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Jazz in Marciac 2021 : L’irrésistible Robin McKelle

Robin McKelle en concert sur la scène du chapiteau de Jazz in Marciac le samedi 24 juillet 2021.

Robin McKelle en concert sur la scène du chapiteau de Jazz in Marciac le samedi 24 juillet 2021.

Le célèbre festival Jazz in Marciac a démarré sa 43e édition le samedi 24 juillet 2021 avec le concert incandescent de la vocaliste Robin McKelle.

Cette immense chanteuse a démarré son concert, entouré de ses trois musiciens américains (le pianiste Shedrick Mitchell, le bassiste & contrebassiste Eric Wheeler et le batteur Charles Haynes) avec une reprise d’Amy Winehouse, pour commémorer les 10 ans de la disparition (le 23 juillet 2011 exactement) de la Soul Sister londonienne. Ensuite Robin McKelle et ses 3 musiciens de haut rang ont dévoilé les chansons majestueuses (9 reprises de vocalistes féminines + 1 composition originale) de son nouvel album consacré aux femmes, et baptisé Alterations (Membran/Sony, 2021).

Alors, en plein cœur de la bastide gersoise, la magie a opéré sous le chapiteau mythique de JIM, et nous avons retrouvé une artiste en très grande forme. C’est en écoutant cette voix puissante, affirmée, qui compte parmi les plus belles de la musique jazz contemporaine, que nous pouvions nous dire que nous avons vraiment de la chance, d’assister à cet émerveillement musical, chaque été recommencé, dans notre département rural. Le pari fou initié à la fin des années 1970 par le saxophoniste Guy Laffite et la légende Dizzy Gillespie, est devenu au fil des années une référence majeure en matière de jazz.

Citons, pour conclure, les mots qui sont ceux de JIM pour présenter la chanteuse originaire de Rochester, aux États-Unis, âgée de 45 ans : Robin McKelle « a une voix puissante de contralto, des inflexions proches de la musique noire, une mise en place impeccable, un sens aigu du swing. Elle se situe dans la lignée des grandes, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Dinah Washington. » De plus « elle a une voix ductile, bien timbrée, une diction claire, le sens du swing et un glamour qui lui appartient en propre« .

Après cette prestation inoubliable ce fut au tour de Kimberose de prendre le relais, pour nous emmener au bout de la nuit (son set s’est terminé vers 1h30 du matin). Cependant, comme la musique jouée par l’adorable Kim Kitson Mills et ses 4 élégants musiciens (le guitariste Paul Parizet, le claviériste Timothée Bakoglu, le bassiste Jérémy Louwerse, le batteur Rémi Ferbus) et sa merveilleuse choriste, Prisca Vua, m’est totalement inconnue, je ne me sens pas compétent pour vous en parler. J’ai surtout remarqué qu’il s’agit d’une musique plutôt R’N'B, qui intéresse les beaucoup plus jeunes que moi (je suis à peine plus âgé que Robin McKelle, pour vous situer les choses). Cependant la demoiselle possède une belle énergie et était à l’aise car elle communiquait beaucoup avec le public. Et elle reconnaissait avoir beaucoup de chance d’être programmée pour la seconde fois de sa jeune carrière en un si bel endroit.

C’était une bien belle soirée, sous les étoiles de la bastide gersoise de Marciac, et tant que la musique vivra… nous serons là.

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« Black Widow » ou L’étoffe des femmes

Black Widow_affiche officielle

Un des posters officiels du film, par Walt Disney Pictures et Marvel Studios.

Dans la galaxie étoffée des films Marvel Black Widow (États-Unis, Marvel Studios, 2021), de la réalisatrice Cate Shortland, est un vrai coup de semonce : car il annonce des bouleversements en profondeur à venir dans le Marvel Cinematic Universe. En effet, chez Marvel les femmes prennent maintenant le pouvoir et c’est tant mieux. Car la Maison des Idées avait un train de retard sur sa concurrente DC Comics. Cette dernière avait offert un écrin au genre super-héroïque féminin en donnant la tunique de Wonder Woman à la sculpturale Gal Gadot, à travers 2 films essentiels, réalisés par Patty Jenkins à seulement 3 ans d’intervalle : Wonder Woman (États-Unis/Royaume-Uni, Warner Bros., 2017) et Wonder Woman 1984 (États-Unis/Royaume-Uni/Espagne, DC ComicsDC Entertainment, 2020).

Ces 10 dernières années les actrices Scarlett Johansson, Gal Gadot et Brie Larson, à travers leur jeu ensorcelant, avaient chacune d’entre elles offert une icône féministe puissante aux jeunes filles d’aujourd’hui. Marvel avait donc répondu du tac-au-tac à DC Comics en proposant le très chouette Captain Marvel en 2019 (États-Unis/Australie, Marvel StudiosWalt Disney Pictures). Mais aujourd’hui les 4 nouvelles Reines à Hollywood sont la réalisatrice Cate Shortland et ses 3 effervescentes comédiennes Rachel Weisz, Scarlett Johansson et Florence Pugh.

Black Widow dans son pré-générique (hommage bienvenu à la franchise James Bond 007) démarre en 1995, dans l’Ohio. Dans une banlieue résidentielle on y voit une mère en compagnie de ses deux filles, Natasha et Yelena. Elles son toutes les trois à l’extérieur de la maison, et la maman explique à ses enfants ce que sont les lucioles, qui volètent tout autour d’elles dans un parc arboricole. On sent déjà que nous avons à faire à une scientifique de haut vol quand Rachel Weisz parle aux gamines. Un peu plus tard dans la soirée, le père rentre du travail et annonce à son épouse et à ses deux filles que le moment tant redouté est arrivé : il faut s’en aller sans tarder, tout laisser derrière soi et ne pas se retourner. La vie américaine paisible au milieu des Nineties, terminé ! Pour la mère et ses deux filles, il s’agit là de la première expérience, consciente, de la brutalité des hommes sur les femmes…

To be continued…

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Looking for Cannes : [#2] « Garçon Chiffon »

 

Nicolas Maury ausculte Paris dans "Garçon Chiffon".

Nicolas Maury ausculte Paris dans « Garçon Chiffon ».

Garçon Chiffon (France, CG CinémaHigh Sea ProductionRégion Nouvelle-Aquitaine, 2020) est un film français de Nicolas Maury. Il s’agit d’une comédie dramatique dans laquelle Nicolas Maury (comédien doué révélé par la série 10%) incarne un comédien trentenaire parisien, Jérémie Meyer, pour qui les vies professionnelle et sentimentale ne marchent pas fort. Un réalisateur, Jean-Marc Barr, décide de se passer de lui au dernier moment ; et son petit ami, Albert, un vétérinaire charismatique, a l’air de se rapprocher de son jeune assistant.

Nous sommes au début de l’été, à Paris, et devant autant de déconvenues en si peu de temps, notre personnage décide d’aller se ressourcer à la campagne, dans la propriété familiale. Il y rejoint sa mère qui l’a aménagée en chambres d’hôtes à peu prés désertes. Les retrouvailles avec la maman, jouée avec beaucoup d’entrain par la subtile Nathalie Baye, sont savoureuses à souhait [d'ailleurs le film est souvent drôle, ce qui ne gâte rien]. L’air de rien, en se mettant à nu sans aucune fausse pudeur, Nicolas Maury touche à la vérité ultime du cinéma : celle de dévoiler ses sentiments sans la moindre trace de niaiserie ou d’affectation.

Cette comédie douce-amère délicate – et joliment filmée – fait éclater le talent lo-fi d’un jeune réalisateur et comédien au sommet de son art. Il faut désormais compter sur Nicolas Maury pour nous faire aimer les films français sensibles et diablement  intelligents.

Il faut aussi noter la partition particulièrement délicieuse de la divine Laure Calamy, une amie chère du réalisateur/acteur. Il faut absolument découvrir cette surprenante comédienne dans Antoinette dans les Cévennes (France, Chapka FilmsLa FilmerieFrance 3 Cinéma, 2020) de la réalisatrice Caroline Vignal.

Avec ces trois-là (Nicolas Maury, Laure Calamy et Caroline Vignal) se dessine une bien belle famille de cinéma. Que nous allons suivre avec plaisir.

À noter également que Garçon Chiffon (très beau titre s’il en est) faisait partie de la Sélection officielle Cannes 2020.

 

 

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Looking for Cannes

L'affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de cannes.

L’affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de Cannes.

Cette épidémie de Covid aura déplacé les lignes : désormais un Euro de football baptisé Euro 2020 se déroule en 2021, et le Festival de Cannes a lieu au mois de juillet, comme le Tour de France cycliste qui, du reste, s’était déroulé en septembre l’an dernier. C’est à n’y rien comprendre !

Pourtant, cette année 2020, qui aura été une année blanche pour beaucoup de manifestations culturelles, fait figure de borne sur laquelle il faut s’appuyer pour comprendre les bouleversements induits par la pandémie de Sars-COV-2.

Cette année blanche aura permis, par exemple, de laisser aux pouvoirs publics en France le temps de statuer pour obliger les géants américains de l’audiovisuel numérique à financer la production cinématographique hexagonale : depuis le 1er juillet 2021 les plateformes américaines NetflixDisney+Amazon Prime et Apple TV+ doivent « légalement participer au financement du cinéma français« . [sources = Olivier Milot dans Télérama n°3730 daté du mercredi 7 juillet 2021 – article : Nouvelle manne ]

Dès à présent ces plateformes hégémoniques, qui ne voulaient pas partager les parts du gâteau, vont devoir lâcher de l’argent, beaucoup d’argent (Netflix par exemple « devrait payer de 150 à 200 millions d’euros par an » pour « booster la création » française. [sources = id. Olivier Milot] D’un côté ces plateformes financeront une partie de la production audiovisuelle du pays hôte, et de l’autre, en s’acquittant de ce genre de taxe, elles continueront de s’exonérer du respect de la chronologie des médias. Ce qui fait que les plateformes de streaming produiront de plus en plus de films français qui enrichiront et alimenteront leur catalogue à l’international – avec cette plus-value chic que confère l’estampillage film et cinéma français depuis la Nouvelle Vague - mais ces films ne bénéficieront d’aucune sortie en salles en France. Qui est le dindon de la farce, au juste ? Alors on est en droit de poser une question polémique comme celle-ci : qui fait la notoriété du comédien Omar Sy aujourd’hui dans le monde entier ? Quelques épigones de la comédie française subventionnée par les consortiums audiovisuels TF1/M6Groupe CanalEuropaCorp ? Ou bien les américain.e.s qui vont permettre que l’exception culturelle française continue bon an mal an d’exister ?

Cependant Cannes et son Festival international du film reste à ce jour la plus séduisante vitrine du cinéma mondial. Certes, il s’agit d’un cinéma d’auteur mondialisé, dont le discours sirupeux et les intentions idéologiques agacent plus qu’à leur tour, mais aucun autre endroit au monde n’offre l’illusion de sentir vraiment les stars de cinéma, de laisser entendre le son qui se dégage de la chambre d’écho puissante que représente un plateau de cinéma ; nul autre endroit au monde ne peut se permettre d’offrir une palme d’or à la plus française et francophile des actrices américaines (ou bien est ce l’inverse ?), Jodie Foster en majesté, par le plus délicat des cinéastes de la vieille Europe, Pedro Almodóvar le castillan incandescent.

Au regard de son histoire, depuis son édition fantôme de 1939 voulue et pensée par Jean Zay, le Festival de Cannes reste aujourd’hui ce dont nous avons le plus besoin quand l’été vient.

À suivre…

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Un slalom sinon rien

Jérémie Renier et Noée Abita dans cet extraordinaire "Slalom" de Charlène Favier.

Jérémie Renier et Noée Abita dans cet extraordinaire « Slalom » de Charlène Favier.

Avoir été empêché d’aller au cinéma pendant au moins 6 longs mois permet de comprendre à quel point la projection d’un film en salle reste une expérience incomparable. Ainsi, nous étions nombreux ce mercredi 19 mai 2021 à nous rendre dans notre cinéma préféré (pour ce qui me concerne Ciné 32, à Auch dans le Gers), pour y voir un des nombreux films que les distributeurs et les programmatrices de salles avaient en réserve.

À partir de cette date du 19 mai, et jusqu’à l’été, à peu près 200 nouveaux films, dont la plupart ont été tournés en pleine pandémie ou juste avant, attendent de débarquer ; malheureusement leur temps de présence à l’écran risque d’être drastiquement réduit, tant l’embouteillage des films est important.

Pour ce retour en salle tant attendu j’ai eu le bonheur de voir un premier film français, réalisé par Charlène Favier : il s’agit de Slalom (France, Mille et Une Productions, 2021), qui a pour interprètes principaux une toute jeune comédienne répondant au nom de Noée Abita, et le grand acteur de cinéma Jérémie Renier. Ce drame naturaliste met face-à-face une adolescente de 15 ans, en ski-étude dans un lycée situé dans les Alpes françaises, et son coach, un quadragénaire qui vampirise littéralement ses élèves-recrues.

Le film, intense, nous montre de l’intérieur ce que ça fait d’être happé, d’être hypnotisé, par un mentor charismatique qui se sert de sa position pédagogique pour abuser de l’innocence d’une personnalité en construction, pas encore tout à fait autonome. En même temps, ce premier long-métrage n’élude aucune des chausse-trappes que ce genre de récit génère automatiquement : comme par exemple la question de savoir si le sport de haut niveau, dans ses infrastructures mêmes, lesquelles sont pensées dans un moment d’effervescence jubilatoire – pour ce qui est du ski alpin français, disons depuis l’époque des Jeux Olympiques d’Hiver d’Albertville en 1992 -, n’induit pas ce comportement prédateur outrancier au sein des fédérations sportives et des comités de pilotage. La question, cruciale, reste posée, mais fort heureusement cette réalisation extrêmement maîtrisée et soignée n’est en aucun cas un film-dossier de plus qui illustrerait un thème sociologique contemporain.

À qui appartient le corps d’une jeune femme en devenir ? À elle-même ou bien à celles et à ceux qui le fétichisent et qui, peu à peu, par leurs paroles et par leurs gestes, se mettent à le démolir ?

Slalom de Charlène Favier est un film admirable, lucide, courageux, délicat et suprêmement intelligent. La beauté sidérante des Alpes sous la neige, alliée au caractère volontaire de sa jeune héroïne, blessée mais résiliente, qui gravit les sommets l’un après l’autre (d’abord elle devient championne de France de slalom, ensuite championne d’Europe de la même discipline de ski alpin), tout cela ensemble nous hante de manière entêtante après la projection.

Slalom est une œuvre cinématographique d’aujourd’hui parfaitement aboutie, et qui accompagne l’éclosion d’une magnifique réalisatrice de films de cinéma, et d’une très belle jeune comédienne, que nous suivrons toutes deux passionnément au long des années.

Ajoutons qu’avant le démarrage de la séance, dans la Salle 5 de Ciné 32, une programmatrice nous a remerciés d’être présentes et présents au cinéma pour accompagner cette nécessaire et salutaire reprise d’activité culturelle. Qu’elle en soit ici chaleureusement remerciée à son tour.

 

 

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« Your Honor » vs « Un homme d’honneur »

Les magnifiques comédiens Anglo-Saxons Hunter Doohan et Bryan Lee Cranston.

Les magnifiques comédiens Anglo-Saxons Hunter Doohan et Bryan Lee Cranston.

Quand une production audiovisuelle a du succès dans une aire culturelle donnée, on la voit réapparaître peu de temps après en un autre endroit de la sphère culturelle. C’est ce qui arrive avec une série israélienne qui a donné lieu a une version américaine, puis qui est maintenant adaptée pour les écrans français. Il s’agit de Kvodo (Israël, 2017), dont le remake américain s’appelle Your Honor (États-Unis, 2020-2021) et comporte 10 épisodes, et la version française qui est une création originale TF1 Productions se nomme Un homme d’honneur (France, 2021) et contient 6 épisodes.

De quoi s’agit-il ? Dans la version américaine comme dans la version française (je ne parlerai pas de la création originale israélienne dans la mesure où je ne l’ai pas encore visionnée) on assiste à la catastrophe accidentelle qui arrive à un magistrat en exercice et à son fils lycéen. Le père vit seul avec son fils depuis que son épouse est morte un an auparavant. Au commencement donc a lieu un terrible accident, entre un adolescent, le fils du magistrat, qui percute violemment au volant de sa voiture un autre adolescent du même âge qui roule en moto. En totale panique, le jeune garçon de 17 ans n’appelle pas les secours et prend la fuite. Très vite, dès l’épisode inaugural, on apprend que la victime est le fils benjamin d’un baron de la drogue, redouté et redoutable. Quand le magistrat, un juge fédéral de la Nouvelle-Orléans dans la version américaine, un procureur de la république parisien dans la version française, apprend l’identité de la victime que son fils vient de mortellement blesser, il va plonger dans l’envers du décor ; il va devenir parjure, créer de fausses preuves, utiliser l’outillage traditionnel des malfrats qu’il envoie en prison habituellement, tout cela pour sauvegarder la peau de son fils.

Une belle alchimie entre les comédiens Rod Paradot et Kad Merad.

Une belle alchimie entre les comédiens Rod Paradot et Kad Merad.

Évidemment il existe une nette différence entre les 2 versions, dans la mesure où, avant de parler de différences de principes en matière de narratologie et d’expression de la dramaturgie des 2 côtés de l’Atlantique, les systèmes judiciaires français et nord-américains sont aussi très différents. Bryan Cranston avait donné à son personnage du juge Michael Desiato une épaisseur extraordinaire, assez bouleversante. La grande maîtrise dramatique de cet acteur exceptionnel permettait d’adhérer à l’histoire rocambolesque qui nous était racontée ; son antagoniste Jimmy Baxter, le chef de la mafia de la Nouvelle-Orléans, interprété avec classe par le magnifique comédien Michael Stuhlbarg, n’y était pas pour rien non plus. on assistait en 10 épisodes à la réalisation sophistiquée, extrêmement maîtrisée en matière de grammaire cinématographique, à un duel épique au sommet.

Cependant il ne faut pas négliger l’adaptation française, car elle ne démérite pas. Kad Merad est parfaitement crédible en magistrat parisien qui se trouve impliqué dans une affaire qui dépasse l’entendement, et Rod Paradot, qui joue son fiston désemparé, offre une partition sobre et élégante. Ils sont particulièrement aidés par l’interprétation toute en finesse donnée par la grande actrice Zabou Breitman, qui dans son rôle de la commandante de police Laure Constantine, prouve une fois de plus qu’elle est actuellement une de nos plus délicates comédiennes.

À suivre… (avec grand intérêt !)

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Les films d’horreur contemporains : [#2] « The Hunt »

Betty Gilpin, impressionnante, dans "The Hunt" de Craig Zobel (2020)

Betty Gilpin, impressionnante, dans « The Hunt » de Craig Zobel (2020)

Depuis plus d’une dizaine d’années les Productions Jason Blum dominent en qualité le genre horrifique au cinéma. Même si les débuts furent laborieux (qui, parmi les amateurs de films d’horreur, aime vraiment, sans arrière pensée, la saga des Paranormal Activity – 5 films au total à ce jour), tout le monde s’accorde à dire que des franchises comme par exemple American Nightmare (4 films à ce jour) ou Happy Birthdead (2017) et Happy Birthdead 2 You (2019) ont renouvelé en profondeur les codes surannés du film d’horreur, basés sur les jump scares à répétition. Il faudra un jour prochain écrire un livre, qui se proposera d’analyser de quelles manières ce producteur américain a déjoué tous les pronostics, en remettant au goût du jour les formules qui firent le succès des Productions Roger Corman et Amblin Entertainment au siècle dernier.

En 2020 une production Blum remet les pendules à l’heure : il s’agit du film The Hunt, qui est réalisé par Craig Zobel, sur un scénario machiavélique de Nick Cuse et de Damon Lindelof, vous savez, le génial créateur de la série TV phénomène Lost.

Le film est une relecture ahurissante des Chasses du Comte Zaroff d’Irving Pichel & Ernest B. Schœdsack (The Most Dangerous Game, États-Unis, RKO Radio Pictures, 1932), porté de bout en bout par une actrice exceptionnelle, Betty Gilpin. Cette sublime actrice américaine de 34 ans nous scotche à notre canapé (faute de mieux car pour le moment, hélas, les salles ne sont toujours pas rouvertes, et c’est insupportable !), et ses mimiques qui ponctuent les purs moments d’adrénaline de la pellicule, nous font deviner une nature comique qu’une réalisatrice talentueuse devra vite exploiter. Pour moi, en 2021, le monde du cinéma de divertissement appartient à Betty Gilpin donc, et à Rebecca Ferguson ; d’ailleurs ces 2 actrices se ressemblent étrangement comme 2 gouttes d’eau… Mystères, mystères !

Ensuite je ne peux rien vous dire de plus car il faut absolument visionner The Hunt, vierge de tout préjugé. Cela vous permettra d’être réceptif aux péripéties et à l’enchainement des séquences, jusqu’au déroulé final, totalement inattendu et diablement bien mis en scène. Cela faisait longtemps qu’on ne m’avait pas offert un vrai morceau de bravoure dans un film de cinéma, disons depuis le beau duel entre Uma Thurman et Lucy Liu sous la neige dans Kill Bill, le 1 ou le 2, je ne sais plus.

Il va falloir compter désormais avec le cinéaste Craig Zobel dans les années à venir.

Jetez-vous avec gourmandise sur The Hunt, frissons de plaisir garantis !

 

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Vivement 2021 !

Marilyn Joyeuses et heureuses fêtes de fin d’année à tout le monde !

Que l’année 2021 nous apporte des moments d’émotion et de joie incomparables.

Big kisses from Marylin.

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Les colonies humaines dans l’espace sauveront-elles le genre humain ?

Raised by Wolves C’est, entre autres, de cela dont il est question dans la série de science-fiction du moment, Raised by Wolves (États-Unis, HBO Max/Warner TV/Scott Free Productions, 1 saison, 2020- ) d’Aaron Guzikowski.

Le voyage dans l’espace, afin de trouver une planète viable pour la coloniser, est la marotte principale des auteurs de S.-F. d’aujourd’hui. Depuis que le regretté astrophysicien Stephen Hawking a exprimé l’idée, selon laquelle la seule chance de salut de l’Humanité pour les siècles à venir, résidait dans la colonisation humaine d’une planète hors du système solaire, les créatifs de la S.-F. s’en donnent à cœur joie, et nous proposent à chaque fois leur vision de toute cette affaire.

Et Ridley Scott n’est pas en reste, dans la mesure où il n’est pas près de remettre en jeu sa ceinture de champion poids lourd des catégories des arts de l’imaginaire. Alors il hybride à tout va les différents univers qu’il filme depuis 1979 et la sortie mondiale d’Alien, le 8e passager (Ridley Scott, Royaume-Uni/États-Unis, Brandywine Productions, 1979) : des bestioles xénomorphes sacrément hostiles et agressives, des androïdes doué.e.s de sentiments  humains et de capacités cognitives hors du commun, des civilisations extra-terrestres extrêmement évoluées mais qui n’en peuvent…

Depuis quelques années le réalisateur anglais revisite les fondements de sa rêverie spatiale cinématographique. Non content d’avoir relancé la machinerie Alien sur grand écran avec le succès que l’on sait, le père Scott tente le tout pour le tout : la réunification dramaturgique des différents arcs narratifs qui constituent les 3 matrices, celle d’Alien, celle de Blade Runner (Ridley Scott, États-Unis, Warner Bros., 1982), et celle de Prometheus et de Covenant : où les androïdes doué.e.s de raison, celles et ceux qui les traquent (chasseurs de primes première manière à la Rick Deckard ou à la Gaff), et nouveaux chevaliers croisés de la Nouvelle Alliance de l’espace, les Mithraïques, ainsi que les méchantes bestioles baveuses qui en veulent à tout le monde, sans oublier les Ingénieurs, ces êtres païens cosmiques qui savent mesurer la vie là où pourtant tout est noir, et terriblement hostile, tout ce petit monde se rejoint pour signifier le but suprême de l’existence.

En matière de S.-F. existe-t-il des prophéties auto-réalisatrices ?

À suivre…

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« Quand l’histoire fait dates : 7 septembre 1812, la bataille de Borodino/La Moskova »

Borodino En matière d’Histoire militaire, la date est le marqueur qui grave une bataille dans le temps.

Pendant plusieurs siècles de nombreux pays, dont la France, ont fait de la frise chronologique l’instrument de travail privilégié pour river un événement guerrier sur le socle immuable de l’Histoire nationale. Car écrire l’Histoire, c’est aussi affermir une position de pouvoir intellectuel, politique et social.

Les historien.ne.s sont des personnes morales qui doivent résister à la tentation de faire valoir une manière de voir et de raconter les faits, avec l’appui des documents et des archives, dans une perspective globale, qui paraît être en première lecture universelle, ne souffrant d’aucune contradiction.

Pourtant, un événement historique considérable comme la bataille de Borodino, le 7 septembre 1812, quand l’Empereur Napoléon se jette à marche forcée contre les cohortes du Tsar Alexandre Ier de la Grande et imprenable Russie, elle aussi un Empire qui ne souffre aucune concurrence, il y a plusieurs façons de le raconter, selon d’où l’on se place pour en parler. Et puis, par rapport à ce que l’historiographie française a gravé dans le marbre, qu’en est-il aujourd’hui du côté de l’historiographie russe ?

C’est de cela dont traite, en 27 minutes passionnantes, le nouveau film documentaire de Thomas Sipp, consacré à cette prodigieuse bataille de Borodino, qui marqua un tournant dans l’expansion de la conquête impériale napoléonienne vers l’Est. D’ailleurs les français préfèrent parler de bataille de la Moskova, un sous-affluent de la Volga, pourtant situé à une dizaine de kilomètres du champ de bataille de Borodino, qui devait ouvrir à la Grande Armée de Napoléon, commandé par le Maréchal Ney, les portes de Moscou. Patrick Boucheron explique avec clarté les enjeux mémoriels puissants qui confèrent à cette bataille un aspect singulier, tandis que l’historienne Marie-Pierre Rey, spécialiste de la Russie, plonge en détail dans quelques faits saillants de cette épopée hors du commun, qui vit 2 Empires au faîte de leur puissance s’affronter avec acharnement au début du dix-neuvième siècle.

Thomas Sipp a fait, une fois de plus, dans son film 7 septembre 1812, la bataille de Borodino/La Moskova un travail remarquable de mise en images, en musique et en sons de cette dramatique geste guerrière, afin de nous permettre d’en appréhender au mieux les enjeux stratégiques et humains.

Il s’agit d’un nouveau petit bijou dans la passionnante collection d’Arte, Quand l’histoire fait dates.

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