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Courir à en perdre haleine : « Un enfant de Calabre » de Luigi Comencini (1987)

un enfant de calabre Un enfant de Calabre (Un ragazzo di Calabria, Italie/France, 1987) est un film important de Luigi Comencini. Il marque une apothéose dans la carrière, longue et prestigieuse, de ce cinéaste italien qui a fait partie de ces personnalités très importantes du cinéma transalpin d’après-guerre. Pendant longtemps Luigi Comencini a été considéré comme un petit maître du cinéma. Il n’y a rien de plus faux, car son cinéma, sans esbroufe, d’une simplicité désarmante, rend compte avec beaucoup de délicatesse de ce qu’est l’expérience de vivre, précieuse et fragile à la fois.

Dans ce film qui date de 1987 on se prend d’affection pour un garçon qui adore courir à travers les champs, en rase campagne. Il est le fils aîné d’une fratrie, son père et sa mère sont des gens modestes qui vivent dans un hameau de Calabre. Plutôt que prendre le bus de ramassage scolaire qui l’amène à l’école, Mimi préfère y aller en courant, pieds nus. Le chauffeur du bus le repère et, impressionné par l’endurance et la vivacité de Mimi, décide de l’entraîner afin d’en faire un futur champion de courses à pied. Mais devant la résistance farouche du père, il va falloir ruser pour aider Mimi dans sa quête de la foulée parfaite.

L’histoire est simple comme bonjour et pourtant elle réactive avec bonheur tous les mythes gréco-latins qui font le sel de notre culture. Les paysages de la campagne calabraise, que Comencini a filmés en été, participent de la narration ; on se croirait presque dans un film de Pagnol tant la délicatesse du propos se marie à merveille à l’interprétation haut de gamme donnée par le merveilleux acteur de cinéma italien Gian Maria Volontè.

En jouant le rôle de Felice, ce chauffeur de bus qui se fait passer pour un ancien champion de course à pied qu’un maudit accident à la jambe dans sa jeunesse aurait détourné de son destin tout tracé, Gian Maria Volontè ajoute un personnage attachant à une filmographie à l’époque déjà bien fournie.

Ce film sensible de Luigi Comencini est une pure merveille.

 

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Les débuts d’un maestro : Sergio Leone

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Dans Le Colosse de Rhodes (Italie, 1961) réalisé au pied levé par Sergio Leone, avant qu’il ne devienne mondialement célèbre grâce à sa trilogie du dollar quelques années plus tard, un chef militaire athénien, Darios, en villégiature à Rhodes, célèbre port sur la Méditerranée qui érige son colosse, une des 7 merveilles du monde de l’antiquité, va être pris malgré lui au milieu d’une conspiration de rebelles qui veulent faire tomber le régime autoritaire et cruel du Roi de Rhodes, Xerxès.

Au début du film Darios, invité par le roi Xerxès en tant que héros de guerre grec pour assister aux cérémonies d’érection de la statue gigantesque du Colosse, séjourne à Rhodes chez son oncle. Il en profite pour flirter avec une beauté de la maison royale campée avec beaucoup de charme par la très bonne actrice Lea Massari. Quatre frères et une femme, qui sont à la tête de la conspiration visant à renverser Xerxès, tentent, non sans difficultés, de rallier Darios à leur cause. Deux morts et une tentative de fuite en bateau plus tard les conjurés et Darios sont arrêtés et emprisonnés par les sbires du Roi de Rhodes, dont un des hiérarques manœuvre seul de son côté pour abriter toute une armée de phéniciens, ennemis des grecs, dont il se servira pour occire le roi Xerxès, que décidément tout le monde semble détester.

Le vaillant et magnanime héros athénien est interprété par le superbe acteur hollywoodien Rory Calhoun, dont le charme old school un peu compassé à notre époque fait des merveilles dans ce superbe péplum. Le technicolor y est resplendissant et le scope, maîtrisé à la perfection par le tout jeune cinéaste qu’était alors Sergio Leone au moment du tournage, donne une idée précise du génie du cadre et de l’image du futur maestro italien.

Un film à découvrir – ou à redécouvrir pour les plus anciens d‘entre nous – sans l’ombre d’une hésitation. Chaudement recommandé pour la rentrée.

Et bon courage à toutes et à tous pour la reprise, qu’elle soit scolaire, professionnelle ou sentimentale.

 

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