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Le film événement de cette fin d’année 2025

Sydney Sweeney incarne Millie Calloway, l'iconique Femme de ménage.

Sydney Sweeney incarne Millie Calloway, l’iconique Femme de ménage.

Il s’agit de La Femme de ménage, sorti en France la veille de Noël (le 24 décembre 2025), et réalisé par Paul Feig.

Si les chiffres d’exploitation du cinéma en salle, en France, ont été moins bons cette année que l’an dernier (181 millions d’entrées en 2024 contre 150 millions au 24 décembre 2025) , deux films de fin d’année vont redresser la barre : Avatar 3 : de feu et de cendres de James Cameron et La Femme de ménage de Paul Feig. Ils sont en train, tous les deux, de drainer une foule considérable dans les salles de cinéma. C’est la très bonne nouvelle de cette fin d’année. Deux films ambitieux ramènent les gens au cinéma. On ne s’en plaindra pas.

La Femme de ménage est donc réalisé par un solide cinéaste de 63 ans, originaire du Michigan, qui compte dans sa filmographie de belles réussites comme Mes meilleures amies en 2011, Spy en 2015 ou encore sa relecture féministe bienvenue de S.O.S Fantômes en 2016. Il s’agit d’un réalisateur de comédies qui fait une incursion très attendue dans le registre noir.

C’est dire si Paul Feig était attendu au tournant avec cette adaptation du phénomène littéraire de l’écrivaine américaine Freida McFadden. Car donner sa propre vision d’un tel succès de librairie, qui dépasse l’entendement, recèle bien des pièges : les fans de la série de livres écrits par la romancière de 45 ans, nombreux à travers le monde, vont guetter chaque faux pas, chaque incohérence, chaque trahison, puis se lâcher sur les réseaux sociaux. Mais aucune inquiétude, Paul a fait du très, très bon boulot. Et puis Paul est un malin : il a conseillé d’aller voir son film avant de lire le roman.

L’art visuel du cinéma de pur divertissement repose sur le glamour de ses interprètes, et Paul Feig n’a commis aucune erreur de casting : ses deux personnages féminins sont idéalement distribués. Amanda Seyfried est géniale dans le rôle de Nina Winchester, et Sydney Sweeney, dans le rôle de Millie Calloway, la femme de ménage du titre, est à la hauteur de sa partenaire de jeu (elle a d’ailleurs été choisie pour être la nouvelle Barbarella au cinéma – nous suivrons cela de très près). Quant au beau gosse de service, qui interprète le mari, Andrew Winchester, il s’agit de Brandon Sklenar, un jeune acteur américain de 35 ans à suivre. Il était d’ailleurs amusant, à la sortie de la projection, d’entendre le commentaire dithyrambique des spectatrices à propos des deux actrices, dont le magnétisme a marqué chaque spectateur du film.

La Femme de ménage est un thriller domestique, et de la plus belle eau, qui, par bien des côtés, m’a fait penser à trois réussites du genre, qui en sont aussi les maîtres-étalon : La Main sur le berceau (1991) de Curtis Hanson, Les Nuits avec mon ennemi (1991) de Joseph Ruben, et JF partagerait appartement (1992) de Barbet Schroeder. Cette Femme de ménage apporte une pierre de plus, et pas n’importe laquelle, à l’édifice.

Il ne me reste plus qu’à visionner, pendant ces fêtes de fin d’année cinéphiliques, le remake que propose Disney de La Main sur le berceau, réalisé cette année par Michelle Garza Cervera pour Disney+, avant de vous en parler très prochainement.

En attendant, joyeuses fêtes à toutes et à tous !

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Joyeux Noël 2025

Joyeux Noël 2025 

Je souhaite à toutes et à tous un joyeux et heureux Noël 2025 !

 

 

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Ciné 90 : (#9) « American History X » de Tony Kaye

© Neflix France

© Neflix France

Ce film du réalisateur anglais Tony Kaye, sorti sur les écrans en 1998, résonne d’une manière particulière aujourd’hui. Même si la société américaine était déjà terriblement fracturée (le film se déroule peu après le passage à tabac de Rodney King par des policiers du LAPD, sur le bord d’une autoroute interurbaine de Los Angeles, le 3 mars 1991), cela concernait en premier lieu des groupuscules et des communautés qui se vouaient une haine farouche. Le gouvernement US n’était pas encore piloté par des énergumènes qui allaient faire passer la concorde, la civilité et la rationalité humaine pour des reliques du passé, trente ans plus tard.

American History X met en opposition deux communautés pas franchement friendly qui ne se veulent pas du bien, à travers le parcours symétrique de deux frères, un qui est lycéen, et l’autre, l’aîné, qui est dans la vie active. Le plus âgé des deux, Derek, est l’activiste premium d’un groupuscule néo-nazi particulièrement violent. Les ennemis jurés de ce groupe unitaire de blancs décérébrés sont des jeunes afro-américains appartenant au gang des Crips, pas des tendres eux non plus. Ce petit monde ne cesse jamais de se provoquer dans les rues brûlantes du quartier angeleno de Pomona.

Le drame vient très vite percuter la narration. En alternant séquences en noir & blanc et en couleur, en truffant son film de ralentis significatifs sur les gros plans des visages, et sur les plans d’ensemble de toute beauté qui mettent en valeur tout le cast, le réalisateur britannique Tony Kaye signe le film coup de poing des années 1990. Toute sa mise en scène est d’une précision démoniaque, et chaque spectatrice, chaque spectateur de ce film singulier reste scotché à son siège ou à son canapé. Il ne nous laisse pas respirer tellement le déroulé narratif oriente toutes les actions décisives des personnages vers le nœud gordien. Il ne faut pas en dire plus, sous peine de déflorer l’intrigue.

Ce film, en compagnie de quelques autres comme La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz, Tueurs nés (1994) d’Oliver Stone, American Psycho (2000) de Mary Harron et le remarquable Detroit (2017) de Kathryn Bigelow, a infusé dans la culture filmique de ces trois dernières décennies l’idée selon laquelle le cinéma pouvait nous aider à comprendre la déréliction de nos sociétés contemporaines.

Mention spéciale à l’immense acteur américain Elliott Gould (l’acteur fétiche de Robert Altman) qui incarne avec justesse et humanité un homme amoureux qui sera néanmoins anéanti par le fanatisme délirant du fils aîné de la femme qu’il aime. Il ne faut pas oublier non plus les partitions exceptionnelles d’Edward Norton (le rôle lui a valu une nomination à l’oscar du meilleur acteur cette année-là), de la légende Stacy Keach et de l’exceptionnel Avery Brooks dans le rôle du professeur humaniste Bob Sweeney, qui ne veut pas laisser la haine raciale gagner.

Aujourd’hui plus que jamais, American History X mérite d’être vu. Car il résonne étrangement avec notre actualité sociétale et encourage la discussion qui, seule, permettra de comprendre, puis d’endiguer ce qui ne va pas, afin d’annihiler les maux qui blessent et qui tuent.

Ce film est actuellement au catalogue de Netflix France.

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