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« Détective Dee, le mystère de la flamme fantôme » de Tsui Hark (2010)

 

Le réalisateur Tsui Hark en compagnie de son impératrice, l'extraordinaire  Carina Lau.

Le réalisateur Tsui Hark en compagnie de son impératrice, l’extraordinaire Carina Lau.

Dans les années 1990 on a découvert, en France, une cinématographie exceptionnelle qui venait d’Extrême-Orient. Les passeurs de HK Vidéo, qui prenaient le relais de la défunte et mythique revue de cinéma Starfix, faisaient découvrir un registre visuel stupéfiant, avec des personnages hauts en couleur qui volaient littéralement dans les airs quand ils se pourchassaient, ou qu’ils combattaient les uns contre les autres.

Alors, parmi cette ribambelle de réalisateurs (hélas, les femmes réalisatrices n’étaient pas mises en avant en ce temps-là) on faisait connaissance avec trois d’entre eux, qui représentaient la Sainte-trinité du cinéma d’action atmosphérique de Hong-Kong : Tsui Hark, John Woo et Johnnie To.

Aujourd’hui, en 2023, cela fait assez longtemps que Hong-Kong a été rétrocédée à la Chine par le Royaume-Uni (le 1er juillet 1997 plus exactement) ; et en 26 ans, l’industrie du cinéma hongkongaise a dû rentrer dans le rang, sinon… Pourtant, en mettant en scène les aventures du célèbre détective Dee, extrêmement populaire dans toute l’Asie, dans tous les pays de l’Extrême-Orient, ce personnage qui officiait sous les ordres de l’Impératrice Wu Ze Tian sous la Dynastie Tang, à la fin du VIIe siècle apr. J.-C., Tsui Hark offre une nouvelle épopée à son public chinois, après les différents épisodes de sa saga Il était une fois en Chine (de 1991 à 1997).

C’est en 2010 que sort sur les écrans cette toute première aventure au cinéma du fameux détective, popularisé en littérature par les romans du Juge Ti de Robert van Gulik. Dans le film de Tsui Hark on va suivre les pérégrinations de Dee, qui est au début du film un ancien proscrit, et qui pendant huit ans arpenta les profondeurs de la Cité impériale car il était un virulent opposant à la Régente. Mais ces huit années ont passé et la Régente, qui s’apprête à revêtir la couronne, le fait appeler à son service sur la demande du Grand-prêtre (à travers un cerf qui parle – malin, tiens !). Car Dee est le seul, quand bien même il fût un opposant politique coriace, qui pourrait résoudre l’énigme des combustions spontanées qui endeuillent le palais de la Régente Wu.

En se reportant 1400 ans en arrière le malin Tsui Hark dresse le portrait de deux personnages charismatiques, le détective et la future impératrice, qui apprennent à composer l’un avec l’autre. Oui, d’accord, mais dans l’intérêt de qui ? 

Sous la luxuriance du spectacle, sous les couleurs chatoyantes des costumes et la laque des décors, on voit se dessiner sous nos yeux ravis une histoire cornélienne en diable, qui pose la question suivante : au bout de combien de morts violentes, par torture ou au terme d’un combat farouche, un dignitaire peut-il espérer laver sa conscience, au nom de la Raison d’État ? La Reine-mère observe ses pantins s’agiter dans tous les sens, le Grand-prêtre pontifie mais révèle bien des secrets sans le vouloir, l’opposant politique s’entête à rester sain d’esprit, tandis que l’opposant militaire n’est pas le félon que l’on croit. Le traître, lui, est tapi dans l’ombre, mais qui prend la mesure de quoi ? et pour quoi faire ?

Laissez-vous porter par la magie opératique du cinéma High-quality de Hong-Kong et des autres pays qui le bordent, car il s’agit des seules cinématographies qui comptent aujourd’hui.

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