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Le très beau « Tenet » de Christopher Nolan relance notre passion pour le cinéma

 

John David Washington dans un rôle à la mesure de son immense talent.

John David Washington dans un rôle à la mesure de son immense talent.

Pour relancer l’envie d’aller au cinéma, pour relancer le plaisir d’aller en salles voir sur un grand écran un film étourdissant, qui ferait oublier à bon nombre d’entre nous les mois éprouvants passés en confinement, les exploitants attendaient beaucoup de Tenet (Royaume-Uni/États-Unis, 2020), le nouveau film de Christopher Nolan, en provenance d’Hollywood.

À vrai dire nous attendions tous beaucoup de la part de ce réalisateur qui peut fédérer un public varié sur son seul nom. Aujourd’hui, dans l’industrie du divertissement, c’est devenu extrêmement rare ; car les nouvelles générations ne sont plus attachées aux personnes humaines qui font les œuvres audiovisuelles, non, elles sont attachées en premier lieu à l’endroit d’où elles proviennent, un peu comme si pendant les seventies et les eighties on vénérait les exécutifs des studios plutôt que Billy Friedkin, Michael Cimino ou Brian de Palma (bien évidemment je ne minore en aucune façon le rôle indispensable joué par les executives des majors, j’aurai l’occasion de revenir plus en détail sur ce point essentiel dans les mois à venir.)

Désormais les plateformes sont devenus le doudou de centaines de millions de jeunes gens à travers la planète ; ils vénèrent Netflix, Hulu ou Amazon Prime ; s’intéressent-ils seulement à celles et à ceux qui écrivent les scénarios et qui réalisent les épisodes de leurs programmes télévisuels préférés ? Savent-ils que certaines et certains de leurs show-runn.er.euse.s préféré.e.s ont appris, pendant quatre ou cinq ans dans les départements de lettres des universités, à écrire un texte, à bâtir une intrigue, à concevoir l’analyse détaillée d’un enchaînement de péripéties afin de tenir en haleine n’importe quel spectat.eur.rice potentiel.le ?

Le sens de la narration n’est inné chez personne, il s’enseigne aussi à l’école.

Christopher Nolan adresse donc Tenet aux salles de cinéma, et à travers son titre palindrome le film dévoile une histoire qu’on pourrait croire incompréhensible, alambiquée à souhait, si bien qu’il serait impossible de prendre le moindre plaisir à suivre les agissements de deux super espions technos pour contrecarrer les projets délirants d’un fou puissance au carré, eh bien non, au contraire Tenet est une pure merveille, un bonheur de film d’espionnage et d’action, et d’aventures échevelées qui nous propulse aux quatre coins de la planète, en des endroits magnifiquement photographiés par le chef opérateur Hoyte Van Hoytema, qui officiait déjà sur Interstellar (2014) et Dunkerque (2017).

Bien sûr l’intrigue est filandreuse à souhait, et les questions de déplacements temporels sont un véritable casse-tête quand on veut rendre lisible une intrigue. Mais les films de Christopher Nolan demandent de toute façon plusieurs visions tant ce cinéaste en particulier, a besoin d’interroger le matériau cinématographique, a besoin aussi d’en exploiter toutes ses ressources, en enjoignant chacun et chacune d’entre nous à trouver des réponses aux multiples énigmes qu’il sème dans chaque séquence du métrage.

Tenet a démarré en trombe en France depuis ses toutes premières semaines d’exploitation et toute la filière du cinéma français ne peut que s’en réjouir, car lorsqu’un blockbuster marche fort en salles (et Tenet est bien parti pour être un carton) c’est autant d’argent frais, non négligeable, qui est injecté dans le circuit de financement des films d’art et d’essai, n’en déplaise à certains snobs de la profession.

 

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« Quand l’histoire fait dates : -52 Alésia »

statue-de-vercingetorix Dans le 4° numéro de la collection proposée par Arte, Quand l’histoire fait dates, le réalisateur Thomas Sipp nous invite à revivre l’histoire du siège d’Alésia et de la reddition du chef arverne Vercingétorix, défait par les légions romaines de Jules César en -52 avant J.-C. à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne.

Dans les 27 minutes passionnantes de -52 Alésia (Thomas Sipp, France, 2020), on comprend facilement que l’invention du mythe est difficile à démêler de la vérité historique ; d’autant plus en ce qui concerne l’antiquité, et plus précisément l’histoire de la conquête des Gaules par celui qui deviendra quelques années après Alésia l’Imperator romain en majesté, balayant les institutions administratives de la République, minées par les guerres civiles et les factions rivales, écrivant alors l’histoire sans que d’autres sources puissent ou corroborer ou contredire le point de vue du magistère romain sur les guerres menées dans les 3 Gaules d’alors.

Tout cela est remarquablement expliqué par l’historien Patrick Boucheron, qui allie érudition aisément compréhensible par tout un chacun, et un sens de la narration à proprement parler délicieux ; ce n’est pas pour rien que le monsieur enseigne actuellement au Collège de France, où il s’occupe d’historiographie au temps présent.

Ces 27 minutes sont hautement réjouissantes et offrent un regard éclairé, chaleureux et didactique sur un des épisodes fondateurs de notre récit national.

Thomas Sipp, en compagnie de Patrick Boucheron, a réalisé un remarquable travail d’exploration historique et de synthèse bien ouvragée.

Cette collection d’Arte, à n’en pas douter, fera date dans l’histoire de la télévision érudite du XXI° siècle. Non, en matière de culture, tout n’est pas perdu.

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HBO reprend la main : bienvenue dans le « Lovecraft Country » [#1]

 

La très graphique affiche promotionnelle de la nouvelle pépite de HBO.

La très graphique affiche promotionnelle de la nouvelle pépite de HBO.

Nous disions dernièrement que depuis la fin (définitive ?) de la série phénomène Le Trône de fer, la chaîne payante américaine HBO, qui pendant des années donnait le ton en matière de production et de diffusion de séries de grande qualité, cherchait un second souffle. Je crois qu’elle l’a trouvé avec la nouvelle série qu’elle est en train de diffuser sur ses antennes (ici en France c’est la chaîne OCS qui s’en occupe depuis le lundi 17 août 2020). Il s’agit de Lovecraft Country (2020, saison 1).

Je ne sais pas encore si l’ensemble de cette première saison sera à l’unisson du premier épisode, mais si ça devait être le cas alors nous serions en présence d’une nouvelle création télévisuelle tout bonnement phénoménale.

Cette toute nouvelle série est produite, comme il se doit depuis quelques années, par le génial entertainer Jordan Peele. Ce dernier, non content de réaliser des long-métrages à succès (Get Out et Us, successivement en 2017 et 2019), en profite pour être producteur de séries fantastiques incontournables : il a par exemple ressuscité la mythique Quatrième dimension [The Twilight Zone, 2 saisons pour le moment : 2019 et 2020].

Maintenant il nous livre ce Lovecraft Country sensationnel.

 De quoi ça parle ?

Atticus, dit « Tic », qui a été soldat pendant la Guerre de Corée, est tout juste démobilisé. Une fois rentré chez son père à Chicago, qui vit à South Central, il apprend que ce dernier a disparu depuis 15 jours dans le Comté d’Ardham, sis dans le Massachusetts (mais attention les yeux, ici on n’est pas chez les Bee Gees !). Comme son oncle paternel, George, doit entreprendre un voyage dans le secteur afin d’actualiser son Guide à destination de la communauté afro-américaine, pour éviter les endroits où sévissent les troupeaux racistes [il s’agit du tristement emblématique Green Book, qui est aussi l’enjeu du film récompensé aux Oscars de Peter Farrelly, Green Book : Sur les routes du Sud, États-Unis/Chine, 2018], « Tic » s’embarque avec lui sur les routes de campagne en emmenant avec eux la jolie et espiègle jeune sœur de sa tante, Leticia. 

[à suivre...]

 

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Le multivers d’Alex Garland [#2]

devs-poster Le rythme lent insufflé à chacun des 8 épisodes de Devs (de 52 minutes chacun environ) met en alerte les sens des téléspectat.eur.rice.s : on sent, à chaque péripétie, que notre héroïne Lily Chan s’enfonce davantage dans des imbrications complexes de seuils de réalités à la fois inexplicables et totalement opaques. Au début son amoureux russe, petit génie informatique futé, est recruté au sein du mystérieux cube dans la forêt. Mais il ne va pas en revenir, et Lily va s’efforcer de comprendre pourquoi, car la vision officielle de la boîte, comme quoi il s’est suicidé en s’immolant par le feu, ne la convainc pas. À partir de ce moment originel le cheminement de Lily va épouser les équations complexes de la mécanique des fluides ; je sais, cette phrase ne veut absolument rien dire, elle n’a aucun sens, mais c’est pour vous faire ressentir de quelle manière on se retrouve perdu, en perte de repères,  devant la dramaturgie de cette mini-série assez géniale. Et cela s’appuie sur : la neurasthénie apparente des personnages principaux (Lily Chan et son ex-boyfriend Jamie incarné par l’acteur Jin Ha), la très belle qualité des images du chef opérateur Rob Hardy, sans doute fabriquées avec des caméras numériques Ultra HD Next Gen (notamment la caméra Sony CineAlta Venice), la musique enveloppante que l’on doit aux compositeurs Geoff Barrow et Ben Salisbury, et l’opacité certaine des dialogues pour qui n’a jamais mis les pieds dans un campus scientifique.

La science dure fait bien sûr saliver tous les showrunners de la planète (surtout après la pandémie de Covid-19 que nous venons de traverser), alors parsemer les dialogues de sa nouvelle création audiovisuelle pour la télé et les plateformes de SVOD d’un verbiage abscons permet de faire passer la pilule. Car depuis la fin de Game of Thrones (États-Unis/Royaume-Uni, 2011-2019, 8 saisons) l’héroïc-fantasy et le merveilleux médiéval ne font plus recette auprès de personne. Pour le moment. jusqu’à ce qu’une nouvelle pépite vienne prendre le relais (beaucoup misaient sur The Witcher de Lauren Schmidt [États-Unis/Pologne, 2019- , 8 épisodes au moment où l'on se parle] mais la série n’a pas encore eu le succès escompté).

Devs comporte des morceaux de bravoure, à travers des séquences mémorables : les bastons orchestrées par le chef de la sécurité de Devs, Kenton, sont assez éprouvantes ; toutes les scènes qui se déroulent à l’intérieur du cube sont à couper le souffle ; et pendant la majeure partie du show les plans de coupe sur la statue géante d’Amaya, qui figure la gosse du démiurge, disparue tragiquement, insufflent un regain d’énigmatique amplitude. Si bien qu’une fois le premier épisode visionné on ne peut pas s’empêcher de regarder la suite du programme.

Cette série d’anticipation luxueuse laisse bien des arcs narratifs en suspens, et frustre plusieurs catégories de télespectat.eur.rice.s à la fois. Quelle période du passé de l’Humanité aimeriez-vous voir si une intelligence artificielle vous permettait de le faire ? Qu’est-ce qui motive vraiment tous ces personnages, au passé indéfini, de scientifiques géniaux qui ont réussi à infléchir la courbe de notre espace-temps ? [L'anagramme du titre de la série donne en partie la réponse]

Mais qu’est-ce que vous attendez donc ? Précipitez-vous toutes affaires cessantes sur les 8 épisodes de Devs que diable ! Puis reprenez vos cours de première et de terminale S en Mathématiques et en Physique ; pour rire un bon coup, peut-être…

 

 

 

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Le multivers d’Alex Garland : « Devs » (2020)

 

La très gracile actrice, mannequin et ballerine britannico-japonaise Sonoya Mizuno photographiée par Emma McIntyre

La très gracile actrice, mannequin et ballerine britannico-japonaise Sonoya Mizuno photographiée par Emma McIntyre.

Alex Garland a fait du chemin.

Depuis le temps où il écrivait des scénarios pour le réalisateur Danny Boyle, afin d’en faire des films à succès comme 28 jours plus tard (28 Days Later…, Royaume-Uni/Espagne, 2002) ou encore Sunshine (idem, Royaume-Uni/États-Unis, 2007), jusqu’à la mise en œuvre de sa Mini-série TV en 8 épisodes intitulée Devs (idem, Royaume-Uni/États-Unis, 2020), l’auteur britannique est devenu la mascotte d’une science-fiction complexe, auto-référentielle et mondialisée. En mettant en scène, en 8 épisodes de 47 minutes chacun, superbement photographiés (il faut souligner le génie à la fois technique et artistique du directeur de la photographie Rob Hardy qui avait mis en images le très impressionnant Mission: Impossible – Fallout de Christopher McQuarrie, États-Unis/Chine/France/Norvège/Royaume-Uni, 2018), le parcours démentiel d’un génie des sciences et de sa comparse, Alex Garland filme notre réalité tangible comme si elle était une vision surannée de ce qui doit advenir dans un futur proche.

Dans Devs nous sommes aux prises avec ce pur génie spéculatif, du nom de Forest, qui a mis ses compétences scientifiques hors du commun dans une entreprise délirante jamais conçue avant lui ; et il est accompagné dans ce projet fou par une jeune femme, Cathy, tout aussi – si ce n’est plus encore – géniale que lui.

Dans les environs de San-Francisco, un cube high-tech au milieu d’une clairière, ceint par la forêt, qui abrite Devs, acronyme énigmatique, dont les autres employés de Forest ne connaissent absolument rien à son propos, annonce quelque chose, oui, mais quoi ?

Au sein de Devs des petits génies en nombre restreint, triés sur le volet, s’essaient à réaliser l’impensable. Mais un grain de sable va faire son apparition, et va gripper la machine, aussi puissante et autonome soit-elle. Et ce grain de sable se matérialise sous nos yeux avec l’apparition de la figure fantomatique du personnage de Lily Chan. L’underplay acting de l’actrice Sonoya Mizuno est particulièrement intéressant car il nous permet de comprendre que nous sommes en présence de fantômes.

à suivre…

 

 

 

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Le deuxième siècle du cinéma commence maintenant [#3]

C’est un moment que j’attends avec impatience. Et ce moment c’est celui de la réouverture des salles de cinéma (qui a été programmée, de fait, pour le 22 juin 2020).

La sublime actrice Elizabeth Rosemond Taylor photographiée en 1942 par C. S. Bull.

La sublime actrice Elizabeth Rosemond Taylor photographiée en 1942 par C. S. Bull.

Jamais le cinéma, dans son histoire, n’avait connu une telle interruption, une mise sous cloche de cette ampleur. Même un événement considérable comme celui de la seconde guerre mondiale ne l’avait pas réduit au silence. Les cataclysmes guerriers, les mises en place des régimes fascistes et totalitaires, les ombres noires portées du vacillement nucléaire et de la destruction concertée de la Nature depuis août 1945 par les dirigeants politiques et économiques du monde occidental, n’avaient pas réussi à soumettre, à enchaîner, le désir de se rendre dans une salle obscure pour y voir défiler des images projetées sur un grand écran blanc.

La situation du cinéma est terrible aujourd’hui, car nous savons maintenant que les décideurs économiques n’y prêtent plus la moindre attention, et que les chefs de gouvernement ne sont pas des cinéphiles avertis (on n’enseigne pas le cinéma, ou son histoire, à l’École Nationale d’Administration, ni dans les Instituts d’études politiques, ni à Polytechnique et encore moins dans les 3 ou 4 Écoles normales supérieures qui rayonnent encore). D’ailleurs, pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir qui le Président de la République française nomme à la tête des instances audiovisuelles.

De toute façon les pouvoirs publics ont abandonné au Marché le soin de calibrer le goût du public. En matière d’audiovisuel  il n’y a plus d’enseignement patrimonial qui tienne dans leur mode de réflexion, et de gouvernance. L’éducation à l’image, en France, est restée un vœu pieux. Car ma génération, par exemple, n’a pas connu un Henri Langlois, un André Bazin, un Freddy Buache (en Suisse) ou un Roger Tailleur ; celles et ceux qui leur ont succédé à la tête des Cinémathèques et des vraies revues de cinéma qui n’existent plus vraiment désormais, ne se sont pas posé.e.s la question de l’enseignement du cinéma aux enfants de ce pays. Même les socialistes au pouvoir ont favorisé la fracture socio-culturelle en 1984 : en permettant cette année-là à la chaîne cryptée Canal + d’émettre sur le canal 4 du réseau national hertzien, ils favorisaient le renouvellement de la création cinématographique en obligeant la chaîne payante à financer le cinéma français – ça, c’est indéniable, et je suis le premier à reconnaître que c’était une initiative politique de très grande qualité pour la survie de notre cinéma hexagonal – cependant combien de ménages, en 1984, étaient en mesure de se payer un abonnement à Canal + ? D’ailleurs, en 2020, quel est le nombre exact de ménages français qui ont un abonnement à Netflix, à Disney +, à Apple TV ou à Amazon Prime ?

À suivre…

 

 

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Le deuxième siècle du cinéma commence maintenant [#2]

L'intérieur du Dolby Theater sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles

L’intérieur du Dolby Theater sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles.

Pendant le confinement, les professionnels des métiers du cinéma ont évoqué l’idée selon laquelle l’expérience de la salle finira par disparaître.

En effet, les plateformes de VOD et de SVOD, ainsi que toutes les offres numériques proposées par une quantité considérable d’opérateurs, ont amorcé la révolution des modes de diffusion des œuvres depuis un moment déjà. La crise du cinéma (vieux serpent de mer qu’on ne cesse de mettre à toutes les sauces depuis au moins les années 1930 avec l’arrivée du parlant) est surtout la crise de la diffusion traditionnelle des films. Les canaux de diffusion des films ont changé ces vingt dernières années. L’expérience unique du visionnage d’un film en salle deviendra un geste du passé, si rien n’est fait par les pouvoirs publics pour sauvegarder cet usage culturel à mon avis primordial.

Avant l’épidémie, déjà, de nombreuses personnes avaient totalement abandonné le rite culturel d’aller voir un film dans un cinéma près de chez elles. La sortie hebdomadaire (surtout du week-end) qui cimentait la transmission cinéphile parents/enfants n’existait plus que sporadiquement. Elle ne concernait plus que les blockbusters monumentaux, programmés plusieurs années à l’avance : comme le dernier Star Wars, le dernier Avengers, le Disney de saison ou la dernière comédie française à la mode ; et c’est à peu près tout.

Le monde a changé. Et nos idées sur le cinéma ont changé elles aussi. Maintenant chacun trouve sa place dans une chapelle et n’en sort plus.

L’amour du cinéma a été compartimenté, de telle sorte qu’il devient difficile, pour tout un chacun, de sortir de sa zone de confort. Aimer la Blaxploitation des années 70 et 80, est-ce compatible avec la défense du Bis italien de la même période ?

Pourtant des pensées éparses, hétéroclites, variées, hérétiques même, sur le cinéma, il en existe en pagaille. Les bibliographies sont nombreuses, un savoir culturel et spécifique s’est structuré ; un champ intellectuel audacieux a accompagné l’expansion phénoménale du cinéma depuis sa création en 1895 par nos amis Lumière.

À suivre…

 

 

 

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Le deuxième siècle du cinéma commence maintenant

S’il veut survivre à ce qui se passe partout dans le monde depuis 4 mois, le cinéma doit se réinventer. Et pas qu’un peu, mais de fond en comble.

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La pandémie de Sars-Cov-2 qui nous touche sur l’ensemble de la planète a redistribué les cartes. Tous les secteurs de l’activité humaine ont été impactés, durement abîmés. Le monde de l’art, de la culture, n’échappera pas à une complète remise en question de ses modèles à la fois esthétiques et économiques ; ni non plus à une refonte de son fonctionnement, qui depuis trop longtemps ostracise, met de côté, corrompt et infantilise. Aujourd’hui, dans le monde vicié de l’art et de la culture, quelque chose s’est fracassé contre le réel : les baronnies, les chasse gardées, les prébendes aristocratiques, tous les fiefs autrefois avantageusement partagés entre gens de bien (les dynastes autoproclamés), sont en passe de fondre comme neige au soleil.

Ce qui est paradoxal c’est que quelques mois avant le déclenchement de l’épidémie, qui a débuté à Wuhan, en Chine, un film de cinéma asiatique, venant de Corée du Sud, connaissait un succès mondial, à la fois populaire et critique. Ce film, Parasite (Corée du Sud, 2019), réalisé par Bong Joon Ho, avait obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes 2019 ainsi que les très courus Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur film étranger (lors de la 92° cérémonie des Oscars du cinéma du 9 février 2020, qui se tenait au Dolby Theatre à Los Angeles).

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Parasite avait suscité un émoi considérable car son réalisateur avait réussi le tour de force de marier une mise en scène virtuose à un remarquable sens du récit ; il s’agissait d’un stratagème filmique qui vous happait et ne vous lâchait plus. Cela voulait dire qu’il y avait encore de la place dans nos salles de cinéma adorées pour des films exigeants qui aidaient à penser le monde. Qui nous aidaient à mieux appréhender cet univers quotidien parfois cruel, parfois sinistre, qui faisait désespérer la plupart d’entre nous. Parasite est une œuvre cinématographique tellement belle, tellement touchante, qu’elle a ouvert la voie au deuxième siècle du cinéma. En mettant ses pas dans ceux d’un illustre prédécesseur, qui à mon sens, est le tout premier chef d’œuvre, plein et entier, de ce deuxième siècle d’existence du cinéma, que nous appelions de nos vœux : il s’agit du sublime The Assassin (Taïwan/Chine/Hong-Kong/France, 2016) de Hou Hsiao-hsien.

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à suivre…

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La saga « Star Wars », 2e partie

Nous sommes en 2020, nous entamons une nouvelle décennie de cinéma, et l’Épisode 9 de Star Wars, intitulé L’Ascension de Skywalker (J. J. Abrams, États-Unis, 2019) est sorti sur les grands écrans du monde entier depuis plusieurs semaines déjà.

épisode IX

Alors, que faut-il en penser ? Si on fait une rétrospective de l’ensemble de la critique professionnelle on va vite s’apercevoir qu’il y a comme un malaise. C’est-à-dire que la majeure partie des personnes qui ont fait un compte-rendu du film dans la presse ont alterné entre soulagement d’assister au point final d’une saga qui dure depuis 1977 et qu’il ne fallait surtout pas voir s’enliser irrémédiablement dans le n’importe quoi comme la plupart des franchises ciné trop usées, et envie brûlante d’en relever toutes les insuffisances, tous les ratés.

Il y a vingt ans de cela on aurait vu une floraison d’articles dithyrambiques orner les pages des journaux et des magazines ; mais les temps ont changé et même Mad Movies reste sobre sur le sujet dans son numéro de janvier 2020 (#336). Cédric Delelée donne un moyen 3/6 à L’Ascension de Skywalker dans le tableau des étoiles du magazine, et le justifie ainsi dans le compte-rendu qu’il consacre au film à la page 21 : « Reste que malgré sa direction artistique à tomber par terre et la chorégraphie spectaculaire de ses (très) nombreuses scènes de combat, L’Ascension de Skywalker est un film sacrément mal branlé en termes de script. (…) Emprunts permanents au Retour du Jedi, ellipses maladroites à foison, mises à mort de personnages tuées dans l’œuf dès la scène suivante, récit mené à toute allure alors qu’il aurait fallu lui consacrer une heure de plus, éléments de surprise intéressants sur le papier mais bâclés à l’image, gestion épouvantable du retour de Palpatine…« 

Oui, c’est vrai, il est là le nœud du problème (attention SPOILER !!) : la filiation de Rey avec la maison Palpatine semble être née d’un brainstorming organisé par un pool de scénaristes qui voulaient à tout pris s’écarter du chemin tracé par Rian Johnson dans l’Épisode VIII : Les Derniers Jedi (Rian Johnson, États-unis, 2017); dans lequel le postulat nous apprenait que la Force se distribuait d’une manière tout à fait aléatoire à travers la galaxie ; il ne suffisait pas d’appartenir à une famille patricienne pour en être investi.

Non, les démocrates n’ont plus tellement la côte à Hollywood pour le moment.

à suivre…

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Meilleurs vœux 2020

Meilleurs vœux à toutes et à tous pour cette nouvelle année 2020 !

Qu’elle soit remplie de nouveaux films merveilleux à découvrir en salles; et aussi riche en redécouvertes de films plus anciens.

Nos étoiles cinéphiliques continueront de briller bien haut dans le firmament des narrations audiovisuelles.

Et qui de mieux qu’Audrey pour nous accompagner jusque-là.

Audrey Hepburn

Pour ma part je ne vous remercierai jamais assez de lire mes chroniques. Je vais essayer cette année d’être plus régulier dans la publication de mes post, promis.

Et puis surtout n’hésitez pas à commenter et à échanger avec moi ; ça me ferait vraiment plaisir !

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