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« Peur sur la ville » (1975)

Avec Peur sur la ville (France, 1975) Henri Verneul signe au milieu des années 1970 un film policier urbain, nerveux, vif et accrocheur. Le film n’est pas seulement un Belmondo Movie dans lequel on voit l’acteur préféré des français.e.s à cette époque, se livrer à des cascades comme il ne pouvait pas s’empêcher d’en faire à chacune de ses sorties cinématographiques. On le voit par exemple courser le tueur de femmes Minos sur les toits de Paris, ou encore arpenter le dessus du wagon d’une rame de métro ou, pour finir, se suspendre à un hélicoptère de la Gendarmerie nationale.

La séquence mythique du film a lieu sur le toit du célèbre métro parisien.

La séquence mythique du film a lieu sur le toit du célèbre métro parisien.

Tiré d’un roman d’Ed Mc Bain le film raconte la traque par le commissaire de police Jean Letellier, un des cadors de l’Antigang, passé maintenant à la Criminelle, du tueur fou Minos, un criminel qui a décidé d’occire les femmes qui ont une sexualité épanouie, c’est-à-dire une poignée de gentilles filles à la jambe leste. Letellier est aidé dans sa quête, à laquelle il rechigne au début, de son assistant Moissac, un officier de police expérimenté et solide.

Mais l’essentiel n’est pas là, non, mais bien plutôt dans l’idée géniale d’avoir associé en tandem deux des plus charismatiques acteurs français de ce temps : Jean-Paul Belmondo et l’impeccable Charles Denner qui, par ses longs silences, ses regards mélancoliques et son élégance naturelle, équilibre parfaitement l’exubérance – somme toute assez contrôlée dans ce film – de Bébel, qui commençait à devenir ces années-là un produit d’appel pour des productions qui n’étaient plus trop regardantes sur la qualité esthétique. Cependant, au moins jusqu’à la toute fin des années 1980, l’acteur Belmondo réussira à fidéliser son public sur son seul nom, et non sur celui des réalisateurs qui le dirigeaient. Depuis le film de Philippe de Broca L’Homme de Rio (France/Italie, 1964) le public populaire n’avait jamais fait fausse route au comédien et le suivait les yeux fermés dans toutes ses péripéties cinématographiques ; il en était de même pour Alain Delon, l’autre acteur préféré des français.e.s, même si pour ce dernier l’amorce des années 1980 fut plus difficile à négocier. Mais nous reviendrons bientôt plus en détail sur toute cette affaire, c’est promis.

Pour une fois les cascades et les séquences d’action qui jalonnent Peur sur la ville accompagnent le récit et ne se contentent pas de l’illustrer. Par exemple, la séquence de poursuite en voiture, qui voit le commissaire Letellier prendre en chasse dans les rues de Paris, en plein jour, Minos fuyant sur sa Kawasaki, est montée en parallèle avec celle où les flics de l’équipe de Letellier filent en douce un dangereux braqueur de banques. Alors le commissaire doit prendre une décision : soit continuer de filer au train Minos qui a déjà assassiné deux femmes au cours du film, soit aider ses collègues à mettre hors d’état de nuire le lascar qui lui file entre les doigts depuis 5 ans déjà.

D’ailleurs il ne faut pas oublier l’autre grande vedette du film : il s’agit de la fameuse R16 bleue nuit de Letellier et Moissac qui enquille les rues de Paris avec une folle élégance.

Peur sur la ville reste un modèle de thriller urbain efficace qui nous permet d’arpenter les rues d’un Paris méconnaissable, qui n’existe plus, et qui était le territoire exclusif des grands seigneurs du cinéma français de ce temps-là : Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Lino Ventura.

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« Vivre et laisser mourir » de Guy Hamilton [suite]

jb-11 En 1973 on continue d’adapter les romans de Ian Fleming – cet anglais qui créa le personnage de Bond dans ses livres – au cinéma. La source originelle n’était pas encore tarie. Mais les intrigues des livres, particulièrement bien charpentées, recevaient de sérieux coups de rabot quand il fallait en faire des intrigues de films. Car la narration qui est contenue dans un roman (la typologie des personnages, leurs manières de s’exprimer et de dialoguer entre eux, les péripéties qui émaillent une histoire d’espionnage ou d’aventures policières, le crédit qu’on porte à la vraisemblance des situations hautes en couleurs) ne sera jamais identique à ce qui sera gardé dans le scénario, encore moins dans les séquences filmées. Dans le livre de Ian Fleming dont est tiré Vivre et laisser mourir, le personnage de James Bond ressemble à la fois à l’image carnassière qu’en a donné Sean Connery, mais aussi à celle, en fin de compte plus humaine, moins cruelle, développée par Roger Moore à partir de 1973.

De plus, dans les livres de Ian Fleming beaucoup de personnages secondaires sont tués dans d’affreuses circonstances, ou bien mutilés sévèrement ; comme par exemple l’ami de Bond, l’agent américain de la CIA Felix Leiter, qui lui prête main forte à New York pour mettre hors d’état de nuire le sinistre chef politique et contrebandier Dr Kananga, qui sera donné en pâture à des requins qui lui dévoreront un bras et la moitié d’une jambe.

Mais les films estampillés 007 doivent rester grand public (au moins jusqu’à la fin de l’enrôlement de Pierce Brosnan dans le maître rôle) ; on y montre la conséquence de la violence, on n’y filme jamais les exactions violentes les plus outrancières. Et on retrouve aussi certaines scènes des livres de Ian Fleming, un peu transformées, en de certains endroits des films tout au long de la saga : comme par exemple celle des requins qui dévorent intégralement Felix Leiter, un peu après le début de Permis de tuer (Licence to Kill, Royaume-Uni/Mexique/États-Unis, 1989) de John Glen, dans lequel l’acteur gallois Timothy Dalton endosse le costume de 007 pour la deuxième et dernière fois.

timothy dalton as James Bond à suivre…

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« Vivre et laisser mourir » de Guy Hamilton (1973)

201758 Dans Vivre et laisser mourir (Live and Let Die, Royaume-Uni, 1973) du cinéaste britannique Guy Hamilton (qui était né à Paris le 16 septembre 1922) on découvre l’acteur Roger Moore dans le rôle du super-agent des services de contre-espionnage britannique James Bond, pour la première fois. Il est âgé de 46 ans et s’est fait connaître du grand public dans les séries IvanhoéLe Saint et Amicalement vôtre. Il a la lourde tâche de succéder à Sean Connery, premier interprète du mythique agent secret qui possède le permis de tuer 007, et à George Lazenby, lequel n’aura pas convaincu les producteurs  de la franchise, Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, de continuer l’aventure cinématographique en sa compagnie.

C’était une gageure de prendre au pied levé la relève de Sean Connery et de George Lazenby, car Roger  Moore n’avait pas vraiment fait ses preuves au cinéma et il devait maintenant endosser le costume de ce qu’il était convenu d’appeler un mythe cinématographique.

D’autant plus que ses prédécesseurs dans le rôle avaient indubitablement laissé leurs marques ; les sept premiers films de la saga étaient de haute tenue et comptaient au moins 4 chefs-d’œuvre absolus : Bons baisers de Russie (Terence Young, 1963), Goldfinger (Guy Hamilton, 1964), Opération Tonnerre (à nouveau Terence Young, 1965), et le mésestimé (pourtant proche de la perfection) Au service secret de sa majesté (Peter Roger Hunt, 1969).

Cependant, en ce qui me concerne, Roger Moore restera à jamais le meilleur des James Bond, dans la mesure où il est né au personnage en même temps que moi (je suis né en 1973, la même année que Vivre et laisser mourir). Et 12 ans plus tard je découvrais, à l’automne 1985, avec mes yeux d’enfant émerveillé, Roger Moore pour la dernière fois dans le costume de double zéro au cinéma, dans Dangereusement Vôtre (John Glen, 1985) qui n’était hélas pas un des meilleurs de la série ; mais un enfant de douze ans qui ne jure que par le cinéma américain à grand spectacle (alors que les films de la saga, depuis 1962, doivent obligatoirement être réalisés par des cinéastes britanniques, encore aujourd’hui, c’est pourquoi nous ne verrons jamais un Bond être mis en scène par un David Fincher par exemple) ne décèle pas encore très bien les vices de forme dans les productions cinématographiques dont il s’abreuve.

à suivre…

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