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Une certaine tendance du cinéma français

On assiste en ce moment à une véritable frénésie en France. C’est celle de confier la réalisation des films à des acteurs et à des actrices de cinéma.

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Cet été sur vos écrans c’est  une tendance lourde qui s’installe : Jalil Lespert sort son Dindon (France, 2019) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne et Alice Pol ; Géraldine Nakache réactive son amitié factice avec Leïla Bekhti dans J’irai où tu iras (France, 2019), qu’elle ne peut s’empêcher de mettre en scène. Même un chanteur s’y met puisque le slameur Grand corps malade a réalisé La Vie scolaire (France, 2019) qui sort le 28 août en même temps que le nouveau film de la réalisatrice Rebecca Zlotowski, Une fille facile (France, 2019). Cette dernière met en scène la relation à double tranchant entre le personnage de Mina Farid et celui de sa cousine un peu plus âgée, incarné par une people autrefois connue à la rubrique « histoires pathétiques dont tout le monde se moque ». Mais ça fait longtemps que le cinéma français aime se faire mousser avec ce genre de geste artistique totalement ridicule : il n’y a qu’à se souvenir du casting improbable réuni par Claude Lelouch dans Hommes, femmes : mode d’emploi (France, 1996) ; dans lequel on voyait s’agiter Bernard Tapie et Ophélie Winter devant une caméra 35 mm médusée par tant de connerie. N’était pas Jean-Pierre Mocky qui voulait à l’époque. Si ça n’avait pas été ce brave Claude Lelouch devant la caméra, qui a quand même réalisé trois ou quatre des plus beaux films français d’après-guerre (oui mais laquelle me direz-vous ?), inutile de préciser que celui qui aurait eu l’idée de cette incongruité aurait vu sa carrière partir en fumée sans tambour ni trompettes.

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Mais aujourd’hui c’est du dernier chic de faire tourner une ancienne escort girl (belle à se damner il est vrai !) et peut-être même qu’elle aura le césar de la révélation cet hiver, et peut-être même qu’elle le méritera, si ça se trouve, la belle et pulpeuse Zahia Dehar, ce césar qui récompense nos talents cinématographiques, nos pierres précieuses les plus rares, les plus minérales.

Et Hafsia Herzi proposera Tu mérites un amour (France, 2019) le 11 septembre prochain. La liste est loin d’être close.

Cet état de fait veut dire une chose : que les acteur.rice.s ont pris le pouvoir au cinéma, et il va être de plus en plus difficile d’exister en tant que cinéaste à part entière dans ce pays, hors du sérail qui tient les rênes de la production audiovisuelle de ces vingt-cinq dernières années.

Ce qui auparavant était élaboré patiemment sur le plateau de tournage et qui correspondait à une vision forte et réfléchie, est en train de disparaître sous nos yeux de spectateur.rice.s averti.e.s.

Autrefois, par exemple, Jean-Pierre Melville, François Truffaut, Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky, Robert Enrico, Georges Lautner, Henri Verneuil, Claude Zidi et José Giovanni étaient maîtres de leurs films de bout en bout. Que seraient-ils devenus aujourd’hui ?

à suivre…

 

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