite relation les uns avec les autres. Quand le monde contemporain ressemble de plus en plus à un champ de mines, les spectateurs de cinéma aiment se réfugier dans les univers bariolés proposés par les films de fantasy, qui sont le placebo, je le concède, dont nous avons besoin désormais, pour oublier, l’espace de 2 à 3 heures, l’angoisse chevillée au corps de nos vies post-modernes et bien ternes.

Pourquoi ?

à suivre

 

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