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Où sont passés les films-fresques d’antan ?

audrey-hepburn-culture-list Jusqu’à il n’y a pas si longtemps (disons le début des années 90) il n’était pas rare de voir arriver sur nos écrans des films qui duraient près de 3 heures. Et dont la magnificence, mêlée à une richesse tant thématique que formelle, faisait le bonheur de celles et de ceux qui attendaient du cinéma autre chose qu’un divertissement. Un divertissement enjoué, certes, sur le moment, mais totalement oublié une fois les lumières rallumées pendant le générique de fin.

Ces films-fresques, généralement des pandemoniums hollywoodiens ou coproduits par plusieurs pays européens, étaient pour la plupart, j’en conviens, de redoutables machines marketing, proposées par les majors pour inciter le plus grand nombre à revenir vers les salles délaissées à cause de la télévision. Ces films de prestige étaient cependant de vrais propositions de cinéma, avec aux commandes de grands metteurs en scène, qui marquèrent à jamais l’histoire du 7e art.

En 1955 George Stevens (qui n’était pas le dernier venu) réalisa Géant, et la même année le grand King Vidor mit en boîte Guerre et paix, d’une durée de 3h30 ; il s’agissait de l’adaptation cinématographique du sublime roman de Tolstoï, dans lequel des membres de l’aristocratie russe se déchirent pendant que les troupes napoléoniennes guerroient avec acharnement contre les armées du Tsar.

Les films de prestige existèrent pour donner des lettres de noblesse à des long métrages de cinéma en mal de légitimation culturelle. La cinéphilie prit son véritable essor après la deuxième guerre, grâce aux papiers subtils, référencés et agréables à lire de Roger Tailleur, d’André Bazin et de Georges Sadoul. Qui firent de la critique de cinéma, ou plutôt de l’écriture sur le cinéma, une manière intelligente et stylisée de parler du monde, de soi et du temps qui passe et qui ne revient pas. Ensuite les jeunes turcs prirent le relais, avant de passer à la réalisation, et d’accepter à leur tour que leurs œuvres soient analysées par de jeunes cinéphiles passionnés. Car c’est la jeunesse cultivée de l’époque (celles des années 60 et 70) qui fit un triomphe aux films de la Nouvelle Vague. [Et nous reviendrons plus en détail sur toute cette affaire dans un prochain post]

Dans les années 30 et 40, même 50 et 60, nombre d’intellectuels et d’artistes n’avaient que mépris vis à vis de cet art nouveau qui mêlait habilement les catégories esthétiques nées de la littérature et du théâtre, à celles de la technique et de la mécanique : une caméra de cinéma, de ce temps, était faite de l’alliage complexe qui marie l’optique à la photochimie. Car le cinéma, depuis ses débuts en 1895, c’est à la fois un art et une industrie. Au même titre que la littérature d’ailleurs, car que seraient Sartre et Mauriac, par exemple, sans les ouvriers imprimeurs et typographes ?

Jean-Paul Sartre, comme beaucoup de ses contemporains écrivains, n’avait que mépris pour le cinéma. Du coup peu de ses romans (peu nombreux dans son œuvre au demeurant car les essayistes n’aiment pas les raconteurs d’histoires) furent adaptés au cinéma. Le matérialisme dialectique d’après guerre a eu beaucoup de mal à s’incarner dans des œuvres cinématographiques de premier plan. Sartre n’aura pas eu son Bondartchouk.

à suivre

3 Commentaires à “Où sont passés les films-fresques d’antan ?”

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  1. Bonjour, j’apprécie beaucoup tes blogs. Aujourd’hui, je te propose de découvrir un grand classique du cinéma qui pourra sans doute te plaire. Il s’agit de « Shakespeare in love », un film que j’ai récemment vu en vidéo à la demande sur l’appli mobile que j’utilise souvent : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.virgoplay.v3.playvodmax&hl=fr . Cette comédie dramatique est une réalisation de John Madden. Sache que la bande-annonce est disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=y7sBJVYBOA8 . Cette fiction narre les débuts de la carrière du jeune dramaturge et poète William Shakespeare. Au casting, tu retrouveras les acteurs tels que Imelda Staunton et Judi Dench, entre autres. Bon visionnage !

    jean16 a dit ceci

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    • Je te remercie pour cette proposition, car je n’ai jamais vu ce film mais j’en ai entendu parler en bien. En plus j’adore les biopics littéraires et historiques, et puis la vie de Shakespeare est tellement pleine de mystères et d’énigmes irrésolus. Sais-tu que pas mal de spécialistes de littérature, encore aujourd’hui, se demandent s’il a réellement existé, ou si c’est lui qui écrivait ses pièces ? On s’est posé la même question à propos de Molière, et certains pensent mordicus que Corneille écrivait les pièces de l’illustre comique. Tout ça pour te dire que ça va me passionner. Merci beaucoup Jean, passe une excellente journée.

      lemodernecinematographe a dit ceci

      Répondre

  2. Bonjour, j’espère sincèrement que le film t’a plu. Bonne journée !

    jean16 a dit ceci

    Répondre


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