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Ciné 80 : (#2) « Hellraiser : Le Pacte » de Clive Barker

Hellraiser Dans Hellraiser : Le Pacte (1987) de Clive Barker, on fait la connaissance de Frank, jeune homme antipathique en quête de sensations fortes. Sa pratique machiste du plaisir sexuel ne lui suffit plus pour assouvir une soif d’absolue ; même avoir une relation charnelle avec sa belle-sœur la veille du mariage de cette dernière, le laisse profondément insatisfait. C’est pourquoi entrer en possession d’une boîte mystérieuse ouvrant des portes sur d’autres mondes, permettant d’explorer (oh, pas longtemps) d’autres dimensions, va obliger Frank, le séducteur sulfureux, à soumettre ses proches à une farandole de souffrances incommensurables. Et devant nos yeux de spectateurs complaisants se dévoilent, dans les chaudes couleurs de l’époque, les  arcanes secrètes et inviolées du désir, du plaisir, de la douleur libératrice et suffocante. Esclave sexuel de 4 créatures, les Cénobites, Frank va devoir pervertir sa belle-sœur et sa nièce pour essayer de s’en sortir.

Adaptant au cinéma en 1987 son propre roman Clive Barker livrait un chef-d’œuvre immédiat du genre horrifique. Et la copie restaurée du film éditée par ESC rend encore plus magistrale la leçon de mise en scène, où avec peu de moyens un réalisateur débutant propose une vision déroutante de son imaginaire très particulier. S’inspirant des clubs SM du New-York gay des années 80, Clive Barker filme la jouissance opératique de ses personnages gorgés de sang et de liquides tous plus appétissants les uns que les autres, comme la répétition générale avant le chaos à venir, celui d’une orgie débridée orchestrée par les Cénobites pour plier l’humanité à leurs plus étranges desideratas.

Une totale réussite du genre horrifique des eighties délirantes.

 

 

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Ciné 80 : (#1) « L’Effrontée » de Claude Miller

critique-l-effrontee-miller33 En 1985 Claude Miller sort au cinéma L’effrontée, qui est le portrait d’une jeune fille de 13 ans, Charlotte Castang, au début des grandes vacances d’été. L’ennui, la chaleur de l’été, les affres de l’adolescence qui commence, le sentiment de ne pas être compris, de perdre son temps, toutes les avanies de cet âge ingrat sont radiographiées avec tendresse et humour par un réalisateur au sommet de son art. Reprenant le flambeau de ces grands cinéastes qui filmèrent les enfants avec une maestria sidérante (Jean Vigo, François Truffaut, Robert Bresson, Maurice Pialat) Claude Miller réalise un grand film populaire (couronné par un succès mérité en salles lors de sa sortie) qui réconcilie les gens avec un cinéma de qualité, en apparence tout simple, sachant raconter sans jamais ennuyer, les petits tracas du quotidien.

Portrait d’une enfant de 13 ans au milieu des années 80, qui se pose des tas de questions et expérimente en moins d’un mois pas mal d’émotions contradictoires, le film est bouleversant car il fait éclore le talent naturel, sans artifice, de la très jeune Charlotte Gainsbourg. Quand on sait l’immense actrice qu’elle est devenue par la suite on ne peut que se féliciter du choix de Claude Miller de lui confier le rôle éponyme. Et puis retrouver Bernadette Laffont dans le rôle de Léone, à la fois confidente et maman de substitution pour Charlotte et sa petite voisine, est toujours un émerveillement, tant la grâce et le talent de cette comédienne extraordinaire ont imprimé la pellicule.

Visionner ce film c’est aussi se souvenir de qui on était, à 13 ans, au milieu des années 80, qu’on soit fille ou garçon, en Province.

En 1985 j’avais 12 ans, et à chaque fois que je regarde L’effrontée j’ai l’impression que Claude Miller a mis des images sur mes émotions et mes souvenirs de pré-adolescent. Je pense que nous sommes nombreux à considérer ce beau film sensible comme notre madeleine de Proust.

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