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Simetierre : l’adaptation d’un livre puissant au cinéma…

stephenkingbande-annonce-simetierre-petsematary-finale-posterUS … n’est pas sans poser de nombreuses questions.

L’adaptation du roman le plus exaltant de Stephen King de la décennie 80 au cinéma cette année, le bien nommé Simetierre (États-Unis, 2019), réalisé en binôme par Kevin Kölsch et Dennis Widmyer, ressuscite une des trames narratives les plus folles et les plus percutantes qu’il nous ait été donné d’envisager ces dernières années.

Que se passerait-il si nous avions les moyens de faire revenir à la vie les êtres qui nous sont chers et que nous avons perdu à tout jamais ? Si nous avions les moyens, inexplicables, de ressusciter les morts, à l’égal de Jésus-Christ, oserions-nous tenter l’inconcevable ? Qu’est-ce qui serait le plus fort en nous, le respect du dogme moral qui empêche de ne pas transgresser certaines limites ? Ou bien la tentation d’exaucer le rêve qui défie le sens commun ?

Comment échafauder ce qui n’est réservé qu’aux instance supérieures et par quoi les malédictions ne cessent de proliférer tout autour de nous ? Ce défi, un brillant médecin de campus universitaire originaire de Chicago, qui vient de s’installer à la campagne, dans le Maine, à Ludlow, avec son épouse et ses deux adorables enfants, va y être confronté ; inutile de préciser que sa santé mentale va drôlement vaciller.

Mettre en scène aujourd’hui, à l’heure du tout venant numérique hyper branché, ce film là, de facture classique, qui prend le temps de poser son atmosphère, qui s’attache avec amour et sérénité à chacun de ses personnages, qui permet à chacun.e d’entre nous de s’acclimater avec le tour de plus en plus angoissant que prend la narration toutes les 10 minutes, c’est une gageure que les 2 réalisateurs emportent haut la main tant l’ambiance ensorcelante du livre de Stephen King est dynamisée par une interprétation brillante des protagonistes masculins du film : Jason Clarke dans le rôle du père de famille Louis Creed, et l’épatant John Lithgow dans la peau du vieil ami compatissant et débonnaire. Seul bémol : la comédienne Amy Seimetz, vue dans le rôle de Faris dans Alien : Covenant (Ridley Scott, États-Unis/Grande-Bretagne, 2017) ne semble pas toujours à l’aise dans les scènes où elle doit jouer la mère éplorée, inconsolable, du roman.

N’ayant encore jamais vu la version cinématographique de Mary Lambert qui est sortie sur les écrans en 1990 et qui figurait dans la sélection officielle du festival d’Avoriaz la même année, et qui a très bonne réputation, je ne saurai dire pour le moment qui est allé au plus près de l’indicible : le King en majesté qui écrivait des romans merveilleux tout au long des années 80, la jeune réalisatrice américaine Mary Lambert ou bien nos deux cinéastes inspirés du moment ?

N’hésitez pas à me donner votre avis éclairé sur cette question ô combien épineuse !!

Dans le prochain post : mon point de vue acerbe – et quelque peu de mauvaise foi – sur la situation actuelle (pas très reluisante, c’est peu dire) du cinéma français.

Polémistes de tous bords : à vos claviers !!!

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Ciné 80 : (#2) « Hellraiser : Le Pacte » de Clive Barker

Hellraiser Dans Hellraiser : Le Pacte (1987) de Clive Barker, on fait la connaissance de Frank, jeune homme antipathique en quête de sensations fortes. Sa pratique machiste du plaisir sexuel ne lui suffit plus pour assouvir une soif d’absolue ; même avoir une relation charnelle avec sa belle-sœur la veille du mariage de cette dernière, le laisse profondément insatisfait. C’est pourquoi entrer en possession d’une boîte mystérieuse ouvrant des portes sur d’autres mondes, permettant d’explorer (oh, pas longtemps) d’autres dimensions, va obliger Frank, le séducteur sulfureux, à soumettre ses proches à une farandole de souffrances incommensurables. Et devant nos yeux de spectateurs complaisants se dévoilent, dans les chaudes couleurs de l’époque, les  arcanes secrètes et inviolées du désir, du plaisir, de la douleur libératrice et suffocante. Esclave sexuel de 4 créatures, les Cénobites, Frank va devoir pervertir sa belle-sœur et sa nièce pour essayer de s’en sortir.

Adaptant au cinéma en 1987 son propre roman Clive Barker livrait un chef-d’œuvre immédiat du genre horrifique. Et la copie restaurée du film éditée par ESC rend encore plus magistrale la leçon de mise en scène, où avec peu de moyens un réalisateur débutant propose une vision déroutante de son imaginaire très particulier. S’inspirant des clubs SM du New-York gay des années 80, Clive Barker filme la jouissance opératique de ses personnages gorgés de sang et de liquides tous plus appétissants les uns que les autres, comme la répétition générale avant le chaos à venir, celui d’une orgie débridée orchestrée par les Cénobites pour plier l’humanité à leurs plus étranges desideratas.

Une totale réussite du genre horrifique des eighties délirantes.

 

 

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