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Les westerns mythiques : [#2] « La Colline des potences »

 

Gary Cooper et Maria Schell dans un des plus beaux films du monde.

Gary Cooper et Maria Schell dans un des plus beaux films du monde.

Beaucoup de films existent, mais peu de films en vérité sont aussi beaux que cette Colline des potences (The Hanging Tree, États-Unis, Warner Bros., 1959) de Delmer Daves.

Le film sort sur les écrans en 1959 et déjà, à ce moment-là de son existence, le genre western change du tout au tout. Les grandes années de l’âge d’or s’estompent et laissent la place à une révision des histoires qui vont mener, tout au long des années 1960, à une manière différente d’aborder la narration, ainsi que la typologie des personnages.

Mais Delmer Daves, le réalisateur, résiste et propose un récit dans lequel le personnage principal, dont la figure héroïque de l’immense Gary Cooper occupe en majesté le technicolor, laisse deviner des failles insondables, abyssales, destructrices. De cette manière d’habiter un personnage qui traîne avec lui des blocs d’obsidienne aussi épais que le marbre de Carrare, Clint Eastwood, quelques années plus tard, saura se souvenir, quand il passera à la réalisation. D’ailleurs on retrouve bien des éléments de cette histoire, qui se passe dans le monde clos des orpailleurs, les petits chercheurs d’or misérables qui bâtissent des campements de fortune au bord des fleuves fougueux et des rivières tempétueuses du Grand Ouest, dans le magistral Pale Rider par exemple.

Dans La colline des potences on assiste à l’arrivée d’un hobereau nomade, joué avec maestria par le plus grand acteur du monde, Gary Cooper, comme médecin itinérant parmi les chercheurs d’or. Pendant qu’il installe son cabinet médical dans une maison qu’il vient d’acheter à un orpailleur pour quelques piécettes d’or, un jeune homme, Rune, manque de se faire dessouder pendant qu’il cherche à voler quelques pépites d’or. Blessé par balle, il va être soigné par le docteur. Quelque temps plus tard, on apprend qu’une diligence a été attaquée par des bandits de grand chemin, et qu’il n’y aurait qu’une survivante, une jeune femme qui vient de la lointaine Suisse, et qu’on espère saine et sauve, et ravissante. Cette jeune femme, incarnée avec une grâce absolue par la sublime actrice de cinéma Maria Schell, va être retrouvée, puis soignée par le solide docteur.

Sur cette trame Delmer Daves construit une histoire parfaite, dans le Montana de 1873, au temps de la légendaire et pourtant vraie, ruée vers l’or : cette histoire c’est celle de la relation triangulaire, à la fois conflictuelle et bienveillante, qui se noue entre le docteur, qui se révèle être aussi un puissant pistolero (un peu comme quand Clint Eastwood incarne en 1985 un pasteur protestant plein de compassion qui n’hésite pas à exterminer tout un posse de mercenaires malfaisants dans Pale Rider), son jeune assistant qu’il a sauvé d’une mort certaine au tout début du film, et cette exquise Elisabeth qui va devenir le point de fixation de toute une communauté.

La colline des potences, à travers ses images fulgurantes, son score entêtant et son interprétation remarquable, est devenu un classique de l’histoire du cinéma ; et ce n’est que justice tant la beauté plastique de ce long métrage hante pendant longtemps la mémoire cinéphilique des spectatrices et des spectateurs qui ont la chance de le visionner.

Il existe de très nombreux films de cinéma depuis 1895, c’est vrai, mais, aujourd’hui, en un temps de tristesse insondable qui voit s’éteindre peu à peu les dernières flammes vacillantes de la beauté artistique, qui est capable de réaliser une telle ode à la tolérance, à l’amitié et à la bienveillance envers les membres de la tribu que nous nous sommes choisis ? Qui peut rivaliser avec les grands maîtres et les grandes maîtresses de l’image cinématographique d’autrefois, quand tourner un film n’était pas seulement un simple hobby professionnel commandité par les puissances de l’argent et de la mesquinerie esthétique ?

En 1959, quand on se rendait en tant que réalisateur ou réalisatrice sur un plateau de tournage, c’était non seulement pour offrir la beauté à des yeux avides de gaieté et de partage, c’était aussi avant toute chose pour déposer son cœur palpitant, plein de sève, sur le diaphragme mécanique de l’objectif de la caméra. Contrairement à notre époque diluée dans la médiocrité affligeante de la création télévisuelle, on ne mentait à personne sur un plateau de cinéma en 1959.

De cela pouvaient témoigner en toute sérénité François Truffaut et Jean-Luc Godard au moment d’enregistrer les premières images/son des Quatre cents coups et d’À bout de souffle. Mais il s’agit d’une autre histoire… À venir.

 

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Les films d’horreur contemporains : [#2] « The Hunt »

Betty Gilpin, impressionnante, dans "The Hunt" de Craig Zobel (2020)

Betty Gilpin, impressionnante, dans « The Hunt » de Craig Zobel (2020)

Depuis plus d’une dizaine d’années les Productions Jason Blum dominent en qualité le genre horrifique au cinéma. Même si les débuts furent laborieux (qui, parmi les amateurs de films d’horreur, aime vraiment, sans arrière pensée, la saga des Paranormal Activity – 5 films au total à ce jour), tout le monde s’accorde à dire que des franchises comme par exemple American Nightmare (4 films à ce jour) ou Happy Birthdead (2017) et Happy Birthdead 2 You (2019) ont renouvelé en profondeur les codes surannés du film d’horreur, basés sur les jump scares à répétition. Il faudra un jour prochain écrire un livre, qui se proposera d’analyser de quelles manières ce producteur américain a déjoué tous les pronostics, en remettant au goût du jour les formules qui firent le succès des Productions Roger Corman et Amblin Entertainment au siècle dernier.

En 2020 une production Blum remet les pendules à l’heure : il s’agit du film The Hunt, qui est réalisé par Craig Zobel, sur un scénario machiavélique de Nick Cuse et de Damon Lindelof, vous savez, le génial créateur de la série TV phénomène Lost.

Le film est une relecture ahurissante des Chasses du Comte Zaroff d’Irving Pichel & Ernest B. Schœdsack (The Most Dangerous Game, États-Unis, RKO Radio Pictures, 1932), porté de bout en bout par une actrice exceptionnelle, Betty Gilpin. Cette sublime actrice américaine de 34 ans nous scotche à notre canapé (faute de mieux car pour le moment, hélas, les salles ne sont toujours pas rouvertes, et c’est insupportable !), et ses mimiques qui ponctuent les purs moments d’adrénaline de la pellicule, nous font deviner une nature comique qu’une réalisatrice talentueuse devra vite exploiter. Pour moi, en 2021, le monde du cinéma de divertissement appartient à Betty Gilpin donc, et à Rebecca Ferguson ; d’ailleurs ces 2 actrices se ressemblent étrangement comme 2 gouttes d’eau… Mystères, mystères !

Ensuite je ne peux rien vous dire de plus car il faut absolument visionner The Hunt, vierge de tout préjugé. Cela vous permettra d’être réceptif aux péripéties et à l’enchainement des séquences, jusqu’au déroulé final, totalement inattendu et diablement bien mis en scène. Cela faisait longtemps qu’on ne m’avait pas offert un vrai morceau de bravoure dans un film de cinéma, disons depuis le beau duel entre Uma Thurman et Lucy Liu sous la neige dans Kill Bill, le 1 ou le 2, je ne sais plus.

Il va falloir compter désormais avec le cinéaste Craig Zobel dans les années à venir.

Jetez-vous avec gourmandise sur The Hunt, frissons de plaisir garantis !

 

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