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The Movie Hunter présente : « The Mechanic » (1972)

Le Flingueur Dans les années 1970 le réalisateur anglais Michael Winner met en scène ses meilleurs films en compagnie de son acteur fétiche, l’américain Charles Bronson. Tous les deux ensemble ils vont proposer au public une série de thrillers urbains, dans lesquels l’acteur, minéral, taiseux et noueux, affronte les forces noires d’une société capitaliste dérégulée : des sociopathes camés et désœuvrés qui violent des femmes dans Death Wish (1974), des personnes peu recommandables qu’il faut éliminer physiquement pour le compte de l’Organisation dans The Mechanic (1972), un shérif raciste particulièrement coriace dans Les Collines de la terreur (toujours en 1972), ou encore les membres de la mafia de Los Angeles dans Le Cercle noir (1973).

Michael Winner, le dandy anglais, savait filmer Charles Bronson, bloc de virilité à l’état pur, force agissante qui ne verbalisait jamais ses sentiments, mieux que personne : dans The Mechanic (États-Unis, MGM, 1972), ce chef-d’œuvre que les 2 artistes fomentèrent ensemble, au titre français, Le Flingueur, parfaitement adapté pour une fois, et 2 ans avant cette autre œuvre maîtresse, Death Wish, qui allait irriguer tout le cinéma noir américain des 40 années suivantes, Bronson campe le héros taciturne à l’acmé de sa carrière et de son charisme minéral. Tout est dans l’attitude, tout est dans l’attirail : pantalon cintré en pattes d’éléphant (on sort du Flower Power et le rêve hippie a un coup dans l’aile – même constat dans Breezy de Clint Eastwood, sorti un an plus tard, en 1973), chemise bleu ciel d’ouvrier métallurgiste, blouson en cuir noir italien, ajusté, et le cheveu noir de jais mi-long avec une fine moustache latino en prime, et deux petits yeux étincelants de malice, qui vous figent instantanément quand ils se posent sur vous.

Steve McKenna a 44 ans, vit seul dans une superbe maison à Los Angeles, et est le meilleur tueur à gages de l’Organisation. Au début du film, après avoir minutieusement exécuté un contrat, ses employeurs lui demandent de dessouder son mentor, un ami de son défunt père. McKenna n’a aucun remords, il n’hésite pas à occire le vieil homme dans sa voiture, lequel laisse un fils de 24 ans, Arthur Bishop, qui zone dans l’existence, mais qui a du potentiel juge McKenna. Il décide alors d’en faire son associé.

Bien entendu, l’aventure des 2 compères, sanglante, va tourner court. Car dans tout film qui mêle mafia, grand banditisme, et espionnite à l’entourloupe, tout n’est qu’affaire de filiation et de trahison. Même un James Bond aguerri doit parfois se méfier d’un Félix Leiter.

La majeure partie du film se déroule dans les paysages urbains sublimes de Los Angeles et de la Californie des Seventies, et le dernier quart de bobine, éblouissant, plonge nos 2 amis/ennemis dans l’écrin somptueux de Naples et de la Côte Amalfitaine. Jan-Michael Vincent, véritable découverte du film, laissait augurer d’une carrière exceptionnelle, un peu à la manière d’un Jeff Bridges qui accompagnait le grand Clint dans le chef-d’œuvre originel de notre ami Michael Cimino la même année : Le Canardeur (Thunderbolt and Lightfoot, États-Unis, The Malpaso Company, 1974). [Mais nous reviendrons très vite sur toute cette affaire dans un prochain numéro de The Movie Hunter, c’est promis !].

Hélas, Jan-Michael Vincent, le jeune acteur américain, ne confirma jamais les grands espoirs de carrière cinématographique placés en lui, si on excepte les 4 saisons hautement divertissantes et parfaitement recommandables, notamment pour les enfants, de la série télévisuelle Supercopter, entre 1984 et 1987.

Charles Bronson, lui, comme à son habitude, tient la baraque comme personne, et prouvait, en 1974, que son seul véritable rival en matière de comédies d’aventures policières efficacement rythmées et rondement menées, n’était autre que son vieil ami Clint Eastwood.

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Ciné 90 : (#5) « Innocent Blood » de John Landis

Anne Parillaud, dans la splendeur de ses 32 printemps, est merveilleuse dans cet amour de film fantastque américain de haute tenue.

Anne Parillaud, dans la splendeur de ses 32 printemps, est merveilleuse dans cet amour de film fantastique américain de haute tenue.

Il était une fois une jeune actrice de cinéma, française, qui, au début de la décennie 90, avait fracassé le box-office. C’était dans une production Gaumont pilotée par Luc Besson, un jeune metteur en scène de cinéma au succès foudroyant. Le film s’intitulait Nikita (France/Italie, Gaumont/Les Films du Loup, 1990) et son actrice principale s’appelait Anne Parillaud. Elle s’y prenait à merveille pour exécuter des contrats (dessouder des mectons au fusil à lunettes), pour le compte d’une Agence gouvernementale française (non, il ne s’agit pas d’EDF ni de la SNCF). Avec ce rôle incandescent, la jeune actrice de 30 ans enflamma le cœur ardent de toute une génération de cinéphiles. Si bien que de l’autre côté de l’Atlantique, l’immense John Landis s’éprit d’elle à son tour.

Et il lui offrit 2 ans plus tard le leader character dans un film fantastique qu’il désirait mettre en scène. Il s’agissait d’Innocent Blood (1992), une comédie horrifique dans laquelle une jeune et sensuelle vampire donnait du fil à retordre aux mafiosi de Boston.

Curieusement, John Landis ne s’était pas encore attaqué au registre du film de vampires. Pourtant il avait offert un chef d’œuvre indémodable au film de loup-garou avec Le Loup-garou de Londres (An American Werewolf in London, Royaume-Uni/États-Unis, Polygram Pictures, 1981) dix ans plus tôt. Mais le début des années 1990 était au revival chez les suceurs de sang : pendant que son confrère Francis Ford Coppola mettait en chantier son Bram Stoker’s Dracula (Royaume-Uni/États-Unis, American Zoetrope/Columbia Pictures/Osiris Films, 1992) John Landis usinait son Innocent Blood (États-Unis, Warner Bros., 1992).

C’était en réalité un prétexte pour filmer le plus amoureusement du monde sa divine actrice Anne Parillaud, dans la beauté éclatante de ses 32 printemps. Anne Parillaud n’a jamais été aussi belle, aussi sensuelle, aussi magnifiquement filmée que dans cette comédie d’horreur irrésistible. On tombe instantanément sous le charme de la belle Anne dès les premières secondes du générique de début, quand en voix off elle nous susurre à l’oreille combien il est difficile de se faire une place la nuit, au milieu du monde interlope des crapules et des jouisseurs.

On peut voir ce film comme s’il était une version alternative de Nikita, les tics de mise en scène en moins ; car John Landis n’a pas besoin d’imiter le cinéma américain de divertissement, il est, à lui seul, ce cinéma-là (et sa filmographie toute entière parle pour lui : Les Blues Brothers en 1980, Un fauteuil pour deux en 1983, Série noire pour une nuit blanche et Drôles d’espions en 1985, Trois Amigos en 1986, et Un prince à New York en 1988). Lui seul peut-être a su dépoussiérer avec élégance et un sens effréné du rythme les canevas de la comédie américaine soignée. Alors en 1992 John Landis filme sa princesse française avec le même amour qui ruisselait lorsque Jean Grémillon emprisonnait Michèle Morgan et Madeleine Renaud dans sa boîte à images, dans Remorques (France, 1941), le plus beau film du monde.

Qu’est-ce qui fait la beauté ensorcelante d’un film ? La rencontre esthétique entre celle ou celui qui tient la caméra et son alter-égo qui y fait face et consent.

2 ans après le succès phénoménal de "Nikita" Anne Parillaud incendiait le cinéma américain.

2 ans après le succès phénoménal de « Nikita » Anne Parillaud incendiait le cinéma américain.

En cela Innocent Blood est le témoignage magique de la rencontre entre une cinématographie du surréel anglo-saxon et l’incarnation du naturalisme français à son meilleur. Il s’agit d’un amour de film, qui est un écrin parfait pour une merveilleuse actrice de cinéma : Anne Parillaud l’incandescente.

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Envolons-nous vers la « Dune » en 2021

Les Atréides : le Roi, la Reine et le Prince du Sang.

Les Atréides : le Roi, la Reine et le Prince du Sang.

On pouvait légitimement se demander si le brillant réalisateur québécois Denis Villeneuve réussirait son pari fou, risqué et démesuré, de proposer de nouvelles images et une nouvelle bande-son du Space-Opéra littéraire de Frank Herbert.

Après avoir vu le film, la réponse sonne comme une évidence : pari réussi et mission accomplie ! Dorénavant l’univers Dune se décline en 3 propositions, qui loin de s’affronter, se complètent les unes les autres : d’abord il y a le livre du génial écrivain nord-américain, né à Tacoma dans l’État de Washington, publié en 1965, ensuite il y a sa toute première adaptation cinématographique, réalisée en 1984 par David Lynch, pour le compte du truculent producteur italien Dino de Laurentiis, qui a coiffé au poteau le projet titanesque porté par Alejandro Jodorowsky pendant 20 ans, et maintenant voici venir le temps des Reines et des Rois, et des Princes du sang.

Car de quoi parle Dune ? Des multiples possibilités qui s’offrent à un Prince de sang royal, d’inventer sa propre légende à travers des péripéties qui font bouger toutes les lignes d’un Empire Galactique surpuissant.

Paul Atréides est un très beau garçon, comme l’ont été beaucoup de fils aînés de rois et de filles de reines à travers l’histoire de l’humanité (je pense précisément au tout jeune Louis XV, qui était d’une beauté renversante, d’ailleurs on l’appelait le « Bien-Aimé » aux tous débuts de son règne, après ça s’est gâté). Il s’agit d’un jeune homme très séduisant, qui est aimé par son père, le magnanime Duc Leto Atréides, respecté par ses sujets ; il est aussi chéri par sa mère, dont il est le fils unique, Dame Jessica, qui n’est pourtant pas mariée au Duc, ce qui fait grincer des dents dans l’Empire. Mais Dame Jessica est une puissante initiée du Bene Gesserit, un Ordre Mystique et Guerrier extrêmement puissant, exclusivement féminin, que même l’Empereur Padishah redoute.

Pour l’heure la famille Atréides (bien entendu la référence à l’époque archaïque de la Grèce ancienne n’est pas fortuite) vit en bonne harmonie avec ses sujets sur sa planète Caladan, qui est faite de hautes mers, de vastes océans et d’un climat doux et tempéré. Cependant l’Empereur va rompre cet équilibre en décidant que l’exploitation de l’épice sur la planète des sables Dune revienne à la famille Atréides. Ainsi la famille du Baron Harkonnen, qui depuis des années pille les ressources de Dune, doit laisser la  place. Les Harkonnens ne vont pas supporter d’être écartés, et les Atréides, en s’installant sur Dune doivent s’attendre à subir leur courroux. Pendant ce temps Paul Atréides doit commencer à prendre ses responsabilités, notamment en assistant son père, pendant le Conseil. Dame Jessica sait que le destin est en marche et que son ordre, qui régule méchamment les équilibres stellaires, ne sera pas forcément de son côté.

La puissante Dame Jessica (interprétée tout en finesse par la délicieuse Rebecca Ferguson) est une Bene Gesserit.

La puissante Dame Jessica (interprétée tout en finesse par la délicieuse Rebecca Ferguson) est une Bene Gesserit.

Le film de Denis Villeneuve parle donc de cela, dans cette première partie qui est une longue scène d’exposition (cette adaptation de Dune doit normalement être une trilogie), de la capacité réelle d’un tout jeune homme à endosser le costume terrifiant de Roi : on a beau avoir été choyé d’abord, entraîné durement au combat au corps à corps ensuite entre les murs du Palais, une fois que le cours tumultueux de l’histoire a pénétré avec fracas dans les coursives, il faut incarner jusqu’à la dernière goutte de sang le rôle pour lequel on a été préparé depuis le berceau.

Dune (États-Unis/Canada, Warner Bros/Legendary Pictures, 2021) nous parle de cela : de la difficile acceptation du défi à relever quand tout s’écroule autour de soi, que la nuit se fait plus noire, plus froide et plus envahissante que nos craintes les plus exagérées. Paul a été préparé, sans le savoir, au dur métier de régner, à la fois par son père et par sa mère, qui l’aimaient même sans tout cela, mieux encore, ils l’avaient préparé du mieux qu’ils pouvaient à cette tâche difficile qui nous concerne toutes et tous : le dur métier de vivre.

Dune est un film admirable.

 

 

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Cette année (2021) amusez-vous en compagnie de Steve Martin, Selena Gomez et Martin Short !

Le légendaire acteur comique et dramatique américain Steve Martin en pleine réflexion.

Le légendaire acteur comique et dramatique américain Steve Martin en pleine réflexion.

Only Murders in the Building (2021) est une série télévisée de Steve Martin et John Hoffman, diffusée aux États-Unis sur Hulu, et en France sur la plateforme Star de Disney+ France.

Dans cette série formidable, dont chaque épisode n’excède pas 40 minutes, on s’attache à trois personnages qui vivent dans le même immeuble, l’Arconia, situé à Manhattan, et qui décident de créer un podcast sur les crimes irrésolus, suite à la mort d’un de leurs voisins. Les deux acteurs américains Steve Martin et Martin Short – qui sont des génies comiques, dont la carrière cinématographique inventorie le genre comique américain porté à son point de perfection – font équipe avec la jeune comédienne Selena Gomez, qui trouve dans cette production son premier vrai rôle important.

L’enquête que mènent l’acteur de télévision Charles-Haden Savage, le producteur off-Broadway Oliver Putnam et la mystérieuse Mabel Mora, pour savoir qui a éliminé leur très antipathique voisin Tim Kono, donne lieu à une succession de scènes irrésistibles de drôlerie et de malices. Le duo formé par Martin & Short est un condensé de ce que la comédie américaine apporta de sang neuf dans les films comiques des années 1980 et 1990 ; ajouté à cela, la performance de Selena Gomez constitue un apport de poids, et le duo devient trio, et ce trio comique relance la veine américaine qui jusqu’alors était la chasse-gardée de Woody Allen. Mais depuis maintenant quelques années, le new-yorkais à lunettes le plus célèbre se débat avec des affaires judiciaires et des accusations en pagaille qui ne lui permettent plus de se mesurer à celles et à ceux qui réinventent la comédie à la télé ou au cinéma aujourd’hui.

Only Murders in the Building est un rafraichissant spectacle qui mêle intelligemment enquête sur le fil du rasoir à la Agatha Christie, vaudeville malicieux et tranche de vie de quelques spécimens new-yorkais pourris gâtés qu’on adore détester. 

En plus, dans l’épisode 4 de la 1ère saison, sobrement baptisé The Sting (et qui à mon humble avis est appelé à devenir un classique de la production télévisuelle des années 2020) on a droit à une très belle performance, délicate et émouvante, de la part d’un Steve Martin dont je n’hésite pas à dire ici qu’il demeure un des plus merveilleux acteurs américains en activité.

Si ce n’est pas encore fait, précipitez-vous vers cette série qui contient 1 saison en 10 épisodes pour le moment. Vous ne le regretterez vraiment pas.

Parole de Movie Hunter !!!

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The Movie Hunter : présentation

L'extraordinaire acteur de cinéma Paul Muni dans "Scarface" (1932) d'Howard Hawks.

L’extraordinaire acteur de cinéma Paul Muni dans « Scarface » (1932) d’Howard Hawks.

Cette rubrique se propose d’explorer – en profondeur et en toute humilité – la magnifique histoire du film noir, du film policier, du thriller, de la comédie policière, qui met en scène des spécimens d’actrices et d’acteurs parmi les plus flamboyant.e.s du 7e art.

Sous le terme générique de film noir j’inclue aussi bien le film policier traditionnel que le film d’enquêtes, le thriller ou encore la comédie d’aventures policières. Le vocable film noir a l’avantage de donner tout de suite une image assez nette d’un genre protéiforme qui possède une belle popularité. À l’inverse du western le film policier n’est jamais tombé en désuétude, et en 2021 il n’est pas rare de croiser sa route dans nos salles adorées de cinéma. Chaque nouveau film du genre noir active de facto la belle machine à souvenirs cinématographiques.

Alors allons-y : je suis le Movie Hunter et cette passion ardente pour les films noirs et policiers ne me quittera jamais.

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« Black Widow » (2021) ou L’étoffe des femmes

Black Widow_affiche officielle

Un des posters officiels du film, par Walt Disney Pictures et Marvel Studios.

Dans la galaxie étoffée des films Marvel Black Widow (États-Unis, Marvel Studios, 2021), de la réalisatrice Cate Shortland, est un vrai coup de semonce : car il annonce des bouleversements en profondeur à venir dans le Marvel Cinematic Universe. En effet, chez Marvel les femmes prennent maintenant le pouvoir et c’est tant mieux. Car la Maison des Idées avait un train de retard sur sa concurrente DC Comics. Cette dernière avait offert un écrin au genre super-héroïque féminin en donnant la tunique de Wonder Woman à la sculpturale Gal Gadot, à travers 2 films essentiels, réalisés par Patty Jenkins à seulement 3 ans d’intervalle : Wonder Woman (États-Unis/Royaume-Uni, Warner Bros., 2017) et Wonder Woman 1984 (États-Unis/Royaume-Uni/Espagne, DC ComicsDC Entertainment, 2020).

Ces 10 dernières années les actrices Scarlett Johansson, Gal Gadot et Brie Larson, à travers leur jeu ensorcelant, avaient chacune d’entre elles offert une icône féministe puissante aux jeunes filles d’aujourd’hui. Marvel avait donc répondu du tac-au-tac à DC Comics en proposant le très chouette Captain Marvel en 2019 (États-Unis/Australie, Marvel StudiosWalt Disney Pictures). Mais aujourd’hui les 4 nouvelles Reines à Hollywood sont la réalisatrice Cate Shortland et ses 3 effervescentes comédiennes Rachel Weisz, Scarlett Johansson et Florence Pugh.

Black Widow dans son pré-générique (hommage bienvenu à la franchise James Bond 007) démarre en 1995, dans l’Ohio. Dans une banlieue résidentielle on y voit une mère en compagnie de ses deux filles, Natasha et Yelena. Elles son toutes les trois à l’extérieur de la maison, et la maman explique à ses enfants ce que sont les lucioles, qui volètent tout autour d’elles dans un parc arboricole. On sent déjà que nous avons à faire à une scientifique de haut vol quand Rachel Weisz parle aux gamines. Un peu plus tard dans la soirée, le père rentre du travail et annonce à son épouse et à ses deux filles que le moment tant redouté est arrivé : il faut s’en aller sans tarder, tout laisser derrière soi et ne pas se retourner. La vie américaine paisible au milieu des Nineties, terminé ! Pour la mère et ses deux filles, il s’agit là de la première expérience, consciente, de la brutalité des hommes sur les femmes…

To be continued…

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Looking for Cannes

L'affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de cannes.

L’affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de Cannes.

Cette épidémie de Covid aura déplacé les lignes : désormais un Euro de football baptisé Euro 2020 se déroule en 2021, et le Festival de Cannes a lieu au mois de juillet, comme le Tour de France cycliste qui, du reste, s’était déroulé en septembre l’an dernier. C’est à n’y rien comprendre !

Pourtant, cette année 2020, qui aura été une année blanche pour beaucoup de manifestations culturelles, fait figure de borne sur laquelle il faut s’appuyer pour comprendre les bouleversements induits par la pandémie de Sars-COV-2.

Cette année blanche aura permis, par exemple, de laisser aux pouvoirs publics en France le temps de statuer pour obliger les géants américains de l’audiovisuel numérique à financer la production cinématographique hexagonale : depuis le 1er juillet 2021 les plateformes américaines NetflixDisney+Amazon Prime et Apple TV+ doivent « légalement participer au financement du cinéma français« . [sources = Olivier Milot dans Télérama n°3730 daté du mercredi 7 juillet 2021 – article : Nouvelle manne ]

Dès à présent ces plateformes hégémoniques, qui ne voulaient pas partager les parts du gâteau, vont devoir lâcher de l’argent, beaucoup d’argent (Netflix par exemple « devrait payer de 150 à 200 millions d’euros par an » pour « booster la création » française. [sources = id. Olivier Milot] D’un côté ces plateformes financeront une partie de la production audiovisuelle du pays hôte, et de l’autre, en s’acquittant de ce genre de taxe, elles continueront de s’exonérer du respect de la chronologie des médias. Ce qui fait que les plateformes de streaming produiront de plus en plus de films français qui enrichiront et alimenteront leur catalogue à l’international – avec cette plus-value chic que confère l’estampillage film et cinéma français depuis la Nouvelle Vague - mais ces films ne bénéficieront d’aucune sortie en salles en France. Qui est le dindon de la farce, au juste ? Alors on est en droit de poser une question polémique comme celle-ci : qui fait la notoriété du comédien Omar Sy aujourd’hui dans le monde entier ? Quelques épigones de la comédie française subventionnée par les consortiums audiovisuels TF1/M6Groupe CanalEuropaCorp ? Ou bien les américain.e.s qui vont permettre que l’exception culturelle française continue bon an mal an d’exister ?

Cependant Cannes et son Festival international du film reste à ce jour la plus séduisante vitrine du cinéma mondial. Certes, il s’agit d’un cinéma d’auteur mondialisé, dont le discours sirupeux et les intentions idéologiques agacent plus qu’à leur tour, mais aucun autre endroit au monde n’offre l’illusion de sentir vraiment les stars de cinéma, de laisser entendre le son qui se dégage de la chambre d’écho puissante que représente un plateau de cinéma ; nul autre endroit au monde ne peut se permettre d’offrir une palme d’or à la plus française et francophile des actrices américaines (ou bien est ce l’inverse ?), Jodie Foster en majesté, par le plus délicat des cinéastes de la vieille Europe, Pedro Almodóvar le castillan incandescent.

Au regard de son histoire, depuis son édition fantôme de 1939 voulue et pensée par Jean Zay, le Festival de Cannes reste aujourd’hui ce dont nous avons le plus besoin quand l’été vient.

À suivre…

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À propos de « Star Wars » [#1]

Star Wars À mon sens la première trilogie Star Wars reste inégalée aujourd’hui (en juin 2021) car elle a respecté un ordre chronologique précis : 3 années entre chaque nouveau film. 1977 = le tout premier Star Wars sort sur les écrans de cinéma ; 1980 = L’Empire contre-attaque lui succède ; et enfin 1983 = Le Retour du Jedi clôt en majesté la trilogie. 

Remontons un peu dans le temps, jusqu’au début des années 1970 à Hollywood : George Lucas, quand il est étudiant en cinéma à USC (University of South California), réalise un film de fin d’études sous la supervision de son professeur Irvin Kershner. Ce dernier l’encourage à le développer pour en faire un long-métrage de cinéma. En même temps, un autre jeune cinéaste brillant, Francis Ford Coppola, approche George Lucas et décide de produire son « petit film » avec sa propre société de production American Zoetrope. Ainsi THX 1138, le premier long-métrage de George Lucas sort sur les écrans en 1971 et fait parler de lui.

Si bien que le patron de la 20th Century Fox, Alan Ladd Jr, s’intéresse à lui et décide de l’avoir dans son écurie. George Lucas enchaîne ainsi avec la réalisation de son 2e long-métrage, lequel évoque ses souvenirs d’adolescence : il s’agit d’American Graffiti (1973) qui prouve que ce jeune réalisateur peut mettre en images, en son et en musiques une comédie extrêmement bien ficelée et audacieuse. Et cela juste après avoir mis en boîte un film de S.-F. dur et expérimental qui a décontenancé le public.

En misant sur George Lucas Alan Ladd Jr a senti tout le potentiel extraordinaire du jeune homme. C’est pourquoi il accepte de financer le projet suivant de son poulain après avoir lu un premier traitement de 14 pages intitulé The Star Wars. Le budget alloué à ce projet se monte à 100 000 dollars seulement. Les choses vont alors s’enchaîner très vite dès la signature du contrat de mise en pré-production.

To be continued…

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Ciné 80 : [#1] « Runaway Train » (1985)

Jon Voight aux prises avec la furie des éléments déchaînés contre lui.

Jon Voight aux prises avec la furie des éléments déchaînés contre lui.

Quand il accepte de mettre en scène Runaway Train (États-Unis, Northbrook Films, 1985) sur un script d’Akira Kurosawa pour le compte de la Cannon, fondée en 1979 à Hollywood par les producteurs israéliens Menahem Golan et Yoram Globus, le soviétique Andrei Konchalovsky, qui est diplômé de l’École de cinéma de Moscou en même temps que son ami Andreï Tarkovski, a déjà réalisé un film aux États-Unis. Il s’agit de Maria’s Lovers (États-Unis/Israël, The Cannon Group, 1984) qui met en vedette Nastassja Kinski, alors âgé de 23 ans, dans le rôle de Maria Bosic ; à cette époque la fille de Klaus Kinski est une actrice incandescente qui a transcendé le cinéma des années 1970 et 1980 à travers ses performances exceptionnelles dans ce film du réalisateur soviétique et dans Tess (Royaume-Uni/France, Renn Productions, 1979) de Roman Polanski, La Féline (Cat People, États-Unis, RKO & Universal Pictures, 1982) de Paul Schrader et Paris, Texas (République fédérale d’Allemagne/France/Royaume-Uni/États-Unis, Argos Films, 1984) de Wim Wenders.

Cette fois Andrei Konchalovsky s’attaque à un pur film d’action et d’aventures ferroviaires. Dans les décors glacés naturels de l’Alaska (il faisait – 35° au moment du tournage) on assiste à l’évasion de 2 détenus d’un pénitencier de Haute-Sécurité. Manny, un prisonnier-vedette qui a osé défier le directeur sadique de la prison, Ranken, et Buck, un jeune blanc-bec champion de boxe, ont mangé de la vache enragée. Ils réussissent, en provoquant des émeutes violentes au sein du pénitencier, et après quelques péripéties enneigées, à sauter dans un train de marchandises massif qui fend les étendues glacées comme d’autres frayent avec le mauvais œil.

Mais au moment où nos deux lascars se croient tirés d’affaire et en chemin (ou plutôt sur rails) vers la liberté, le conducteur du train meurt d’une crise cardiaque. Le train, incontrôlable, prend de plus en plus de vitesse, les freins lâchent, les aiguilleurs, désemparés, s’engueulent, et Manny et Buck assistent impuissants, de l’intérieur, à cette folle embardée (à plus de 136 km/h) dans ce paysage sublime et hostile de l’Alaska.

Nos 2 personnages sont pris au piège, et vont devoir recueillir, avec réticence au début, la mécanicienne du bord, jouée avec beaucoup d’entrain par cette excellente actrice que nous aimions énormément pendant les années 1980 et 1990 : Rebecca De Mornay [elle avait notamment joué Milady dans le remarquable Les trois mousquetaires (The Three Musketeers, Autriche/Royaume-Uni/États-Unis, Walt Disney Pictures, 1993) de Stephen Herek]. Ces trois alliés de circonstance vont devoir défier le piège à grande vitesse qui menace de les engloutir, pour notre plus grand plaisir…

À suivre…

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Les westerns mythiques : [#3] « Tombstone » (1993)

Les solides interprètes masculins de ce très beau western au classicisme parfaitement assumé : Val Kilmer, Kurt Russell, Bill Paxton et Sam Elliott.

Les solides interprètes masculins de ce très beau western au classicisme parfaitement assumé : Val Kilmer, Kurt Russell, Bill Paxton et Sam Elliott.

Filmer une nouvelle fois la geste d’anciens représentants de la loi, qui affrontèrent en 1879 une bande de mercenaires sociopathes, permettait durant les années 1990 de revisiter un moment fort de la mythologie des États-Unis. C’est ce qu’a entrepris le réalisateur américain d’origine grecque George Pan Cosmatos dans son impeccable Tombstone (États-Unis, Dolby StereoTechnicolor) en 1993.

Pendant cette décennie miraculeuse pour le cinéma hollywoodien, on s’occupait de redynamiser le mythe des figures incontournables de l’Ouest : le réalisateur baroudeur Walter Hill proposait la même année que Tombstone sa vision des faits et gestes de Geronimo (Geronimo : An American Legend, États-Unis, Dolby Stereo70 mm printsPanavision anamorphique, 1993), tandis que Kevin Costner s’intéressait aux Sioux dans Danse avec les loups (Dances with Wolves, États-Unis/Royaume-Uni, Panavision anamorphique, 70 mm, 1990)  et que Lawrence Kasdan s’intéressait lui-aussi au fameux règlement de compte à OK Corral un après la proposition de Pan Cosmatos, dans son téméraire (et sublime également) Wyatt Earp (États-Unis, Dolby, TechnicolorPanavision anamorphique, 1994.

Avant que le vingtième siècle ne laisse sa place au suivant, il fallait faire à Hollywood un dernier tour d’horizon dans les pays des plaines et des empires Apaches, Comanches et Sioux. Il fallait revoir de plus près la geste des nations indiennes, et puis celle aussi des colons des vastes territoires du Centre et de l’Ouest, il fallait parfaire sa connaissance des événements historiques avec lesquels s’était édifiée la civilisation des États-Unis d’Amérique.

George Pan Cosmatos a décidé de raconter l’histoire de ce fameux règlement de compte à OK Corral en jouant avec un classicisme maîtrisé sur les interactions qui se développèrent entre les différents protagonistes : par exemple la relation de franche camaraderie qui existe entre les 3 frères Earp est nuancée par la distance qui s’opère entre les 2 belles-sœurs et la compagne inquiète de Wyatt. D’autre part la relation d’amitié qui soutient le partenariat guerrier entre Wyatt Earp et la plus fine gâchette de l’Ouest Doc Holliday, est contrebalancée par la progression, tout au long du film, de la tuberculose de ce dernier.

L’ombre de la mort, violente, fatidique, imprescriptible, accompagne chaque plan du film, car dès les premières minutes nous assistons au massacre d’un federale mexicain et de toute sa famille au moment de son mariage, sur le perron de son église. Les hors-la-loi ne respectent plus les saints sacrements, et vont transporter leur ignominie de l’autre côté du Rio Grande. Les foulards rouges préfigurent  les rivières de sang qui couleront bientôt dans le corral de Tombstone.

Mais à Hollywood filmer une histoire, aussi passionnante soit-elle, c’est avant tout filmer des visages, des postures, des attitudes, et aussi des conversations.

Pour cela il faut avoir en sa possession de magnifiques comédiennes comme Dana Delany, Paula Malcomson, Lisa Collins, et Dana Wheeler-Nicholson, qui toutes quatre ensemble sont de la carrure d’une Gene Tierney ou d’une Veronica Lake. Ensuite Kurt Russell, Val Kilmer et Michael Biehn par exemple, n’ont jamais été aussi magnétiques et ardents. 

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