Le titre du film est une injonction : Ne regardez pas là-haut ! Et pourquoi ça ? Car une comète, baptisée Dibiasky, découverte six mois plus tôt par un astronome de l’université Michigan State et par sa doctorante, fonce droit vers la Terre. Rien, ni personne, ne saurait vraisemblablement l’arrêter. Si jamais il percute notre planète, cet objet stellaire géocroiseur, d’une envergure de 6 à 10 kilomètres, signerait l’extinction irrémédiable de l’espèce humaine. Mais au vu des réactions délirantes que suscite l’événement à venir, on se demande si au final ce ne serait pas une bonne chose que ça nous arrive.
Cette production Netflix de 2021, scénarisée et réalisée par l’américain Adam McKay, est une pépite à plus d’un titre : elle mêle habilement film catastrophe, comédie à la manière des sketches du Saturday Night Live, film d’anticipation anxiogène et rom-com dont Netflix raffole. Et puis, avec la réélection de Donald Trump à la Maison Blanche (non, pas celle qui abrite l’équipe du Real Madrid) il y a presque deux ans, cette satire féroce du monde politico-médiatique dont nous sommes les pigeons consentants (n’aimons nous pas nous abreuver des images à flux continu de nos chaînes d’infos préférés ?) est diablement troussée : Meryl Streep s’amuse et nous amuse à incarner une Trump au féminin, inconséquente, retorse, machiavélique et tête en l’air au moment où il ne faut surtout pas l’être (son directeur de cabinet de fils, génialement interprété par Jonah Hill, a l’éternité devant lui pour en mesurer toutes les conséquences) ; Mark Rylance incarne un ersatz de multi milliardaire complètement allumé et Cate Blanchett est géniale dans son rôle de grande prêtresse de l’infotainment qui met dans son lit qui elle veut, quand elle veut. Et puis il y a le binôme gagnant Jennifer Lawrence/Leonardo DiCaprio : Leo, dans ses choix de rôle, donne une idée de la prodigieuse vitalité de sa carrière, car en trente années d’activité au sommet il n’a pas commis de faux pas préjudiciable, tant ses rôles sont soigneusement choisis et préparés. Il tourne moins que ses confrères, certes, mais c’est toujours mûrement réfléchi. Il excelle particulièrement dans ce rôle d’obscur professeur d’astronomie qui va devenir bien malgré lui un lanceur d’alertes sexy et adulé. Au grand dam de ses proches. Jennifer Lawrence, elle, nous révèle une facette de son talent qu’on ne soupçonnait pas : elle est un pur génie comique ; c’est elle qui m’a fait le plus rire tout au long du film, car elle est drôle à la manière d’un Peter Sellers ou d’un Steve Martin, ce qui montre l’étendue de sa performance.
Il faut à tout pris regarder Don’t Look Up: Déni cosmique, cette comédie d’anticipation, car elle nous permet de mieux comprendre ce qui nous arriverait si une telle catastrophe devait se produire… en attendant que des extraterrestres bienveillants veuillent bien nous sauver, pourquoi pas ? Pour cela il faut attendre le prochain film de Steven Spielberg, Disclosure Day, pour se remettre de la scène finale de Don’t Look Up, tellement belle et traumatisante à la fois.






