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Vivement 2021 !

Marilyn Joyeuses et heureuses fêtes de fin d’année à tout le monde !

Que l’année 2021 nous apporte des moments d’émotion et de joie incomparables.

Big kisses from Marylin.

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Les colonies humaines dans l’espace sauveront-elles le genre humain ?

Raised by Wolves C’est, entre autres, de cela dont il est question dans la série de science-fiction du moment, Raised by Wolves (États-Unis, HBO Max/Warner TV/Scott Free Productions, 1 saison, 2020- ) d’Aaron Guzikowski.

Le voyage dans l’espace, afin de trouver une planète viable pour la coloniser, est la marotte principale des auteurs de S.-F. d’aujourd’hui. Depuis que le regretté astrophysicien Stephen Hawking a exprimé l’idée, selon laquelle la seule chance de salut de l’Humanité pour les siècles à venir, résidait dans la colonisation humaine d’une planète hors du système solaire, les créatifs de la S.-F. s’en donnent à cœur joie, et nous proposent à chaque fois leur vision de toute cette affaire.

Et Ridley Scott n’est pas en reste, dans la mesure où il n’est pas près de remettre en jeu sa ceinture de champion poids lourd des catégories des arts de l’imaginaire. Alors il hybride à tout va les différents univers qu’il filme depuis 1979 et la sortie mondiale d’Alien, le 8e passager (Ridley Scott, Royaume-Uni/États-Unis, Brandywine Productions, 1979) : des bestioles xénomorphes sacrément hostiles et agressives, des androïdes doué.e.s de sentiments  humains et de capacités cognitives hors du commun, des civilisations extra-terrestres extrêmement évoluées mais qui n’en peuvent…

Depuis quelques années le réalisateur anglais revisite les fondements de sa rêverie spatiale cinématographique. Non content d’avoir relancé la machinerie Alien sur grand écran avec le succès que l’on sait, le père Scott tente le tout pour le tout : la réunification dramaturgique des différents arcs narratifs qui constituent les 3 matrices, celle d’Alien, celle de Blade Runner (Ridley Scott, États-Unis, Warner Bros., 1982), et celle de Prometheus et de Covenant : où les androïdes doué.e.s de raison, celles et ceux qui les traquent (chasseurs de primes première manière à la Rick Deckard ou à la Gaff), et nouveaux chevaliers croisés de la Nouvelle Alliance de l’espace, les Mithraïques, ainsi que les méchantes bestioles baveuses qui en veulent à tout le monde, sans oublier les Ingénieurs, ces êtres païens cosmiques qui savent mesurer la vie là où pourtant tout est noir, et terriblement hostile, tout ce petit monde se rejoint pour signifier le but suprême de l’existence.

En matière de S.-F. existe-t-il des prophéties auto-réalisatrices ?

À suivre…

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« Quand l’histoire fait dates : 7 septembre 1812, la bataille de Borodino/La Moskova »

Borodino En matière d’Histoire militaire, la date est le marqueur qui grave une bataille dans le temps.

Pendant plusieurs siècles de nombreux pays, dont la France, ont fait de la frise chronologique l’instrument de travail privilégié pour river un événement guerrier sur le socle immuable de l’Histoire nationale. Car écrire l’Histoire, c’est aussi affermir une position de pouvoir intellectuel, politique et social.

Les historien.ne.s sont des personnes morales qui doivent résister à la tentation de faire valoir une manière de voir et de raconter les faits, avec l’appui des documents et des archives, dans une perspective globale, qui paraît être en première lecture universelle, ne souffrant d’aucune contradiction.

Pourtant, un événement historique considérable comme la bataille de Borodino, le 7 septembre 1812, quand l’Empereur Napoléon se jette à marche forcée contre les cohortes du Tsar Alexandre Ier de la Grande et imprenable Russie, elle aussi un Empire qui ne souffre aucune concurrence, il y a plusieurs façons de le raconter, selon d’où l’on se place pour en parler. Et puis, par rapport à ce que l’historiographie française a gravé dans le marbre, qu’en est-il aujourd’hui du côté de l’historiographie russe ?

C’est de cela dont traite, en 27 minutes passionnantes, le nouveau film documentaire de Thomas Sipp, consacré à cette prodigieuse bataille de Borodino, qui marqua un tournant dans l’expansion de la conquête impériale napoléonienne vers l’Est. D’ailleurs les français préfèrent parler de bataille de la Moskova, un sous-affluent de la Volga, pourtant situé à une dizaine de kilomètres du champ de bataille de Borodino, qui devait ouvrir à la Grande Armée de Napoléon, commandé par le Maréchal Ney, les portes de Moscou. Patrick Boucheron explique avec clarté les enjeux mémoriels puissants qui confèrent à cette bataille un aspect singulier, tandis que l’historienne Marie-Pierre Rey, spécialiste de la Russie, plonge en détail dans quelques faits saillants de cette épopée hors du commun, qui vit 2 Empires au faîte de leur puissance s’affronter avec acharnement au début du dix-neuvième siècle.

Thomas Sipp a fait, une fois de plus, dans son film 7 septembre 1812, la bataille de Borodino/La Moskova un travail remarquable de mise en images, en musique et en sons de cette dramatique geste guerrière, afin de nous permettre d’en appréhender au mieux les enjeux stratégiques et humains.

Il s’agit d’un nouveau petit bijou dans la passionnante collection d’Arte, Quand l’histoire fait dates.

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Apprendre les rouages de l’économie de marché en 8 leçons !

Les actrices Marisa Abela et Myha'la Herrold, figures de proue de la première saison de la série "Industry".

Les actrices Marisa Abela et Myha’la Herrold, figures de proue de la première saison de la série « Industry ».

Industry (2020- , Royaume-Uni/États-Unis, 1 saison de 8 épisodes, BBC/HBO) est une série qui ausculte les rouages d’une entreprise de capitalisation boursière, Pierpoint & Co, située dans la City de Londres, à l’aune de ses nouvelles recrues.

Ces jeunes gens ont décroché le graal : ils viennent d’être embauchés pour la première fois de leur vie dans la haute finance, après avoir obtenu leur diplôme en économie. La série s’intéresse à une poignée d’entre eux, des jeunes filles et des jeunes garçons qui découvrent en même temps que nous, à l’intérieur de la machinerie capitalistique contemporaine, ce que faire du fric veut dire. Et ce que ça fait à l’intérieur de soi-même de vouer son existence aux mânes du dieu vert et de ses corollaires : la livre sterling, l’euro et le yen.

Dans ces 8 épisodes sobrement filmés, la caméra portraiture ces jeunes gens qui font connaissance avec l’aliénation, la vraie, celle qui ne laisse aucune place, ni aux sentiments, ni à la sensibilité, encore moins à l’empathie. Il n’y a qu’à voir de quelle manière on accueille la nouvelle du décès d’une de ces nouvelles recrues, Hari, retrouvé sans vie dans les toilettes du Desk.

Des jeunes gens, hommes et femmes d’une vingtaine d’années à peine, apprennent à pactiser avec le démon. Celles et ceux qui ont des soupçons seront brutalement écarté.e.s.

La finance internationale, le marché obligataire, les graphiques de variation des taux de change, les fluctuations des index et des indices, les méandres de variabilité des bons du Trésor ne font pas de sentiment.

Dès leur premier jour dans la boîte, on convoque les nouveaux arrivants dans un amphithéâtre pour leur annoncer qu’en l’espace de 6 mois la moitié d’entre eux se fera éjectée. Celles et ceux qui resteront n’auront même pas le temps de se poser la question de savoir si ça valait le coup. Car les super-datas d’analyses en surchauffe ne souffrent aucun retard, aucune négociation. 

Bienvenue dans un univers au-delà même de la cruauté la plus élémentaire !

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Le deuxième siècle du cinéma commence maintenant [#5]

Une belle actrice de talent sur la trace de ses prestigieuses consœurs.

Une belle actrice de talent sur la trace de ses prestigieuses consœurs.

Aimer le cinéma, c’est aimer celles et ceux qui l’incarnent.

Les actrices et les acteurs de cinéma sont la matérialisation concrète du désir puissant de vouloir raconter une histoire en images et en sons.

Ce désir puissant existe partout, en tous lieux, en différents endroits de la planète, parfois aux antipodes les uns des autres. L’envie sensationnelle de vouloir donner à voir ce qu’on a en tête passe toujours, depuis 1895, par le corps de l’actrice et de l’acteur. Les réalisat.eur.rice.s ne dirigent pas tellement leurs comédien.ne.s mais ils et elles les incitent à incarner un personnage en modelant avec d’infinies précautions une attitude, un geste et une intonation. Nous sommes toutes et tous les propres acteurs de nos vies ; chacun de nos sentiments, chacune de nos attitudes peuvent donner lieu à une multitude de récits. Alors le génie de la mise en scène de cinéma réside dans cette qualité essentielle : celle de traduire en scène, en séquence dialoguée, à travers une valeur de plan, par le truchement de la caméra et du micro, la variété et la complexité de nos comportements humains, en essence et en acte.

C’est pour cette raison que nous aimons tellement nous voir dans le miroir de l’écran blanc de la salle de cinéma. Nos orientations sensorielles, nos compréhensions, parfois justes, parfois erronées, du sens des choses se trouvent traduites en 24 images/seconde sur une bande de celluloïd de 16 ou de 35 mm, en couleurs ou en noir & blanc, en Mono ou en Stéréo.

En 2020, les corps, les visages de cinéma incarnent de nouveaux modèles de figuration et de représentation ; et certaines carrières sont émouvantes à scruter, en ce qu’elles nous éblouissent : une actrice comme Kristen Stewart, révélée par la saga de teen-movies Twilight (de 2008 à 2012), occupe crânement l’affiche depuis tout ce temps-là. Et ce n’est pourtant pas si facile, et pas donné à tout le monde, de garder année après année cette stature d’icône chic et glamour dans un monde globalisé qui a fait de l’oubli son principal principe d’occupation des jeunes esprits. En incarnant dans un biopic l’actrice américaine Jean Seberg (Seberg, Benedict Andrews, Royaume-Uni/États-Unis, Dolby Atmos, 2019) Kristen Stewart montre qu’elle se place dans une continuité artistique choisie, et âprement négociée.

À suivre…

 

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Le deuxième siècle du cinéma commence maintenant [#4]

Columbia Une chose est  sûre : ce deuxième confinement n’est pas une bonne nouvelle pour les métiers du cinéma. Toutes les productions sont à l’arrêt, les projets sont au point mort et de toute façon, comme les salles sont fermées…

Le premier confinement du printemps dernier avait saisi tout le monde (ou à peu près) d’effroi. Seule la guerre de 39-45 avait mis un terme à la projection des films en salles, et le monde d’après mai et juillet-août 1945 avait mis un sérieux coup de canif dans l’embellie du cinéma américain depuis les années 1930. Les Golden Age et Silver Age des 8 grandes compagnies de production hollywoodiennes de ce temps (Paramount PicturesUniversalColumbia PicturesThe Warner Bros. CompanyThe Walt Disney CompanyThe 20th Century Fox, Metro-Goldwyn-Mayer Inc. et United Artists) avaient profité aux nababs, aux stars incandescentes et dans la salle à manger des scénaristes de la Warner, à Burbank, Californie, San Fernando Valley, il n’était pas rare d’y croiser William Faulkner, Raymond Chandler, Dashiell Hammett et William Riley Burnett tailler le bout de gras.

Le cinéma de ce temps-là n’était pas un simple divertissement ; il était une religion ardente, avec des rites sacrés, une théogonie et des impressions sur pellicule qui valaient témoignage de foi. Veronica Lake, Louise Brooks, Gene Tierney, Jane Russell étaient les déesses de l’écran, qui ne figuraient dans aucun manuel d’anthropologie religieuse. Pourtant elles drainaient autour d’elles leur cohorte d’admirateurs fervents, de bonzes débonnaires prêts à sacrifier ce qu’ils avaient de plus cher pour continuer à exister dans leurs sillages d’ombres et de lumières. L’invention du cinématographe par Louis et Auguste Lumière a permis aux inventeurs-créateurs du vingtième siècle naissant de laisser libre-cour à leur imagination en fabriquant une nouvelle manière de raconter des histoires. Le plaisir de la lecture réside dans le fait d’être seul avec les mots imprimés ou écrits à la main sur la page ; le plaisir du cinéma, lui, réside dans le fait de regarder la même chose en collectivité. Rien de plus énervant que de subir le spectacle affligeant d’un écrivain qui lit à voix haute son texte ; rien de plus plaisant que cette ivresse quand surgit le lion rugissant de la M.G.M ou la personnification des États-Unis d’Amérique brandissant sa torche au générique des films de la Columbia.

caméra

Au deuxième siècle du cinéma l’étincelle des débuts est toujours là. Seulement voilà : une pandémie de Coronavirus, 19e de sa catégorie à être venu nous visiter, a bouleversé notre rapport aux images-fétiches. Désormais, le repli est quasi généralisé vers les écrans minuscules qui diffusent en continu du contenu audiovisuel. Le cinéma est plus que jamais menacé par ces formes de consommation filmique, et les pouvoirs publics ne prennent pas entièrement conscience du danger qu’il y a à n’utiliser aucun recours juridique face aux géants d’internet. Il sera trop tard quand certaines multinationales des médias et de la communication auront sciemment effacé de la mémoire des gens tout un pan de la culture cinématographique mondiale. Les îlots de résistance ne suffiront pas pour réactiver l’amour inconditionnel, exclusif, des images en 35 mm.

Il serait grand temps de se réveiller une bonne fois pour toute !

À suivre…

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« Lupin III : The First » – les nouvelles aventures, nippones, du gentleman cambrioleur

 Lupin III_The First Dans la famille Lupin, prenons par exemple le petit-fils, lequel a repris le flambeau de papy pour faire de la haute voltige en cambriolant. On sait depuis longtemps que les créateurs d’animés japonais adorent puiser leur inspiration dans les feuilletons d’aventures européens, et notamment français. Attention, cela dit, ils ont aussi leur propre univers culturel, qui n’a absolument rien à envier au nôtre. Et pour un Hayao Miyazaki qui mêle à la perfection références nippones et références européennes dans certains de ses films (par exemple la culture italienne dans le sublime Porco Rosso qui date de 1992), la plupart des réalisateurs d’animés inventent à chaque fois leurs paradigmes fictionnels.

Dans Lupin III : The First (Japon, 2019) du réalisateur Takashi Yamazaki, l’histoire commence en France, dans la campagne de la banlieue parisienne, pendant la seconde guerre mondiale. Dans la demeure du professeur Bresson, un célèbre archéologue, celui-ci confie à son fils et à sa belle-fille son journal secret dans lequel est répertorié l’emplacement exact d’une puissance énigmatique qui pourrait bien modifier le cours de la guerre en cours. Bien entendu les nazis sont à ses trousses. Le fils et la belle-fille et leur charmant bébé ont juste le temps de prendre la fuite avant l’arrivée du convoi nazi. Le journal du professeur Bresson est caché à l’intérieur d’un mécanisme ingénieux, inviolable, fabriqué par son ami… devinez qui ? 

Pour le savoir, emmenez vite vos enfants découvrir ce somptueux film d’aventures qui est un hommage décomplexé aux Indiana Jones que nous avons tant aimés. On sent que Takashi Yamazaki est un amoureux éperdu de tous ces films admirables qui mêlent l’action échevelée, les cascades délirantes et les relations humaines qui se nouent à l’intérieur de sa petite bande d’aventuriers, tous plus attachants les uns que les autres ; mention spéciale pour la délicieuse Laetitia, pour la complice de Lupin, qui est aussi une cambrioleuse de haut rang, et pour le duo formé par le samouraï qui ne se sépare jamais de son sabre et pour son acolyte nonchalant avec chapeau et mégot. Et dire que tout cela a été pensé au début avec seulement des encres colorées et des feuilles Canson de format grand aigle. Le génie de l’animation est français, ça d’accord, on nous le rabâche depuis assez longtemps maintenant, mais il y a quand même une poésie toute particulière qui est propre à l’animation japonaise.

Lupin III : The First est tout simplement une merveille d’aventures pour tous les âges et d’ingéniosité technique et artistique d’un très, très haut niveau.

Et puis aussi il faut aller au cinéma, il faut sauver le cinéma.

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Une fois au volant, attention les filles ! Ne croisez pas la route de l’enragé !

 

Russell Crowe en grande forme, dans un film haletant à la mesure de son immense talent.

Russell Crowe en grande forme, dans un film haletant à la mesure de son immense talent.

On le savait depuis belle lurette, une fois assis derrière leur volant, la plupart des automobilistes deviennent cinglés. Et les pétages de plomb en règle de personnages masculins perturbés sont monnaie courante au cinéma, depuis au moins 50 bonnes années.

Duel (États-Unis, 1971) de Steven Spielberg trône en majesté sur le podium de nos souvenirs cinéphiliques, suivi par The Hitcher (États-Unis, 1986) de Robert Harmon, et par le tout aussi impeccable Chute libre (Falling Down, France/États-Unis/Royaume-Uni, 1993) de Joel Schumacher, dans lequel un Michael Douglas à la coupe de cheveux en brosse du plus bel effet devient fou furieux à cause d’un embouteillage, par une journée caniculaire mémorable.

Enragé (Unhinged, États-Unis, 2020), le film de Derrick Borte, écrit par Carl Ellsworth, reprend cette antienne : une jeune mère de famille, qui amène son fiston à l’école en voiture, a le malheur de klaxonner un peu trop brutalement un automobiliste ; lequel ne redémarre pas son pick-up assez vite dès que le feu passe au vert. Rachel va alors très vite comprendre qu’elle vient de croiser la route de qui il ne fallait pas. [Attention = spoilers] Car un peu plus tôt dans la nuit, l’homme en question a occis son ex-femme et les membres de son nouveau foyer à coups de pieds de biche bien sentis, avant de faire flamber bien tranquillement toute la maisonnée.

Pendant 1h30 de pure montée d’adrénaline, sans aucun temps mort, le réalisateur Derrick Borte nous fait ressentir l’extrême panique qui gagne Rachel de minute en minute, au fur et à mesure que le personnage joué avec jubilation par l’immense Russell Crowe (en très grande forme) monte dans les tours-minutes (j’ose le jeu de mot idiot !). De plus, le travail effectué sur le son et sur les bruitages est sidérant d’audace et d’inventivité : on entend le bruit des soupapes des moteurs à chaque accélération anxiogène de la rutilante Volvo de couleur grenat conduite par la très expressive actrice Caren Pistorius (nous n’avons pas fini d’entendre parler d’elle au cinéma, croyez-moi, tant la demoiselle est talentueuse). Car ici, la berline familiale de la mère de famille esseulée, et le gros pick-up gris métallisé du prédateur-chauffard pantagruélique, sont le double exact de Rachel et de son antagoniste, qui n’est jamais nommé. Les séquences de poursuite entre la Volvo  qui prend la fuite et le SUV qui la pourchasse dans les rues d’une ville très photogénique de Louisiane (où le film a été tourné en extérieurs) sont de très haute tenue.

Vous y penserez maintenant à deux fois avant d’appuyer machinalement sur le volant, la prochaine fois qu’un malotru vous grillera la priorité. Non, mais ?!

 

 

 

 

 

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« The Head » : mystères en pagaille sous la glace

The Head est une production espagnole de The Mediapro Studio (en association avec HBO Asia et Hulu Japan), comprenant 6 épisodes réalisés par Jorge Dorado.

The Head

Dans cette série assez courte on se retrouve immergé dans une station scientifique polaire en Antarctique. Elle est baptisée Polaris VI et son équipe de recherches est composée d’hommes et de femmes, des cherch.eur.euse.s chevronné.e.s de différentes nationalités : on y trouve la jeune médecin écossaise qui paraît timorée, le commandant allemand un brin autoritaire (incarné avec maestria par l’excellent comédien Richard Sammel, enfin loin de ses rôles de nazis qui finissaient par lasser), ou encore le grand savant biologiste génial qui manque cruellement d’empathie pour ses semblables, sans oublier le technicien en transmission et le cuistot un peu rustauds…

Bref, ce vivier que constitue l’équipe d’hiver (et sur Polaris VI l’hiver polaire dure six mois, avec des températures extérieures avoisinant les -100° Celsius, bonjour l’ambiance !) va être confronté à une terrible épreuve : car quelqu’un – ou quelque chose – leur veut du mal. Et très vite, on va se retrouver avec une tête coupée sur les bras ! Et cette tête, découpée minutieusement à la scie égoïne, est celle d’un membre de l’équipe. Les 6 mois à venir dans la station vont être longs, très longs pour les survivants !

Placée sous les bons auspices de The Thing (États-Unis, 1982) de John Carpenter, modèle insurpassable de huis-clos polaire, glacial et flippant à souhait [le meilleur rôle de Kurt Russel à ce jour ? Non ? Oui ? Si, allez quoi !], cette série est une merveille de mise en scène et de direction dramatique : d’ailleurs l’acteur danois Alexandre Willaume, qui incarne le protagoniste, membre de l’équipe d’été, tentant de résoudre les énigmes abyssales de ces tueries incompréhensibles en paysage glacé, s’en sort plutôt bien ; car il faut être un acteur diablement charismatique pour porter à bout de bras le moteur narratif d’une telle entreprise.

C’est aussi ce que réussit très bien un acteur comme Jude Law, dans l’épatante série The Third Day (Royaume-Uni/États-Unis, 6 épisodes, 2020).

Affaires à suivre, donc.

To be continued…

 

 

 

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Le chagrin, la perte, le deuil, l’enlèvement de tout ce à quoi nous tenons.

Des disparitions d’êtres humains, on en compte à profusion tous les jours, toutes le nuits, car la planète est grande, et nous sommes nombreux. Quand on nous enlève celles et ceux qui nous étaient chers, qui nous reliaient à tout ce qu’il y a de plus beau et de plus précieux en ce monde, la souffrance se fait muette, les mots ne se dessinent plus, et la voix ne les porte pas, car le chagrin est muet, stoïque, silencieux. La disparition marque le début de la rupture, complète, irrémédiable avec les moments de quiétude que le vie offre parfois, pour les plus chanceuses et les plus chanceux d’entre nous ; la vie est alors comptable des souffrances insoutenables à venir. Nous l’envisagerons dorénavant avec méfiance, avec la certitude que le néant nous guette.

Juliette Gréco

Des disparitions d’artistes, quand on a avancé dans l’existence, on y est malheureusement habitué ; cependant, une part non négligeable de poésie et d’appréciation de la douceur, nous quitte en même temps. Quand une actrice de cinéma disparaît, la grâce foudroyante d’un visage, d’un corps, d’une attitude, d’une manière d’être et de composer avec le monde, avec son monde, s’en va, nous laisse sur le bord du chemin, et ne revient pas vers nous. Même chose quand il s’agit d’un acteur de cinéma, ce qu’autrefois on appelait l’aura quitte le paysage. Michel Piccoli, Michael Lonsdale et Juliette Gréco ont quitté cette année nos rivages pour s’en aller au Walhalla des artistes majeurs : nous n’oublierons jamais leurs interprétations merveilleuses, leurs fulgurantes incarnations de personnages hauts en couleurs. Pour ma part je n’oublierai pas le charme ensorcelant, le magnétisme mutin de Juliette quand elle chante. Quand elle chante, Juliette, le monde ralentit un petit peu sa course pour mieux entendre la voix frêle et puissante à la fois qui se dégage de cette femme exquise. Je n’oublierai pas non plus Michel Piccoli qui livre une prestation éblouissante dans Max et les ferrailleurs (France/Italie, 1971) de son ami Claude Sautet ; comme je n’oublierai pas la prestation exceptionnelle de Michael Lonsdale en méchant réjouissant (Hugo Drax) de Moonraker (Royaume-Uni/France, 1979) de Lewis Gilbert.

Michael Lonsdale

Les personnes aimantes et aimées qu’incarnaient, chacun à leur manière, ces trois magnifiques artistes, nous les retrouverons sans cesse, en visionnant indéfiniment les beaux films de cinéma dans lesquels ils et elle avaient plaisir à jouer, à vivre et à aimer. Merci infiniment à eux et à elle pour ce cadeau précieux.

Je crois pouvoir dire ici que ces trois-là, Juliette Gréco, Michel Piccoli et Michael Lonsdale, incarnaient sans même en avoir tellement conscience, la perfection accomplie du métier d’artiste, ou plutôt non, ils incarnaient avec gourmandise, tout simplement, le métier de vivre.

 

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