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Mission: Impossible – The Final Reckoning (2025)

L'IMF est en mission… pour sauver le monde.

L’IMF est en mission… pour sauver le monde.

Ces nouvelles aventures de l’agent Ethan Hunt et de sa Task Force de l’IMF démarrent sur les chapeaux de roue. Pendant les 2h49 qui suivent, le rythme ne faiblit jamais. Ethan, qui a mis la main dans l’épisode précédent sur une double clé d’une importance capitale pour arriver au code-source de l’Entité, une IA démiurge qui veut prendre le contrôle des mises à feu nucléaires mondiales (rien de moins !), va courir après un antagoniste, Gabriel, qui lui donne du fil à retordre. Mais voilà, Ethan Hunt est résilient, et même cabossé à l’extrême par les sbires de Gabriel dans des sous-sols cauchemardesques, le désormais sexagénaire envoie encore du lourd en matière de bagarres fractales. Mais là n’est plus l’essentiel.

Même la caméra refuse d’impressionner la pellicule avec de la violence gratuite. On laisse le superviseur du son nous faire comprendre de quoi il s’agit. Ce qui est important désormais, c’est cela : Tom Cruise court une fois de plus contre la montre. En allant en Autriche, en passant par Londres, en se rendant par sous-marin nucléaire (excusez du peu !) barboter dans les eaux glaciales de la Mer de Béring, et en s’envoyant littéralement en l’air au-dessus de l’Afrique du Sud, Tom/Ethan réunit deux héros cinématographiques en un seul : il est à la fois James Bond 007 (puisque Daniel Craig a délaissé le costume) et Indiana Jones (même si Harrison Ford ne daigne pas lâcher le flambeau). Il court, nage, vole, bastonne bien comme il faut, mais, contrairement à eux, il n’a aucun goût pour la gaudriole. Car il préfère l’amitié aux galipettes sous la couette. Ce qu’il partage avec James Bond, par contre, c’est la ville de Londres, dans laquelle il apparaît à deux reprises au cours du film. Il semble que Londres devienne l’endroit où l’agent de l’IMF et ses autres protagonistes préfèrent vivre. En cela cette nouvelle aventure de la bande de l’IMF est raccord avec le tout premier film de la saga cinématographique initiée par Tom Cruise et Brian de Palma en 1996, où les scènes londoniennes étaient le marqueur original de cette quête d’espionnage à l’échelle internationale. Et puis Tom Cruise a vécu à Londres, pendant le tournage de Eyes Wide Shut (1999) de Stanley Kubrick.

Techniquement irréprochable, truffé de séquences spectaculaires fabriquées à l’ancienne, Mission: Impossible – The Final Reckoning de Christopher McQuarrie, est une déclaration d’amour du beau Tom vieillissant à son public de fans de la première heure, celles et ceux qui ne l’ont jamais lâché depuis ses débuts tonitruants dans Legend (Ridley Scott, 1985), Top Gun (Tony Scott, 1986), La couleur de l’argent (Martin Scorsese, 1987) et Rain Man (Barry Levinson, 1988), et dont je fais partie.

Il s’agit d’un spectacle cinématographique réjouissant à aller voir en famille avec les kids.

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Un séjour au Texas : « Texas Chainsaw Massacre » (2022)

Massacre à la tronçonneuse Texas Chainsaw Massacre, premier du nom, réalisé par Tobe Hooper en 1974, reste le film matriciel du genre horrifique contemporain au cinéma. Alors, réinvestir le mythe du tueur motivé Leatherface au début des années 2020, sous la houlette de Fede Alvarez à la production pour le compte de Legendary Pictures et de Netflix, était un pari risqué. Car les fans absolus de cette franchise, qui aiment regrouper cet ensemble de films sous le vocable Leatherface, comme un cri de ralliement à un cinéma d’horreur organique à l’ancienne, allaient montrer de quel bois on se chauffe, et de ce qu’on avait dans l’estomac… Non, mais !

Prenez deux sœurs, Lila, une rescapée de la tuerie du lycée de Stonebrook, et sa grande sœur Melody, qui veille sur elle, et qui décide d’investir ses économies dans la ville fantôme de Harlow, au Texas, pour la faire revivre en mode « attention, les bobos prennent goût à la campagne ! » Elles sont accompagnées dans leur aventure par un couple d’amis et par un bus rempli à ras bord de jeunes investisseurs friqués et branchés. Tout se passerait pour le mieux si les choses étaient faites dans les règles de l’art ; mais voilà, une irréductible vieille dame a volontairement oublié de quitter les lieux. Elle a dirigé pendant cinquante ans l’orphelinat de Harlow et a redonné du sens à la vie cabossé de ses petit.es pensionnaires. Melody et ses ami.es, depuis Austin, et avec l’aide des banquiers, ont acté l’expropriation de cette vieille dame impotente. Mais cette dernière s’accroche désespérément à sa vieille bâtisse. Elle ne veut pas partir…

Ne réveillez surtout pas le monstre endormi, et qui sommeille depuis trop longtemps sous le masque tragique de la Mort Rouge. Car il a passé les dernières années de sa vie à s’occuper du mieux qu’il pouvait de celle qui lui a accordé de l’attention. Bientôt, très bientôt les startuppers trentenaires autosatisfaits vont mordre la poussière au son de la musique abrasive d’une antédiluvienne tronçonneuse à la chaîne rouillée.

On va entendre à nouveau crier, hurler, gémir, haleter, dans ce coin de Texas aux couchers de soleil flamboyants. Et Leatherface de danser, danser, danser, dans l’aube ou au crépuscule, accompagné par le chant de la tronçonneuse, avec cette envie folle de poétiser les engins agricoles.

Ce Massacre à la tronçonneuse cuvée 2022, réalisé pour Netflix par David Blue Garcia, est un film d’horreur graphique millimétrée, dans lequel même les plus vaillantes Texas Rangers finissent par succomber, un sourire aux lèvres. Welcome into the Lone Star State !

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« Hôtel Rêverie » : l’un des plus beaux « films » de 2025 ?

Hôtel Rêverie Les actrices de cinéma sont l’incarnation la plus absolue, la plus parfaite, de ce qui fait sens et qui se déroule sur l’écran d’une salle obscure. Elles donnent corps et langue (à partir du cinéma parlant) à des personnages qui enrichissent le monde de la fiction filmée avec les instruments qui capturent la lumière et les ombres. Toute une pléiade d’actrices formidables prend place au firmament de nos imaginaires cinématographiques. En des temps actuels qui privilégient les histoires racontées sur le petit écran, dans les séries télévisuelles, les actrices continuent de satisfaire notre besoin d’admiration artistique.

La jeune actrice britannique Emma Corrin, qui incarne une star du cinéma d’autrefois dans l’épisode Hôtel Rêverie de la saison 7 de la série anthologique Black Mirror, ne dépareille pas aux côtés de Lilian Gish et de Greta Garbo. Cela elle le doit à la perfection de son interprétation. Son jeu d’actrice est investi de la même autorité, de la même exigence que celui de ses consœurs du passé. Son jeu relève lui aussi de l’Art illusionniste qui nous fait aimer à la folie les interprétations en mode majeur ou mineur, qu’importe, mais qui sont teintées de touches mélancoliques, de celles qui nous font venir les larmes aux yeux dans les moments les plus émouvants de l’épisode.

La jeune actrice de l’épisode est un personnage réinventé, généré par une IA, coincé dans un univers de fiction en noir et blanc qui a l’apparence d’un hôtel. Son monde s’arrête aux contours de la fiction que les informaticiens ont imaginé pour elle. L’actrice de 2025, incarnée par Issa Rae, qui doit à tout prix relancer sa carrière menacée par les plus jeunes interprètes sur le marché, est bien réelle, et se retrouve coincée dans la matrice de cette boucle fictionnelle, qui s’autonomise de seconde en seconde. Cela peut-il empêcher une délicate histoire d’amour de se produire entre les deux comédiennes ?

Hôtel Rêverie réussit là où de nombreux films pensés et réalisés pour le cinéma ont échoué ces dernières années. Il nous fait aimer deux personnages féminins attachants et réellement consistants. Ce qui est rendu possible grâce à la richesse de la palette émotionnelle d’Emma Corrin et d’issa Rae. Ironie du sort : cela se déroule dans un univers de fiction exclusivement généra par les IA.

Le titre même de l’épisode, en français, réalisé par Haolu Wang, une cinéaste britannique, fait référence aux films des années 1930 et 1940. Beaucoup d’entre eux contenaient une intrigue qui se déroulait dans un hôtel (et le plus célèbre d’entre eux reste Casablanca de Michael Curtiz en 1942, et je vous invite aussi à découvrir l’admirable Casbah de John Berry avec Yvonne de Carlo et Peter Lorre, qui date de 1948) ou dans un palace. Les endroits clos, hermétiques, qui contiennent un microcosme humain fascinant à scruter, recèlent une quantité infini de ressorts dramatiques. En permettant au personnage incarné par Issa Rae de voyager en conscience dans les entrelacs numériques d’un monde entièrement reconstitué, la société de high-tech ReDream va aussi lui permettre, bien malgré elle, de renouer avec le sentiment amoureux. Alors la question se pose aujourd’hui : si on aime dans la vraie vie, pourquoi ne pourrions nous pas aimer dans un monde fictif, reconstitué, reconfiguré ? Les sentiments, eux, n’ont pas l’air de vouloir devenir des équations.

Les actrices sont les garantes de ce principe invariable : on aime qui on veut, dans la vraie vie comme au cinéma ou dans une série télévisuelle de haute volée (encore bravo au showrunner anglais Charlie Brooker, à qui nous devons la tenue impeccable de ces 7 saisons magistrales de Black Mirror). Et on ne se justifie pas. Jamais.

Hôtel Rêverie demeurera à tout jamais ce petit film merveilleux d’1h16 pour la télé, qui remet les pendules (quantiques) à l’heure. Et ça nous fait un bien fou.

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L’apprentissage du désordre : « The Apprentice » (2024) d’Ali Abbasi

The AprenticeDans The Apprentice (2024) un cinéaste d’origine iranienne, Ali Abbasi, qui vit à Copenhague, réunit dans son casting deux acteurs formidables, Sebastian Stan et Jeremy Strong, et une actrice exceptionnelle, Maria Bakalova, pour nous raconter les débuts à New York de l’actuel 47e président des États-Unis d’Amérique, à savoir Donald J. Trump.

Mais il ne s’agit pas d’un biopic, ni d’un assemblement de moments marquants dans le parcours singulier d’un individu mondialement connu. Il s’agit plutôt de dresser deux époques l’une face à l’autre : la deuxième moitié des années 1970, quand New York était une ville cosmopolite et dangereuse, voit les ambitions d’un jeune héritier de l’immobilier rencontrer une figure de mentor ; il s’agit du sulfureux Roy Cohn, un avocat affairiste qui a comme fait d’armes l’électrocution des époux Rosenberg sous le sénateur Mac Carthy. C’est dans cette première partie du film qu’on assiste à l’envol du magnat de l’immobilier qui tire toutes ses ficelles du sac à malices de l’avocat. Comment suborner un témoin lors d’un appel d’offres de la mairie de New York pour la fabrication d’un hôtel de grand standing dans un quartier de mixité sociale, laquelle sera réduite à néant si le projet est retenu ? Ou encore comment menacer un juge des affaires administratives en lui exhibant sous le nez des photos volées dans lesquelles il est en fâcheuse posture dans les bras de prostitués mexicains pubères ? Cette première partie met en images les recettes imprimées par Machiavel au XVIe siècle dans la Florence des Médicis. S’agissant des us et coutumes des trafics d’influence et des malversations au sein de ce que l’actrice bulgare Maria Bakalova nomme à plusieurs reprises dans les bonus DVD du film l’empire américain, cette comparaison n’est pas fortuite.

Ensuite, et en regard, nous est proposée en deuxième partie l’ascension, au sommet de la gloire industrielle et médiatique, du golden boy Trump, pendant la décennie reaganienne (les années 1980) qui a permis aux traders et aux yuppies de détricoter tout l’édifice social des États-Unis, mis en place sous Roosevelt pendant le New Deal, en 1933. Comment on s’empare des leviers du pouvoir économique, quand on ne respecte aucune règle de bienséance financière ? Donald J. Trump va appliquer à la lettre les préceptes de son mentor. Il construit son édifice immobilier mais les premières fissures apparaissent : le ménage avec Ivana bat de l’aile et le mentor autrefois admiré, fait maintenant figure de repoussoir. D’ailleurs on ne prend plus ses appels au téléphone.

Il faut saluer l’interprétation remarquable de Sebastian Stan (dans le rôle de Donald Trump), celle tout aussi savoureuse de Jeremy Strong (dans le rôle de Roy Cohn, le mentor sulfureux) qui est en train de devenir mine de rien le meilleur comédien vivant de sa génération, et la parfaite partition de Miss Maria Bakalova qui donne beaucoup de relief au personnage d’Ivana Trump.

Ce film dresse le portrait d’une époque (le tournant des Seventies/Eighties en Amérique du Nord) pendant laquelle s’est édifiée notre modernité, à travers la frénésie avec laquelle le capitalisme outrancier et la financiarisation de l’économie des pays à économie de marché a contaminé le monde entier. Ce film devient indispensable pour savoir exactement dans quel monde complexe nous vivons. Mais en même temps il reste un grand spectacle visuel et sonore qui rivalise avec les grands films politiques américains d’antan (je pense aux Trois jours du condor de Sydney Pollack en 1975, ou à JFK d’Oliver Stone en 1991, qui est cité par le réalisateur dans les bonus DVD du film).

 

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« Nosferatu » (Hiver 2024/2025) : un film hivernal qui nous accompagnera longtemps

Ellen Hutter en proie aux machinations vampiriques.

Ellen Hutter en proie aux machinations vampiriques.

 C’est entendu : quand on aime à la folie les films de vampires, on se précipite dans sa salle de cinéma la plus proche et, sans demander son reste, on jubile. Car les créatures de la nuit reviennent en force au cinéma cette année ! Alors, qu’on se rassure tout de suite : ce Nosferatu 2024 est un grand cru, un très grand cru même. Et nous allons essayer de comprendre pourquoi.

Pour Lily-Rose Depp : Pas de grand film sans grande actrice à l’intérieur. L’incarnation d’un personnage reste l’élément fondamental pour que l’œuvre cinématographique imprime durablement nos rétines. Et dans le rôle de la belle Ellen Hutter, qui est fraîchement mariée au falot clerc de notaire Thomas Hutter, Lily-Rose Depp est parfaite. Elle sait rendre à merveille les contrariétés de sa personnalité mélancolique qui vont permettre au cruel Strigoï (un vampire en roumain) de venir chambouler la psyché de cette épouse corsetée, qui étouffe sous le poids des conventions bourgeoises. Mais, comme dans le remarquable Bram Stoker’s Dracula de Coppola, l’amour cherche à triompher du mal.

Pour la mise en scène au cordeau : On reconnaît les maîtres et les maîtresses du cinéma contemporain à leur capacité à bâtir un univers fictionnel tangible, solide, opératique. La ville de Wisburg en 1838, reconstituée en République Tchèque, est aussi un des personnages principaux du film. La reconstitution historique est somptueuse. La photographie de Jarin Blaschke est tellement belle dans son monochrome qui tire vers le noir et blanc, qu’on peut espérer pour lui une nomination dans la catégorie du meilleur directeur de la photographie cette année aux Oscars.

Pour les variations subtiles autour du mythe du vampire : Dans ce Nosferatu le comte Orlok, cet aristocrate déchu des Carpathes, autrefois puissant, fait vraiment peur à l’écran. Car on est en présence d’un non-mort, d’une créature éternellement en putréfaction, qui ne peut subsister sur la surface de la terre qu’en propageant le mal. Qu’y-a t’il de pire que de s’attaquer à des fillettes à la veille de Noël ? Bill Skarsgård offre une interprétation remarquable de ce vampire tyrannique, en ne copiant personne dans sa façon de jouer cet être surnaturel orgueilleux et démoniaque.

Pour le sound-design : La qualité du son couplé à une musique de Robin Carolan entêtante, ensorcelante et mélancolique à souhait, souligne chaque intonation de la mise en scène orchestrée par un véritable génie de la réalisation : Robert Eggers.

Pour le réalisateurNosferatu est seulement le 4e film pour le cinéma de Robert Eggers, et il nous offre encore une fois un chef-d’œuvre de poésie macabre, dont la beauté des plans va nous accompagner une bonne partie de cette nouvelle année 2025 qui commence à peine. Il signe un remake respectueux de son matériau originel (le roman de Bram Stoker et le premier Nosferatu de l’histoire du cinéma du génie allemand Murnau). Après The Witch (2015), The Lighthouse (2019) et The Northman (2022) son Nosferatu (2024) finit de nous convaincre : avec Robert Eggers nous sommes en présence d’un merveilleux réalisateur de cinéma, qui, en quelques films, a complètement renouvelé les genres horrifiques et fantastiques.

Pendant nos soirées et nos nuits hivernales le Nosferatu de Robert Eggers avec Lily-Rose Depp va réchauffer longtemps nos petits cœurs transis. Pour notre plus grand plaisir d’amoureuses et d’amoureux fous des créatures de la nuit.

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« Dune : Deuxième partie » tient toutes ses promesses

Dune 2

Ce deuxième film de la saga Dune au cinéma, réalisé par Denis Villeneuve, et qui doit être suivi d’un troisième opus, raconte comment le jeune duc Paul Atréides, au contact des Fremen de la planète Arrakis, marche vers son destin de libérateur (ou au contraire d’asservisseur) de la planète des sables. Paul rejette l’idée selon laquelle il serait le Messie de la Prophétie, celui par lequel surviendra l’unification du nord et du sud de la planète Arrakis. Les Fremen sont en lutte contre la colonisation des Harkonnen voulue par l’Empereur galactique et la Bene Gesserit qui le conseille (Christopher Walken et Charlotte Rampling dans le film), et ont besoin d’un leader pour les mener à la victoire.

Pendant que Paul répond avec constance aux souhaits guerriers des Fremen du nord (les Fedaykins) et qu’il noue une histoire sentimentale avec la vaillante Chani, sa mère fait tout son possible pour qu’il endosse le rôle de Lisan-al Ghaïb, attendu depuis des milliers d’années par les fondamentalistes du sud. Ce dilemme, qui repose sur les épaules de Paul, devient la feuille de route sur laquelle se construit cet admirable film de cinéma.

Le production-design est un des plus beaux que nous ayons vu au cinéma ces dernières années. Chaque plan de cette fresque audiovisuelle d’une durée de 2h39 ajoute au plaisir visuel de chaque instant la richesse chromatique des décors et des costumes. Et Timothée Chalamet prend de plus en plus d’épaisseur au fur et à mesure que la sainte trinité Lisan-al Ghaïb/Usul/Kwisatz Haderach commence à se dessiner sous ses traits. Ce Dune : Deuxième partie (2024) est hautement recommandable, car ses images déroulent agréablement cette histoire de grandes familles cosmiques qui se battent entre elles pour la suprématie dans un coin d’univers, en l’an 10 191 du Calendrier impérial.

Mettre en images, en musique et en sons cette fresque romanesque de Frank Herbert n’était pas une mince affaire, et Denis Villeneuve et toute son équipe ont merveilleusement réussi cette entreprise cinématographique. Aujourd’hui, comme les sagas Star Wars et Star TrekDune (qui sera bientôt une trilogie, nous l’avons dit) prend ses quartiers de noblesse dans l’univers des grandes œuvres de la science-fiction tendance Space-Opéra.

Et puis il y a ce casting exceptionnel, où chaque actrice, chaque acteur est à sa juste place : citons pêle-mêle Timothée Chalamet, Zendaya, Javier Bardem, Rebecca Ferguson, Josh Brolin, Charlotte Rampling, Stellan Skarsgård, Florence Pugh, Léa Seydoux, Austin Butler, Dave Bautista… et Anya Taylor-Joy dans un plan furtif, mais dont le personnage va revêtir une importance considérable dans Dune : Troisième partie – nous en reparlerons, promis. Jeunes pousses et comédien.nes accompli.es se partagent l’affiche avec équilibre et pondération. Cela fait aussi partie de la réussite de cette deuxième partie assez spectaculaire. Si Dune : Première partie (2021) faisait figure de longue scène d’exposition qui mettait en place tous les éléments du mélodrame galactique à venir, ici nous sommes plongés au cœur de l’action, et c’est tant mieux.

Ce Dune : Deuxième partie, actuellement en exclusivité sur My Canal, offre un spectacle réjouissant pour commencer dans les meilleures dispositions cinématographiques cette nouvelle année 2025 qui débute.

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Joyeuse et heureuse année 2025 !

Demi Moore

Demi se joint à moi pour vous souhaiter une très belle année 2025, riche en découvertes cinématographiques.

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Eh bien Joyeux Noël 2024 à tout le monde !

Winona

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Un film miraculeux pour Noël : « Winter Break »

Winter break

C’est la saison. Les films et téléfilms de Noël se bousculent au portillon. Chaque plateforme y va de ses propositions, toutes plus convenues les unes que les autres. Pourtant il existe un film récent qui relève du miracle : il s’agit de Winter Break d’Alexander Payne, sorti au cinéma en 2023. Canal + a l’excellente idée de le présenter en coup de cœur ces jours-ci. 

Ce film est une bénédiction de Noël. Il raconte l’histoire d’un professeur de college américain (l’équivalent du lycée chez nous) sévère avec ses élèves (des jeunes garçons bien nés, qui domineront bientôt la société) et très à cheval sur le règlement intérieur de l’école, qui va devoir passer les 10 derniers jours de l’année 1970 au sein de l’établissement scolaire vide en compagnie de la cuisinière en chef et du seul élève qui n’a pas pu rejoindre sa famille pour les fêtes de Noël et de fin d’année. Ces 3 âmes en peine vont cohabiter pendant une dizaine de jours, apprendre à se connaître, à s’apprécier, à sortir de leur bulle protectrice et de leur zone de confort.

Dorénavant ce qui va compter c’est d’arrêter de se morfondre dans son coin et de se bâtir une nouvelle famille, beaucoup plus fraternelle et compréhensive que celle d’origine. Winter Break est une splendeur absolue, car la caméra prend son temps : elle filme le plus délicatement du monde chaque geste de ses trois comédiens prodigieux (le professeur Paul Hunham, l’élève difficile Angus Tilly et la chef-cuisinière Mary Lamb), avec la plus grande sincérité. Mention spéciale à Paul Giamatti, qui est prodigieux dans le rôle de ce professeur bougon et tellement humain : une pâte d’homme. Certaines séquences du film sont tout simplement bouleversantes et vous terrasseront d’émotion. La reconstitution des années 1970 est somptueuse, et dans la dernière bobine on est submergé par l’émotion. Ce film est appelé à faire date dans l’histoire du cinéma de notre siècle.

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L’élasticité de nos souvenirs : Adieu et bon vent, Michel Blanc !

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Michel Blanc s’en est allé au creux de l’automne rejoindre son « pays merveilleux », lui qui se demandait dans la nuit enneigée, juché haut sur son télésiège, seul, totalement isolé, et en manque des autres de la bande du Splendid, quand est-ce qu’il reverrait son pays de Cocagne.

Avec la disparition de Michel Blanc disparaît aussi une certaine idée du cinéma français : à la fois populaire (dans la mesure où il s’agit de rassembler devant l’écran des spectatrices et des spectateurs de toute sorte, de toutes conditions sociales, en leur proposant un humour dialogué désopilant, et jamais lénifiant, ni moqueur), et suprêmement intelligent et bienveillant. À l’heure où des apprentis sorciers se servent des IA génératives pour livrer leur scénarios aux chaînes de TV, on ferait mieux d’étudier scrupuleusement la manière de jouer low-fi de ce petit blond dégarni à la moustache rigolote. Michel Blanc a livré, à travers la diversité de ses rôles au cinéma, un archétype du français moyen râleur, conscient de ses limites, mais qui n’en veut. Il était avant tout un comédien extraordinaire qui ne jouait jamais seul, c’est pourquoi ses duos à l’écran sont irrésistibles : avec Gérard Lanvin dans le premier film qu’il réalisa en 1984, Marche à l’ombre, avec Bernard Giraudeau dans Viens chez moi, j’habite chez une copine de Patrice Leconte en 1981, ou encore avec Anémone dans Ma femme s’appelle reviens du même Patrice Leconte en 1982, ou avec Miou-Miou et Gérard Depardieu dans le film sulfureux de Bertrand Blier, Tenue de soirée en 1986. Et c’est avec ce rôle qu’il va gagner la reconnaissance de la profession.

Ensuite Michel Blanc ne cessera jamais de tourner, et sa discrétion naturelle lui évita de tomber dans le piège des tournées promotionnelles éreintantes dans les médias TV. Il apparaissait seulement quand la production l’exigeait et savait choisir ses mots, avec un sens évident de la narration : par exemple ce moment hilarant où à la télévision belge il narre l’épisode suivant, véridique ; il tombe sous le charme d’une américaine dans une boulangerie, ils sortent dans la rue tous les deux pour continuer à flirter et pour griller une cigarette, ensemble, et au moment où il allume la cigarette de la belle, il met le feu à ses cheveux blonds. On retrouvait là cet exceptionnel acteur de comédie cinématographique qui avait l’étoffe des plus grands, de Charles Chaplin et surtout de Buster Keaton, qu’il aimait temps. Il avait aussi réalisé une poignée de films essentiels du cinéma français comme Grosse fatigue en 1994, Mauvaise passe en 1999, Embrassez qui vous voudrez en 2002, et Voyez comme on danse en 2018. Lui-même avait tourné dans 83 long-métrages de cinéma.

So long, Michel Blanc. Tu as accompagné nos vies à travers tes rôles au cinéma. Les cinéphiles et cinéphages que nous sommes ne t’oublieront jamais.

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