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Géant ou le miracle ourdi par Hollywood 2e partie

775093556d0469bd7e6500d80c17be63 Je n’ai pas encore vérifié (mais ça ne saurait tarder) si Géant fait partie des collections patrimoniales de la Bibliothèque du Congrès, à Washington D.C., mais je sais que le découvrir dans le jeune âge est une expérience esthétique de premier ordre. L’identification aux personnages fonctionne à merveille et le Scope et le Technicolor de cette luxueuse production peut continuer à fasciner aujourd’hui encore. Un tel amour de la confection des images nous invite à revenir avec plaisir et mansuétude sur les émerveillements du premier âge.

En outre je donnerai cher pour connaître l’avis de François Truffaut sur la pérennité du jeu de James Dean, s’il était en vie aujourd’hui. Car le jeu de Jimmy Dean, tout comme celui de Rock Hudson ou de Liz Taylor, me manque terriblement. L’espace d’un moment – celui de la vision du Blu-ray édité par Warner Bros par exemple – il se réincarne dans toute sa complexité émotionnelle.

J’aime profondément le cinéma qui se fait aujourd’hui, mais j’aime mieux encore celui d’hier et d’avant-hier ; quand les studios d’Hollywood, ceux de la Victorine à Nice ou ceux de Cinecittà dans la banlieue de Rome, créaient les images inoubliables que l’on continue à regarder et à analyser avec ferveur et une admiration jamais feinte. Pour mieux comprendre leur subtile alchimie.

A ce moment de l’Histoire du cinéma américain, quand Géant apparaît sur les écrans, il insuffle une nouvelle dynamique à la façon de raconter des histoires en images et en sons. Et cela longtemps avant le nouvel Hollywood tant vanté par nos journalistes culturels, comme si rien d’autre n’avait existé avant. On a coutume de dire que les jeunes turcs des Cahiers du Cinéma, Godard, Truffaut, Rivette et quelques autres, attaquaient avec force le cinéma de papa et la qualité française. Mais on oublie de préciser qu’ils connaissaient par cœur ce dont ils parlaient avec tant de brio. Quand ils parlaient de René Clément, de Jean Delannoy, de Claude Autant-Lara ou de Jacques Becker, ils avaient vu tous leurs films sans exception.

Et puis n’a-t-on pas oublié que Claude Berri ou encore Edouard Molinaro faisaient partie du club très fermé de cette confrérie prestigieuse qu’était la Nouvelle vague dans les années 60 (soit dit en passant des années qui furent parmi les plus belles pour notre cinématographie, comme les années folles et 40 un peu avant) ?

On pourrait d’ailleurs se demander : Est-ce que le classicisme empêche l’innovation ? Ne serait-ce pas plutôt le contraire ? Certains schémas classiques de mise en scène révèlent une modernité de propos qui ne fige pas la scène, mais la transcendent en lui conférant cette intemporalité qui arrive à nous subjuguer, encore et encore, à l’heure du cinéma numérique, souvent froid et impersonnel.

Et Géant de George Stevens est la parfaite illustration de ce pourquoi on aime avec gourmandise et délectation les films de cinéma : pour le foisonnement sémantique de sa mise en images et surtout pour la beauté irréelle, mythologisée, de ses inoubliables interprètes.

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