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Tout l’argent du monde rend heureux n’importe qui, vraiment ?

Tout l'argent du monde, Affiche Ce film de Ridley Scott, Tout l’argent du monde (2017), raconte l’enlèvement du petit-fils du magnat des affaires J. Paul Getty en juillet 1973 à Rome. Tirée de faits réels cette histoire est édifiante à plus d’un titre : déjà, dans la mesure où le grand-père milliardaire, qu’on considérait à l’époque comme étant l’homme le plus riche du monde, refuse tout de go de payer la rançon de 17 millions de dollars demandée par les ravisseurs. Ensuite, parce que c’est le négociateur et homme à tout faire du susdit milliardaire, un ancien agent de la CIA, qui va prendre les choses en main et tenter d’aider la mère du jeune Paul Getty enlevé, à résoudre cette affaire rocambolesque. Et enfin car durant toutes ces journées et ces nuits qui mirent à cran toute l’Italie, les services de Police et de Renseignement ne savaient pas vraiment à qui ils avaient affaire : aux Brigades Rouges, aux factions armées de l’extrême-droite, à la ‘Ndrangheta, à une autre formation mafieuse, ou bien à des kidnappeurs autonomes ?

Alors ce film de politique-fiction, tendu, nerveux, extrêmement précis dans sa reconstitution des événements, se révèle passionnant à regarder et à analyser. Car, au-delà du récit lui-même, tellement invraisemblable tant le refus borné du grand-père (génial Christopher Plummer, un des derniers Mohicans d’Hollywood) s’apparente à de la démence sénile, le réalisateur prouve une fois de plus qu’une bonne histoire contemporaine peut donner lieu à un film totalement décomplexé. En plus Ridley Scott ne renie rien des figures de style qui sont sa marque de fabrique, reconnaissables de film en film : pour s’en convaincre il n’y a qu’à admirer la lumière ocre des plans qui mettent en scène le négociateur (joué par Mark Wahlberg) avec les émirs arabes du Golfe persique, ou bien les bleus métalliques des scènes pluvieuses qui se passent dans le manoir anglais du vieux Getty, retranché du monde et de sa famille, qu’il n’aime pas. On retrouve le style chromatique qu’on avait tant admiré autrefois dans Les Duellistes (1977), Traquée (1987) et Black Rain (1989).

On attend désormais beaucoup de son adaptation pour le cinéma du superbe Cartel, le roman puissant de Don Winslow, qu’il est en train de réaliser. Et qui n’aura certainement rien à voir avec son film homonyme en français Cartel (The Counselor, 2013), qui fut pourtant scénarisé par l’écrivain Cormac McCarthy, et qui a été un cuisant échec commercial.

Mais de toute façon, si on se doutait un peu quand même que l’argent, et même « tout l’argent du monde » ne fait pas le bonheur, ce film de Ridley Scott devrait irrémédiablement nous consoler de n’être jamais devenus des magnats du pétrole cinglés, sans cœur, et terminant seul leur existence… ô combien !

Ce diable de Ridley Scott, qui pourtant a aligné un paquet de chef-d’œuvres dans sa longue carrière, ne cesse de nous surprendre. Et c’est tant mieux.

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