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Where are you hidden, old friend ? 2e partie

yul-brynner-official-pic-magnificent-seven Le western n’évoque pas, il ne réinvente rien, il ne signifie pas que la conquête continue, non. Mieux que les autres genres le western incarne, de manière pérenne, l’idée selon laquelle ce qui nous constitue en tant que nation, c’est l’adhésion de tous au même récit à atteindre. Différentes communautés se sont entrechoquées, violentées, massacrées, avant d’arriver à s’unifier dans la douleur et dans le sang de la Civil War de 1861-1865 : c’est ce que montre un beau film un peu oublié comme Glory (1989) de Edward Zwick.

Il en faut traverser des épreuves, des tueries et des noyades, pour vivre ensemble un jour dans la consolidation du pacte citoyen. Les gringos qui viennent en aide aux peones d’un petit village mexicain régulièrement attaqué et pillé dans Les Sept mercenaires (1960) de John Sturges, montrent que le rassemblement en vue d’une cause commune et juste cèdera bientôt la place au législateur. Dans bien des films le marshall ou le shériff et ses adjoints sont le seul rempart face à l’effervescence de la violence qui cimente le genre comme une trainée de poudre. Ces sentiments refoulés incarnés par des coups de feu sans motif valable, c’est ce que les riches américains viennent chercher comme sensation dans la série phénomène Westworld (HBO, 2016-en cours), où il peuvent laisser cours à leurs instincts barbares et primitifs en tuant des cyborgs. Le malaise, devant le spectacle de la violence standardisée par l’Entertainment, vient du fait que plus personne n’opère le moindre recul sémantique devant cette profusion d’images sans cesse renouvelées. Les médias culturels ont beau légitimer toutes ces séries, qui d’ailleurs ne s’adressent qu’à une élite qui a les moyens de se payer les frais inhérents à ces nouvelles chaînes payantes et services de SVOD, elles restent néanmoins le triste reflet de la déliquescence de nos sociétés que les images de destruction et d’annihilation subjuguent.

Rompre le cercle infernal de la violence, vaincre la peur et l’exclusion, témoigner pour les générations à venir de ce que nous fûmes, solidifier le socle sur lequel agissent les forces toujours opérantes de la concorde et de la tolérance, c’est à tout cela que sert le western. En visionner un c’est se résoudre à envisager enfin clôt le chapitre de la conquête, celle de la frontière et de l’organisation pacifiée des peuples qui la bordent. Des peuples bigarrés, mêlés, mais qui vivent sur les mêmes terres. Spike Lee a baptisé en 1983 sa maison de production 40 Acres & A Mule Filmworks, car c’est ce que le gouvernement fédéral donnait à un esclave affranchi pour s’installer en tant que fermier : 40 acres (l’équivalent de 16 hectares) cultivables et une mule pour traîner une charrue. Le western a longtemps été le sténographe du droit de s’établir et de posséder, valable pour qui que ce soit, sans pour cela être ni racketté, ni rançonné, ni abandonné à la vindicte des fous furieux.

Quel autre genre cinématographique aura su incarner en images et en sons l’édification progressive et parfois douloureuse de la Constitution garante du pacte de citoyenneté ? Pourquoi est-il un genre désuet aujourd’hui ?

à suivre

 

 

 

 

 

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