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Allez, viens prendre le train, quoi ?! (2/2)

Image-1024-1024-3696932 Dans un train couchette on fait aussi parfois l’amour, et peu nous chaut alors les frimas de l’hiver, les dévaluations monétaires et les contestations, ou même l’encombrement des voies. La CGT/Cheminots peut bien faire grève à longueur d’intersaison, pour défendre une profession dont nous avons besoin, dormir dans une couchette de la Société des wagons-lits, et y faire des galipettes, reste une expérience inoubliable qu’il faut s’offrir au moins une fois. Ce ne sont pas les différents interprètes de James bond qui diront le contraire. D’ailleurs un film de l’agent double zéro est totalement réussi quand sa scène de train l’est tout autant.

Mais l’autre versant, beaucoup moins attractif, est celui de la manière noire de l’embarquement : quand prendre le train s’apparente à une descente aux enfers. On peut faire des rencontres déplaisantes dans un compartiment, être coincé sur la banquette entre des individus patibulaires qui fomentent un mauvais coup. Si, du reste, un wagon postal est attaché au vôtre, il y a de quoi vous faire du mauvais sang, car les attaques de train qui convoient de l’argent sont monnaie courante au cinéma (oh le vilain jeu de mots !). Par contre, il suffit de regarder La Grande Attaque du train d’or (The First Great Train Robbery, 1978) pour mesurer ce qu’a de terriblement ciné-génique un train qui roule à vive allure dans la campagne, surtout quand on marche sur le toit des wagons, en équilibre instable, en même temps.

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Dans ce film génial qui se déroule à Londres en 1855, un train est affrété tous les mois pour acheminer la solde des soldats britanniques qui se battent sur le front de Crimée. Il s’agit de 25 000 livres sterlings en lingots d’or. Un escroc, Pierce, s’associe à sa maîtresse Miriam et à un autre malfrat nommé Agar, pour tenter l’impossible, qui n’a encore jamais été réalisé : voler le magot à bord du train en marche. Mais bon, pour Sean, quand on lui demande « Jamais plus ? » il rétorque « Jamais plus jamais » (Never Say Never Again, Irvin Kershner, 1983) et revient par conséquent aux affaires courantes 5 ans plus tard dans ce remake rutilant et bondissant d’Opération Tonnerre (Thunderball, Terence Young, 1965), qui en soi était déjà un chef d’œuvre absolu. Mais bon, là je m’égare un peu, non ?

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Bref, à la fin du film de Michael Crichton, pendant le procès de Peirce, qui a été arrêté auparavant à la gare de Folkstone, quand le juge lui demande pourquoi il a décidé de voler les 25 000 livres sterlings, ce dernier répond : « Je voulais l’argent. » Et cette réplique sibylline fait éclater de rire les spectateurs du tribunal ; et font sur le champ de Peirce, le malfrat uniquement motivé par l’appât du gain, avec ses complices Miriam et Agar, les héros du peuple révolté contre l’oppression (celle de le société victorienne corsetée de 1855) et la bienséance de classe.

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Ciné 90 : (#1) « Créatures féroces » de Robert Young et Fred Schepisi

La fine équipe d'Un poisson nommé Wanda remet ça.

La fine équipe d’Un poisson nommé Wanda remet ça.

 Créatures féroces (1997) de Robert Young et Fred Schepisi, met à nouveau en scène la fine équipe du carton planétaire Un poisson nommé Wanda (1988), heureux mélange entre humour Monthy Pythons et comédie américaine à la Mel Brooks. C’est pourquoi neuf ans plus tard le studio Universal a mis en chantier une fausse suite, car si quelques protagonistes, et pas des moindres, restent les mêmes, l’histoire change du tout au tout par rapport au premier opus. Ce qui fait à la fois la force du film (on plonge Jamie Lee Curtis, John Cleese, Michael Palin et Kevin Kline dans un nouvel environnement, un zoo) mais aussi sa faiblesse (pas facile d’imaginer une histoire terriblement drôle dans ce contexte). Si les tribulations de cambrioleurs qui cherchent à se doubler les uns les autres est une des figures narratives que les scénaristes et réalisateurs anglo-saxons affectionnent (les Ocean Eleven et consorts par exemple), raconter les tribulations d’une équipe de gardiens de zoos, de son directeur, et des dirigeants d’une boîte à qui appartient ce même zoo, jouant sur le clivage américains bourrins pleins aux as et gentils hurluberlus britanniques, cela ne donne pas assez de relief pour en faire une comédie vraiment drôle ; en plus les scènes avec les animaux ne fonctionnent pas la plupart du temps, sauf une fois : quand le nouveau directeur du zoo interprété par John Cleese, planque les cinq animaux adorables dans sa chambre et dans sa salle de bains. D’ailleurs, à mon avis, la vrais star du film, reste le lémurien Rollo !

Par ailleurs, même si la composition de John Cleese reste de bon aloi, et si Jamie Lee Curtis est tout aussi séduisante et sexy que dans Un poisson nommé Wanda de Charles Crichton, le double numéro de Kevin Kline (par ailleurs acteur absolument génial) ne fonctionne pas ici, car trop caricatural, le magnat qu’il interprète est trop vulgaire (n’empêche que Trump doit ressembler plus ou moins à ça), et son fils trop niais pour être vraisemblable. Finalement, le film est une demi-réussite, même s’il laisse un agréable souvenir : celui d’une comédie qui donne le dernier mot (mais de manière amorale) aux employés face aux tenants du libéralisme le plus dégueulasse et aux représentants de l’ordre qui pour le coup passent pour de gentils neuneus !

Mais en ces temps indéfinissables, noirs comme une nuit de Walpurgis, même une comédie pas follement drôle comme celle-ci, arrive quand même à faire un bien fou. Et c’est déjà beaucoup !

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