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Une certaine tendance du cinéma français, 2ème partie

B9720360660Z.1_20190806161622_000+GVAE3CEVQ.3-0 On en revient toujours à cette vieille question, jamais   résolue en apparence : qui est le plus légitime pour   donner naissance à un film, celui qui le réalise et qui est   en principe derrière la caméra (même si la plupart des   réalisateur.rice.s se contentent de jeter un œil dans le   combo lors du tournage d’une scène), ou bien celui qui   joue dedans et qui possède le capital-risque (un peu   similaire à la valeur monétaire d’un joueur de football   de l’élite) ?

Il semblerait que le vrai pouvoir appartienne aujourd’hui davantage aux acteur.rice.s, dont je ne suis pas certain qu’ils portent tous de la même manière le désir de raconter des histoires. Ce qui fait que ces dernières se ressemblent toutes dans l’ensemble, avec la cohorte d’histoires de familles re-re-recomposées et surmultipliées, et multiethniques de préférence. On se demande quand même comment tous ces gens tellement libéraux et larges d’esprit vivent au quotidien. Car dans les comédies françaises actuelles on ne voit plus aucun personnage aller au travail ou chercher de la petite monnaie pour acheter son pain ou les croissants. Tout ce qui fait le sel de la vie de chacun d’entre nous n’intéresse plus les décideurs du cinéma français. Et nous n’avons plus le choix qu’entre comédies sirupeuses et dégoulinantes de bons sentiments et drames sociaux d’une noirceur absolue qui vous dégoûtent de la vie et d’a peu près tout ce qui en fait la saveur. Entre la misère sociologique et les rires faciles on est sommé de choisir son camp.

Remarquez, chez d’autres ce n’est guère mieux. Chez les américains par exemple les films tendent à devenir de plus en plus insipides et inoffensifs. Le reflet de la mondialisation couvre à peu près l’ensemble de la réceptivité des images en ultra HD ; et la nouvelle norme mondiale veut imposer à coups d’objets filmiques manufacturés dans les usines high-tech le flux continu, incessant, robotisé, des histoires qui ne s’arrêtent jamais. Car aujourd’hui plus aucun personnage ne meurt. Car plus aucune action racontée n’est marquée du sceau de l’irrémédiable, du moment unique et non reproductible. Le superflu dans les histoires est devenu ce qui est essentiel à la mécanique narrative audiovisuelle, films et séries mêlés.

À ce rythme tous ces gens qui ont les clés de l’imaginaire contemporain vont finir par nous éloigner pour de bon des salles. Il viendra un jour – proche, je le crains – où le cinéma ne signifiera plus qu’une chose, celle de refléter la norme majoritaire et consensuelle des gens du spectacle partout à travers le monde.

Quels utilisateurs de salles deviendrons-nous dans un proche avenir ?

Il n’est déjà qu’à remarquer qui hante les festivals de cinéma d’art & essai comme ceux de Locarno, de Gindou, de La Rochelle, d’Auch, etc. À force de nous faire croire que celles et ceux qui paient leur place de ciné tout au long de l’année incarneraient bon an mal an le vrai public pour qui le cinéma est conçu [alors que 60 à 70 % de la production cinématographie française procède de l’auto-congratulation permanente et satisfaite des gens du milieu ; cette sauterie entre gens bien nés coûte quand même des centaines de millions d’euros par an. Ça fait quand même cher Le Sens de la fête (Éric Toledano & Olivier Nakache, France, 2017) non ?] il ne faudra pas s’étonner le jour où les bonnes poires que nous sommes n’alimenteront plus la machine à fric du cinéma indigeste qu’on nous propose. Ce qui arrive avec l’alimentation aujourd’hui, ainsi qu’avec les produits pétrochimiques, arrivera aussi à l’industrie culturelle.

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Nous en aurons vite marre des ersatz d’acteur.rice.s, d’écrivain.e.s, de chanteur.euse.s, de tous ces néo-artistes en pâte à modeler fabriqués à la moulinette.

à suivre…

 

 

 

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Une certaine tendance du cinéma français

On assiste en ce moment à une véritable frénésie en France. C’est celle de confier la réalisation des films à des acteurs et à des actrices de cinéma.

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Cet été sur vos écrans c’est  une tendance lourde qui s’installe : Jalil Lespert sort son Dindon (France, 2019) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne et Alice Pol ; Géraldine Nakache réactive son amitié factice avec Leïla Bekhti dans J’irai où tu iras (France, 2019), qu’elle ne peut s’empêcher de mettre en scène. Même un chanteur s’y met puisque le slameur Grand corps malade a réalisé La Vie scolaire (France, 2019) qui sort le 28 août en même temps que le nouveau film de la réalisatrice Rebecca Zlotowski, Une fille facile (France, 2019). Cette dernière met en scène la relation à double tranchant entre le personnage de Mina Farid et celui de sa cousine un peu plus âgée, incarné par une people autrefois connue à la rubrique « histoires pathétiques dont tout le monde se moque ». Mais ça fait longtemps que le cinéma français aime se faire mousser avec ce genre de geste artistique totalement ridicule : il n’y a qu’à se souvenir du casting improbable réuni par Claude Lelouch dans Hommes, femmes : mode d’emploi (France, 1996) ; dans lequel on voyait s’agiter Bernard Tapie et Ophélie Winter devant une caméra 35 mm médusée par tant de connerie. N’était pas Jean-Pierre Mocky qui voulait à l’époque. Si ça n’avait pas été ce brave Claude Lelouch devant la caméra, qui a quand même réalisé trois ou quatre des plus beaux films français d’après-guerre (oui mais laquelle me direz-vous ?), inutile de préciser que celui qui aurait eu l’idée de cette incongruité aurait vu sa carrière partir en fumée sans tambour ni trompettes.

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Mais aujourd’hui c’est du dernier chic de faire tourner une ancienne escort girl (belle à se damner il est vrai !) et peut-être même qu’elle aura le césar de la révélation cet hiver, et peut-être même qu’elle le méritera, si ça se trouve, la belle et pulpeuse Zahia Dehar, ce césar qui récompense nos talents cinématographiques, nos pierres précieuses les plus rares, les plus minérales.

Et Hafsia Herzi proposera Tu mérites un amour (France, 2019) le 11 septembre prochain. La liste est loin d’être close.

Cet état de fait veut dire une chose : que les acteur.rice.s ont pris le pouvoir au cinéma, et il va être de plus en plus difficile d’exister en tant que cinéaste à part entière dans ce pays, hors du sérail qui tient les rênes de la production audiovisuelle de ces vingt-cinq dernières années.

Ce qui auparavant était élaboré patiemment sur le plateau de tournage et qui correspondait à une vision forte et réfléchie, est en train de disparaître sous nos yeux de spectateur.rice.s averti.e.s.

Autrefois, par exemple, Jean-Pierre Melville, François Truffaut, Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky, Robert Enrico, Georges Lautner, Henri Verneuil, Claude Zidi et José Giovanni étaient maîtres de leurs films de bout en bout. Que seraient-ils devenus aujourd’hui ?

à suivre…

 

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Simetierre : l’adaptation d’un livre puissant au cinéma…

stephenkingbande-annonce-simetierre-petsematary-finale-posterUS … n’est pas sans poser de nombreuses questions.

L’adaptation du roman le plus exaltant de Stephen King de la décennie 80 au cinéma cette année, le bien nommé Simetierre (États-Unis, 2019), réalisé en binôme par Kevin Kölsch et Dennis Widmyer, ressuscite une des trames narratives les plus folles et les plus percutantes qu’il nous ait été donné d’envisager ces dernières années.

Que se passerait-il si nous avions les moyens de faire revenir à la vie les êtres qui nous sont chers et que nous avons perdu à tout jamais ? Si nous avions les moyens, inexplicables, de ressusciter les morts, à l’égal de Jésus-Christ, oserions-nous tenter l’inconcevable ? Qu’est-ce qui serait le plus fort en nous, le respect du dogme moral qui empêche de ne pas transgresser certaines limites ? Ou bien la tentation d’exaucer le rêve qui défie le sens commun ?

Comment échafauder ce qui n’est réservé qu’aux instance supérieures et par quoi les malédictions ne cessent de proliférer tout autour de nous ? Ce défi, un brillant médecin de campus universitaire originaire de Chicago, qui vient de s’installer à la campagne, dans le Maine, à Ludlow, avec son épouse et ses deux adorables enfants, va y être confronté ; inutile de préciser que sa santé mentale va drôlement vaciller.

Mettre en scène aujourd’hui, à l’heure du tout venant numérique hyper branché, ce film là, de facture classique, qui prend le temps de poser son atmosphère, qui s’attache avec amour et sérénité à chacun de ses personnages, qui permet à chacun.e d’entre nous de s’acclimater avec le tour de plus en plus angoissant que prend la narration toutes les 10 minutes, c’est une gageure que les 2 réalisateurs emportent haut la main tant l’ambiance ensorcelante du livre de Stephen King est dynamisée par une interprétation brillante des protagonistes masculins du film : Jason Clarke dans le rôle du père de famille Louis Creed, et l’épatant John Lithgow dans la peau du vieil ami compatissant et débonnaire. Seul bémol : la comédienne Amy Seimetz, vue dans le rôle de Faris dans Alien : Covenant (Ridley Scott, États-Unis/Grande-Bretagne, 2017) ne semble pas toujours à l’aise dans les scènes où elle doit jouer la mère éplorée, inconsolable, du roman.

N’ayant encore jamais vu la version cinématographique de Mary Lambert qui est sortie sur les écrans en 1990 et qui figurait dans la sélection officielle du festival d’Avoriaz la même année, et qui a très bonne réputation, je ne saurai dire pour le moment qui est allé au plus près de l’indicible : le King en majesté qui écrivait des romans merveilleux tout au long des années 80, la jeune réalisatrice américaine Mary Lambert ou bien nos deux cinéastes inspirés du moment ?

N’hésitez pas à me donner votre avis éclairé sur cette question ô combien épineuse !!

Dans le prochain post : mon point de vue acerbe – et quelque peu de mauvaise foi – sur la situation actuelle (pas très reluisante, c’est peu dire) du cinéma français.

Polémistes de tous bords : à vos claviers !!!

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« La Longue Nuit » marque une étape importante…

… dans l’histoire des séries télévisées.

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Car cet épisode (The Long Night, épisode 3 de la saison 8 de Game Of Thrones, 2019) peut être visionné par un néophyte comme un objet filmique à part, comme un film qui se suffit à lui-même. Bien qu’il recoupe et synthétise les enjeux narratifs de la série la plus populaire de son temps, et qui dure depuis 8 ans (2011-2019), cet épisode extrêmement bien réalisé contient tout un univers, tout un écheveau de narrations complexes et de particularités typologiques pour ses personnages qui en font une œuvre singulière de bout en bout. Et à ma connaissance il montre une bataille rangée entre différentes coalitions d’êtres humains appartenant à différentes factions, la plupart hostiles les unes aux autres, qui sont obligées de combattre ensemble les hordes de marcheurs blancs dont la destruction de l’espèce humaine est la seule motivation, parmi les plus belles jamais réalisées auparavant.

Avec à leur tête le Roi de la Nuit, créature symbolique qui incarne à lui seul les peurs les plus primales et originelles de l’être humain, les morts rendus à la vie qui forment les cohortes des marcheurs blancs figurent les grandes batailles pour la sauvegarde de la liberté qui jalonnèrent l’histoire de l’humanité.

Un tel degré de perfectionnement scénaristique (quand on tient compte de la complexité de l’intrigue depuis le lancement de la série sur HBO en 2011, avec sa multitude de personnages aux caractères bien trempés) dans une œuvre de divertissement prouve que Game Of Thrones a su accéder au rang d’œuvre d’art à part entière.

Et qu’un simple épisode soit suffisamment incarné pour se suffire à lui-même, dans le bonheur simple d’un visionnage sans parti pris ni arrières pensées, prouve à quel point une série a maintenant gagné sa légitimité culturelle.

Je persiste à croire que quelqu’un qui n’a jamais vu le moindre épisode de cette série-monde, qui n’a aucune idée de quoi ça parle, va quand même prendre un plaisir fou à visionner ces images nocturnes de combats sauvages entre vaillants guerriers humains contre créatures démoniaques et zombifiées à en faire des cauchemars épouvantables la nuit. La réalisation, superbe, le montage, net et précis, la musique, sublime, qui accompagne les enjeux sensualistes du récit, l’interprétation haut de gamme de l’ensemble du casting, tout cela constitue un objet visuel savoureux qui marque un tournant important.

Dorénavant les show-runners des autres franchises télévisuelles vont devoir se creuser les méninges pour se mettre au niveau. Ce qui laisse augurer de belles perspectives, car l’émulation entre créateurs audiovisuels profite en dernier ressort au public qui juge sur pièces.

On peut dorénavant piocher dans n’importe quelle série des épisodes en particulier qui deviennent dès lors des objets qu’on s’approprie et qui nous confortent dans notre amour des images de cinéma, un amour sans cesse réinventé, régénéré par la qualité substantielle contenue dans les nouvelles images, à flux continuel.

Mais cela n’enlève rien à l’amour immodéré qu’on continue de porter, de manière obsessionnelle parfois, aux films de cinéma projetés en salle. L’un – l’épisode de série télé – doit être envisagé comme le complément de l’autre – le film de cinéma.

La création audiovisuelle en son ensemble est tellement riche qu’elle peut satisfaire bien du monde.

Maintenant attendons de voir comment la série la plus importante de ces 10 dernières années va se conclure avant de conjecturer sur la réception définitive d’une telle œuvre. Nous reviendrons plus tard, à froid, sur ce que cette série-monde a permis de mettre en place dans l’imaginaire collectif contemporain.

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Que reste-t-il de nos vingt ans ?

T2 Quand Trainspotting (Danny Boyle, 1997) est sorti sur les écrans en 1997 je me souviens que le film fut reçu comme une bouffée d’air frais venant du Royaume-Uni. Pourtant si on y réfléchit bien il n’y avait pas plus déprimant comme histoire : on suivait la vie au quotidien de 5 jeunes gens d’Édimbourg qui passait leur temps à se shooter à l’héroïne, à élaborer des plans foireux qui leur permettraient d’échapper à la grisaille et au morne ennui, avant que l’un d’eux, le plus malin, se sauve en les trahissant éhontément.

20 ans plus tard, en 2017, quelle ne fut pas notre surprise de voir la suite débouler dans les salles ? Malheureusement, nous aussi, nous avions grandi, de jeunes personnes d’une vingtaine d’années sensibles aux chansons pop des nineties, et aux BO de films qui incarnaient un univers culturel en soi, nous sommes devenus, en passant d’un siècle à un autre, des grandes personnes que plus grand chose ne perturbe vraiment ; et surement pas un film de cinéma qui reprend les grosses ficelles d’antan pour séduire qui en fait ? Les spectateurs qui ont vieilli en même temps que les personnages du film ou bien les nouvelles générations qui se contrefichent des élucubrations des 4 lascars qui restent, tant elles restent rivées à leurs tablettes à suivre les pérégrinations de Daenerys Targaryen et de Jon Snow dans l’ultime saison du show télévisuel le plus spectaculaire du moment (Game of Thrones, David Benioff et D. B. Weiss, 2011-2019) ?

Car on passe son temps devant T2 (joli pied de nez soit dit en passant au T2 de James Cameron, 1991) à se demander pourquoi cet énervé de Francis passe les 3/4 du film à essayer de dessouder ce bien brave Mark qui n’en demande pas tant. Alors c’est triste à dire mais pour nous autres quadras aujourd’hui, la mayonnaise ne prend plus, et ce ne sont pas les effets de caméra, de filtres orangés ou bleutés, de scènes inoffensives (qui peut vraiment s’offusquer aujourd’hui de voir un cadre se faire drôlement chahuté par une bulgare appétissante dans une chambre d’hôtel quelconque à l’heure de la série télévisée britannique Black Mirror, 2011-en cours ?) qui y changent grand chose.

D’ailleurs le film n’a pas attiré les foules lors de son exploitation par chez nous en 2017 et on pouvait penser que le réalisateur Danny Boyle allait se consoler en mettant en images la 25e aventure de James Bond. Mais un différend d’ordre créatif (selon la source officielle) l’a éjecté de la mise en scène du nouvel opus très attendu par nous autres, victoriens, de l’agent Double Zéro.

Alors on finit par constater qu’en l’espace de vingt ans nos goûts parfois changent du tout au tout. Ce qui nous paraissait d’une acidité dans le propos et d’un inconfort total dans la mise en images nous paraît bien téléphoné deux décennies plus tard. Néanmoins c’est avec un réel plaisir que nous retrouvons les acteurs Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller et Robert Carlyle.

Ne serait-ce que pour ces 4 garçons dans le vent ça vaut quand même le coup de visionner Trainspotting 2.

Et puis vingt ans c’est le bel âge pour envisager de toutes nouvelles possibilités, non ?

 

 

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Overlord (2018) : ce qui s’est vraiment passé le 6 juin 44

Overlord On nous aurait caché certaines choses ! Bon sang de bonsoir ! Oubliez vos vieux manuels d’Histoire de collège et de lycée, oubliez ce que vos profs vous ont raconté sur le sujet, l’essentiel n’était pas dit. Et même le très respectable historien militaire anglais Antony Beevor n’y consacre pas une ligne, sur les 638 pages que contient son admirable D-Day et la bataille de Normandie (Calmann-lévy, juin 2009) ; et qui se lit avec gourmandise avec autant d’entrain qu’un roman d’aventures.

Oui, il s’est passé bien des choses dans la campagne normande et sur le littoral les journées du 5 et du 6 juin 1944 (ou plutôt les nuits). Et on peut en avoir un aperçu dans Le Jour le plus long, la production de prestige de Darryl F. Zanuck pour la Fox (1962), dans Le Mur de l’Atlantique (1970) de Marcel Camus, ou encore dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg.

Cependant, ça n’était rien de comparable à ce qui se passe à l’écran dans Overlord (2018) de Julius Avery : quand des éclaireurs de la 101e Aéroportée, parachutée la veille du Jour J derrière les lignes de défense côtières allemandes, doivent faire face au cœur de la nuit normande à une bien étrange affaire. Ainsi une poignée de héros ayant réchappé à l’apocalypse dans les airs (bombardiers alliés désintégrés en plein vol par la DCA allemande, vols en parachutes se terminant dans des mares ou dans des arbres, peaux déchiquetées et peur à tous les étages, …) va devoir se coltiner avec de l’inattendu, oh ça oui : il s’agirait d’un labo secret, bien planqué, ou tout autour ça grouille, ça s’agite…

Inutile d’aller plus avant, car je vous laisse le soin de découvrir ce qui se trame dans ce remake à peine déguisé du génial et mythique La Forteresse Noire (1984) de Michael Mann. Des nazis belliqueux, des GI’s tous droit droits sortis de Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino, un personnage principal attachant joué par Jovan Adepo, une française tout feu tout flamme interprétée par Mathilde Ollivier, une mise en scène spectaculaire sans temps mort… Bref, tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un moment exaltant qui joue sur l’équilibre – certes fragile – entre gros film de studio qui se prend au sérieux (c’est une production JJ Abrams pour Paramount Pictures quand même) et grosse déconnade à la Iron Sky (2012) de Timo Vuorensola (souvenez-vous : des nazis en maraude sur la face cachée de la Lune depuis 1945 et la capitulation et reddition inconditionnelle du IIIe Reich).

Vous l’aurez compris, Overlord, qui est sorti au cinéma l’an dernier, est le film parfait pour les vacances de février. Il est bien sûr inutile de préciser ici que les péripéties qui y sont narrées ne vous seront d’aucune utilité pour vos prochains devoirs d’Histoire contemporaine !

Enjoy !!

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Derrière la Glass, 2e partie

Glass Quel est l’enjeu de ce nouveau film de Shyamalan, qui prolonge les 2 précédents opus, Incassable et Split ?

Tout simplement de mettre en images et en sons le devoir de croyance, à une époque où le bombardement continuel d’alertes, de fake news et de contre-vérités ne cesse d’alimenter la rumeur anxiogène du monde. Nous ne sommes plus sur la grande scène ouverte du théâtre du monde, si chère à nos dramaturges et à nos moralistes des XVIIe et XVIIIe siècles. Non, nous sommes aujourd’hui embourbés, tous ensemble, dans un continuel va-et-vient entre optimisme déraisonnable (les nouvelles technologies vont nous rendre heureux et coopératifs, vraiment ?) et sentiment d’abandon prononcé (que deviennent nos démocraties, à l’heure où plus d’un appelle de ses vœux le retour à ce bon vieil autocratisme ?).

En filmant 3 trajectoires, celle de David Dunn, qui tient une entreprise familiale de vente d’alarmes avec son fiston le jour, puis s’en va corriger le menu fretin de la délinquance la nuit dans les rues de Philadelphie ; puis celle de l’homme en verre (à cause de sa maladie orpheline) qui croit fermement à l’existence des super-héros et donc par conséquent à celle aussi des super-vilains ; et enfin celle de cet homme aux 21 personnalités différentes, formant ce qu’il appelle La Horde, et voulant laisser place à The Beast  (La Bête), le réalisateur ajourne en nous le sacro-saint principe de vraisemblance : car pour une fois au cinéma, on croit à ce qu’on nous montre.

Mais est-on bien sûr de comprendre ce qui se passe à l’écran, de saisir toutes les ramifications de ce qui se joue, d’une complexité de sens inouïe, entre les 3 protagonistes ? Il faudra revoir ce grand film un paquet de fois pour commencer à mesurer l’ampleur ce cette mise en scène, les pleins et les déliés de cette manière d’envisager icelle comme une machine à générer de la croyance. Ce retour aux fondamentaux originels du cinéma fait un bien fou. Car il nous dit en retour qu’on peut aimer, sans être ringard et dépassé par les événements, ces films qui ressemblent à ceux d’autrefois et que nous aimions profondément, que nous chérissions dans la mesure où nous avons grandi avec eux.

C’est en somme ce que nous disait le Professeur Thibaut de Mad Movies samedi dernier, à propos des films de John Carpenter et de George A. Romero, lors de la toute 1ère « Séance interdite » programmée à Ciné 32 à Auch. Mais nous en reparlerons plus en détail, promis.

à suivre, évidemment…

 

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Derrière la Glass

glass Jusqu’à il n’y a pas encore si longtemps, qui se souvenait de Night Shyamalan ? Qui avait encore en mémoire le précipité de films que ce garnement offrait en partage aux spectateurs émerveillés, il y a vingt ans de cela ? Qui gardait à l’esprit la manière déconcertante avec laquelle le maestro envoyait coup sur coup dans les salles Sixième Sens (1999), Incassable (2000), Signes (2001), et Le Village (2004), en laissant sur le carreau la concurrence pourtant féroce de l’époque ?

Il était le nouveau wonder boy d’Hollywood, celui auquel les studios faisaient crédit illimité. Jusqu’à la chute, vertigineuse, symptomatique de ces montagnes russes qui vous faisaient roi un jour, mastermind inaccessible et bouffi d’orgueil et de contentement de soi, puis qui vous précipitaient du haut de la roche tarpéienne le lendemain. Les choses se gâtèrent pour notre ami avec la sortie en salles de La Jeune fille de l’eau en 2006 : le film déçut et le réalisateur amorça son déclin, qui se matérialisa avec la catastrophe industrielle du Dernier Maître de l’air en 2010. La rupture avec les amoureux transis des débuts était consommé. C’était il y a 9 ans mais pour Hollywood c’est comme si mille ans étaient passés. Shyamalan n’existait tout bonnement plus pour l’industrie du divertissement audiovisuel globalisé. Mais en secret personne n’avait oublié la magnificence des débuts, ce tour alchimique opéré avec ces 5 chef-d’œuvres du début : un plus particulièrement avait retenu notre attention ! Il s’agissait d’Incassable, car, dans ce film-là en particulier, on sentait que la virtuosité de la mise en scène, sa structure à priori duelle (l’histoire d’un mec qui veut rester ordinaire pendant qu’un autre veut à tout prix en faire un super héros de comics), sa cinématographie luxuriante, et la justesse de son interprétation, eh bien que tout cela concourrait à en faire une oeuvre pour après, quand les années passent et qu’on prend un jour le temps de revenir sur cet objet profondément admiré, et qu’on se rend compte que même une centaine de visionnages n’en épuisera jamais les questionnements et les interprétations sans cesse renouvelées.

Alors quelle ne fut pas notre surprise – que dis-je ! – notre stupéfaction, quand dans le dernier plan de Split (2016) on comprit soudain qu’on allait avoir à faire à une trilogie, et que notre dieu oublié d’autrefois allait remettre bon ordre dans l’univers dispersé, éclaté, atomisé, des films de super héros, qui n’en sont, mais !

Mais comment donc le bougre allait terminer son grand œuvre : dans l’apothéose ou sous les cris et les larmes des fans éberlués, trahis, inconsolables ?

Qu’on se rassure dès avant :le maître nous a en définitive offert le film qu’on n’attendait plus !

Car Glass (2019), oui, osons le mot, est un chef-d’œuvre. Voici pourquoi.

à suivre

 

 

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Tout l’argent du monde rend heureux n’importe qui, vraiment ?

Tout l'argent du monde, Affiche Ce film de Ridley Scott, Tout l’argent du monde (2017), raconte l’enlèvement du petit-fils du magnat des affaires J. Paul Getty en juillet 1973 à Rome. Tirée de faits réels cette histoire est édifiante à plus d’un titre : déjà, dans la mesure où le grand-père milliardaire, qu’on considérait à l’époque comme étant l’homme le plus riche du monde, refuse tout de go de payer la rançon de 17 millions de dollars demandée par les ravisseurs. Ensuite, parce que c’est le négociateur et homme à tout faire du susdit milliardaire, un ancien agent de la CIA, qui va prendre les choses en main et tenter d’aider la mère du jeune Paul Getty enlevé, à résoudre cette affaire rocambolesque. Et enfin car durant toutes ces journées et ces nuits qui mirent à cran toute l’Italie, les services de Police et de Renseignement ne savaient pas vraiment à qui ils avaient affaire : aux Brigades Rouges, aux factions armées de l’extrême-droite, à la ‘Ndrangheta, à une autre formation mafieuse, ou bien à des kidnappeurs autonomes ?

Alors ce film de politique-fiction, tendu, nerveux, extrêmement précis dans sa reconstitution des événements, se révèle passionnant à regarder et à analyser. Car, au-delà du récit lui-même, tellement invraisemblable tant le refus borné du grand-père (génial Christopher Plummer, un des derniers Mohicans d’Hollywood) s’apparente à de la démence sénile, le réalisateur prouve une fois de plus qu’une bonne histoire contemporaine peut donner lieu à un film totalement décomplexé. En plus Ridley Scott ne renie rien des figures de style qui sont sa marque de fabrique, reconnaissables de film en film : pour s’en convaincre il n’y a qu’à admirer la lumière ocre des plans qui mettent en scène le négociateur (joué par Mark Wahlberg) avec les émirs arabes du Golfe persique, ou bien les bleus métalliques des scènes pluvieuses qui se passent dans le manoir anglais du vieux Getty, retranché du monde et de sa famille, qu’il n’aime pas. On retrouve le style chromatique qu’on avait tant admiré autrefois dans Les Duellistes (1977), Traquée (1987) et Black Rain (1989).

On attend désormais beaucoup de son adaptation pour le cinéma du superbe Cartel, le roman puissant de Don Winslow, qu’il est en train de réaliser. Et qui n’aura certainement rien à voir avec son film homonyme en français Cartel (The Counselor, 2013), qui fut pourtant scénarisé par l’écrivain Cormac McCarthy, et qui a été un cuisant échec commercial.

Mais de toute façon, si on se doutait un peu quand même que l’argent, et même « tout l’argent du monde » ne fait pas le bonheur, ce film de Ridley Scott devrait irrémédiablement nous consoler de n’être jamais devenus des magnats du pétrole cinglés, sans cœur, et terminant seul leur existence… ô combien !

Ce diable de Ridley Scott, qui pourtant a aligné un paquet de chef-d’œuvres dans sa longue carrière, ne cesse de nous surprendre. Et c’est tant mieux.

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Mon royaume pour un trident (2/2)

5491205_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx Dans ce type de film on sait d’avance, avant même que ça commence, qui deviendra le roi légitime, digne de confiance et respecté par son peuple. D’ailleurs le prénom choisi par le père pour le nourrisson issu des 2 mondes antagonistes n’est-il pas Arthur, en référence directe et assumée au preux chevalier et Maître de la Table Ronde ? On a pensé la même chose dès le début de Black Panther, et ça a plutôt bien marché pour son réalisateur Ryan Coogler, aux manettes quelque temps auparavant sur l’audacieux Creed (2015) qui ressuscite la saga Rocky de la plus belle des manières. Non, l’essentiel n’est pas là.

Ce qui  est intéressant à regarder en revanche, c’est l’enchainement des séquences, toutes plus étourdissantes les unes que les autres ; et extrêmement bien découpées. Et pour une fois au moins dans une production de cette envergure, les scènes d’action y sont lisibles de bout en bout. On arrive à bien situer chaque personnage dans l’espace du cadre. Ce qui a dû être coton à réaliser, dans la mesure où la plupart des personnages du film , mi humains, mi amphibiens, passent le plus clair de leur temps à plonger, à nager, à voler et à se cogner dessus avec un entrain considérable. Le film est par conséquent parsemé de scènes d’anthologie, qu’il faudra visionner plusieurs fois pour bien les comprendre, et mieux les apprécier. Notons par exemple la scène magistrale de baston entre Aquaman et Black Manta d’une part, et celle tout aussi remarquable entre Mira et les sbires du pirate voltigeant d’autre part. Tout cela se passant en majeure partie sur les toits rustiques d’un village de Sicile situé tout au bord de la belle bleue.

Autre séquence mémorable : celle du saut depuis un avion au-dessus du Sahara occidental, suivi de l’engloutissement de nos deux futurs tourtereaux dans les profondeurs du désert, en hommage appuyé à la séquence finale d’Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg (1989).

Le film de James Wan est truffé de clins d’œil de ce genre. Qui aura remarqué par exemple le livre posé en haut de la pile sur la table basse du salon du gardien de phare, au début du film ? Quel est son titre et quel est le nom de son auteur ?

Réponse dans le prochain post, le dernier de cette année 2018 qui fut riche et belle en jolis moments de cinéma.

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