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Ciné 80 : (#8) « Highlander » de Russell Mulcahy

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Dans un plan saisissant de ce film de l’Australien Russell Mulcahy, le highlander, un être humain devenu immortel, est en fâcheuse posture. Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale dans cette séquence. Pendant qu’un officier SS lui tire dessus à la mitraillette, il s’affaisse sur une petite fille, Rachel, que le nazi vient de rendre orpheline. Soudain il ouvre les yeux, et la petite, surprise, lui demande : « Mais tu es vivant ? » Et Christophe Lambert, qui interprète ce preux chevalier qui traverse le temps depuis quatre siècles et demi, depuis les Highlands de son Clan en 1536, jusqu’au New York de l’année 1985, répond à la petite, tout en lui adressant un clin d’œil : « It’s a kind of magic ! » Alors il se relève et abat le nazi. Rachel deviendra par la suite la femme très classe qui protègera l’identité secrète de Connor MacLeod.

Highlander date de 1986 et met en vedette à Hollywood notre star masculine française de l’époque, Christophe Lambert, qui avait crevé les écrans dans Subway de Luc Besson en 1985, et dans Greystoke, la légende de Tarzan du Britannique Hugh Hudson un an plus tôt (en 1984 donc). Nous reparlerons plus en détail de ces deux-films-là dans deux prochains articles de la rubrique Ciné 80 (patience, patience !)

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Pendant un tiers du film le personnage de Connor MacLeod est associé à celui, plus fantasque, de Juan Ramirez, le flamboyant hidalgo immortel lui aussi, et plus vieux de 6500 ans. C’est Sean Connery qui interprète savoureusement ce personnage de mentor haut en couleur, calqué sur celui d’Alec Guinness dans le tout premier volet de La Guerre des Étoiles (1977) de George Lucas. Les années 1980 continuaient les décennies 1960 et 1970 qui avaient fait de l’Écossais Sean Connery une star de cinéma incontournable. Pendant cette décennie 80 l’acteur s’amuse, et cela se reflète dans le choix de ses rôles, qui s’écartent de ceux qu’il arborait une décennie plus tôt : le roi grec Agamemnon dans Bandits, Bandits de Terry Gilliam en 1981, le shérif William T. O’Neil dans Outland, loin de la Terre de Peter Hyams en 1981 toujours, James Bond 007 à nouveau (et pour un dernier tour de piste) dans le sublime Jamais plus jamais d’Irvin Kershner en 1983 (qui reste un Bond non officiel, ne l’oublions pas), Guillaume de Baskerville dans le puissant et poétique Le Nom de la Rose du Français Jean-Jacques Annaud en 1986, la même année que le Mulcahy qui nous intéresse ici, le flic incorruptible Jim Malone dans le chef-d’œuvre Les Incorruptibles de Brian de Palma en 1987, et bien entendu le premier Professeur Jones, Henry Jones, Sr., dans le très beau Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg en 1989, pour clore la décennie en beauté. L’acteur vieillissant aimait incarner des mentors, des hommes d’âge mûr qui transmettent quelques bribes d’expériences humaines à de jeunes têtes brûlées qui foncent tête baissée sur le chemin escarpé de la vie.

Un bon film, comme disait Alfred Hitchcock, c’est aussi un méchant qui marque les esprits. En la matière le très méchant guerrier immortel de Highlander, le Kurgan, qui veut remporter le prix ultime pour soumettre l’humanité à sa botte, ne manque d’aucunes des caractéristiques qui en font un antagoniste inoubliable : look punk-rock démentiel, dégaine de cuir noir, farouche envie de mettre le feu à la bienséance au cœur même d’une paisible église qui n’en demandait pas tant.

Alors quand dans la salle de cinéma, en 1986, le dernier plan tourné dans les Highlands nous montrait le dernier Immortel Connor MacLeod enlacer tendrement son amoureuse, la belle New Yorkaise de la Police scientifique Brenda, et laissait la place au générique de fin en faisant miauler dans les enceintes la chanson-titre du film : A Kind of Magic de Queen, un de nos groupes préférés des Eighties, on venait de comprendre que ce jeune réalisateur australien surdoué, Russell Mulcahy, venait de nous offrir les clés enchantées du Dernier Royaume de notre enfance, celui des rêves en celluloïd, en Panavision  et en Technicolor, qui allaient nous accompagner toute notre vie.

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Ciné 80 : (#6) « Top Gun » de Tony Scott

Top Gun

Le lieutenant Pete Michell, indicatif « Maverick », est un as de l’Aéronavale. Pilote surdoué, c’est aussi une tête brûlée, et lors d’une reconnaissance depuis le porte-avions où il est affecté avec son navigateur (et ami d’enfance) « Goose », il « flashe » des MIG russes. Auréolés par ce fait militaire inédit et convoqués sur le champ par l’Amiral du bâtiment, il est décide que le pilote casse-cou et son navigateur iront compléter leur formation à Miramar, en Californie, à la Fighter Weapon School, l’académie aéronavale américaine qui forme l’élite des pilotes de combat. Dans cette école, appelée Top Gun, le lieutenant Maverick va être confronté à la compétition (le meilleur élève de l’école, Iceman, devient son adversaire le plus redouté dans la course au trophée Top Gun), au sentiment amoureux (l’instructrice de l’Air ne le laisse pas indifférent, loin s’en faut), et à la perte…

Top Gun, ce film de 1986 réalisé par Tony Scott, le frère de Ridley, est devenu au fil des décennies un film-totem. Car il regroupe toutes les thématiques qui passionnaient les teenagers que nous étions dans les années 1980. La camaraderie (et pendant les années collège, c’était important), le vrombissement surpuissant des réacteurs des Grumman F-14 Tomcat, ces machines de guerre effrayantes qui nous changeaient de nos mobylettes et de nos scooters bridés.

Top Gun a par conséquent été un marqueur indélébile dans nos jeunes vies de spectateurs émerveillés, et rassemblait autant d’admiratrices de la frimousse du beau Tom Cruise que d’admirateurs de la classe naturelle du décontracté Val Kilmer. Et que dire alors de l’extraordinaire actrice de cinéma Kelly McGillis, née à Newport Beach en Californie, et vue dans Witness de l’australien Peter Weir en 1985 et dans Les Accusés de Jonathan Kaplan en 1988 ? Et nos aîné.es préféraient la présence bienveillante de Tom Skerritt, indicatif « Viper », légende vivante de l’Aéronavale, en se souvenant que cet acteur américain né à Détroit, dans le Michigan, incarnait l’emblématique Dallas dans Alien : le 8e passager du frangin Ridley Scott, en 1979.

Top Gun a pris une place à part dans la nostalgie qu’on développe vis-à-vis du cinéma US des années 1980. Il reste indéniablement ce véhicule parfait qui raconte comment on apprivoise nos premières peurs : celle de l’abandon en premier lieu, ensuite celle du renoncement, enfin celle du deuil apprivoisé et de la remise en question nécessaire avant de parvenir à prendre un chemin moralement valide dans le monde qui attend les jeunes gens.

Quand, après de nombreuses péripéties sur la terre ferme comme dans les airs, le lieutenant Maverick décide de devenir instructeur à Top Gun, on pressent que ce ne sera pas le chemin emprunté par le jeune acteur de cinéma Tom Cruise, promis à une carrière fulgurante. Près de 40 ans plus tard, cet acteur qui éclatait en pleine lumière dans ces années 1980 bénies pour lui, est sans conteste le personnage le plus puissant d’Hollywood, aujourd’hui en 2024.

Top Gun premier du nom parle aussi de cette fulgurante ascension.

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Entrez dans la ronde avec « Twisters »

Twisters Chaque été amène son lot de films qui ont pour mission de nous faire oublier, le temps d’une séance, les tracas des mois écoulés. Pour ce faire, quoi de mieux qu’un bon film-catastrophe, comme on en produisait dans les années 1970 : mais à l’heure du réchauffement climatique et de l’éco anxiété, tout ça est en train de tourner au vinaigre. Et pas sûr qu’en Californie on ait très envie de se réfugier dans une salle climatisée pour contempler des tornades destructrices pendant que 300 000 hectares sont en train de brûler dans la vraie vie. Cependant, au niveau spectaculaire et scènes ébouriffantes, ce nouveau film de tornades, Twisters (Lee Isaac Chung, 2024), comme on les aime – c’est-à-dire filmé à l’ancienne, avec des effets sonores Dolby Atmos stratosphériques - remplit le contrat. Le réalisateur Lee Chung rend terriblement oppressantes ces masses d’air dévastatrices qui ne laissent rien sur leur passage, sinon des morts par dizaines et de la désolation.

Bien calé dans son fauteuil de cinéma on joue à se faire peur devant ces images d’une nature indomptable. Et puis ce blockbuster de l’été est un écrin idéal pour présenter en tête d’affiche celui qui va régner dorénavant sur le star-système hollywoodien : Glen Powell. Oubliez une fois pour toutes les bellâtres des vingt dernières années, car sont appelés sur le trône : Glen Powell donc, et Miles Teller (ils s’affrontaient dans Top Gun: Maverick en 2022), et puis Austin Butler (qui lui embrasait les écrans la même année 2022 dans Elvis de Baz Luhrmann) ; vous y ajoutez Timothée Chalamet (qui a mis tout le monde d’accord dans le sublime diptyque Dune et Dune : deuxième partie, 2021 et 2024, de Denis Villeneuve), et vous avez le Quinté gagnant (en 5e position vous pouvez mettre qui bon vous semble).

Les 4 cités sont de toute façon appelés à régner sur Hollywood pour les 10 prochaines années. Comme autrefois Gary Cooper, Clark Gable, Spencer Tracy et James Stewart quand ils se partageaient le gâteau dans les années 1940, nos nouveaux mousquetaires masculins du circuit ont atomisé la concurrence. Un film comme Twisters, qu’on peut aller voir en famille (aucune scène du film ne mettra personne dans l’embarras), est un véhicule calibré pour tester les amortisseurs de sa vedette masculine. D’accord, le monde brûle un peu partout, mais… The Show Must Go On les ami.es.

Le blockbuster de l’été est là pour nous réconcilier avec ce que nous aimions au cinéma auparavant : visualiser en super grand format des personnages charismatiques toujours enclins à aider son prochain, en traversant des épreuves auxquelles nous autres ne survivrions pas ; puis ils s’en vont à la fin dans le soleil couchant (ou presque, on se contentera ici d’une salle d’embarquement d’un aéroport de l’Oklahoma, et c’est bien aussi), main dans la main vers des lendemains qui chantent.

Par les temps qui courent, ce n’est pas si mal.

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Embarquement immédiat pour « La Planète des singes: Le nouveau royaume »

©The Walt Disney Company

©The Walt Disney Company

56 ans déjà que la saga de la Planète des singes a été initiée. Le tout premier film date de 1968 et peut se revoir à l’infini, tant son propos comme la beauté plastique de ses scènes n’ont pas pris une ride. En adaptant le roman de Pierre Boulle les créatifs hollywoodiens n’avaient sans doute pas à l’esprit que près de 60 ans plus tard cet univers simiesque continuerait de nous proposer un émerveillement que son succès actuel ne fait que confirmer.

En effet, cette nouvelle Planète des singes: Le nouveau royaume (2024, 20th Century Studios) est déjà un très grand succès : au moment où j’écris ces lignes le film de l’américain Wes Ball avait regroupé en France métropolitaine 1 434 307 spectateurs et spectatrices en 2 semaines d’exploitation en salles (sources = www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/).

Cette saga nous accompagne depuis toujours. Résumons : en 10 films de cinéma et une série télévisée nous avons appris à aimer et à chérir les aventures de nos chimpanzés, bonobos, orang-outans et gorilles favoris. Nous aimons aussi à la folie les méchants singes, héros de cinéma charismatiques, qui comme Proximus veulent dominer le monde (ce qui en fait des méchants très james-bondiens).

Ce nouveau film, réalisé par le très talentueux Wes Ball, qui a réalisé la trilogie pour adolescent.es Le Labyrinthe en 3 volets, a eu les coudées franches pour nous offrir une aventure haut de gamme, aux images tout bonnement époustouflantes. Les artistes et ingénieurs de WETA ont fait un travail bluffant : les singes du film sont hallucinants de réalisme et de vraisemblance, et les plans panoramiques de ce monde dévasté (le nôtre dans pas trop longtemps si on ne fait pas plus attention que ça à notre environnement) sont d’une beauté à couper le souffle. 

Trois cents ans après l’avènement de César le chimpanzé génétiquement modifié qui mena la révolte des singes, trois jeunes chimpanzés, deux mâles et une femelle, qui appartiennent au Clan des Aigles, constitué de singes pacifiques vivant en harmonie avec leur environnement naturel, vont subir les assauts de cohortes menées par le bonobo Proximus ; ce dernier rêve d’un empire des singes tout-puissants. Pour Noa, le jeune chimpanzé le plus dégourdi du Clan, la grande aventure va alors commencer. En s’alliant à un orang-outan philosophe et bienveillant, Raka, et à une jeune humaine énigmatique, Mae, Noa va sonner l’heure de la révolte.

Ce film à grand spectacle à la fois érudit, spectaculaire et familial, continue la belle aventure de la saga de la meilleure des façons. Laquelle, avec Wes Ball aux manettes, est en de bonnes mains. Nul doute que deux prochains long-métrages de cinéma viendront compléter ce qui s’annonce comme une nouvelle trilogie, aussi belle et spectaculaire que celle de Rupert Wyatt et Matt Reeves de 2011 à 2014.

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Ciné 90 : (#7) « True Romance »

True Romance

Revoir True Romance, le film de Tony Scott, le frère de Ridley, trente-et-un ans après sa sortie en salles, c’est se replonger illico dans ce renouveau du cinéma hollywoodien, dont la figure de proue était Quentin Tarantino. Fort du succès de son Reservoir Dogs en 1992, et accompagné par les jumeaux maléfiques Weinstein, l’américain fort en gueule pouvait désormais placer n’importe lequel de ses scénarios, il était assuré de les voir se concrétiser en films de cinéma.

Ainsi, entre ses deux premiers films (Reservoir Dogs, donc, et Pulp Fiction, Palme d’Or au Festival de Cannes 1994), Tarantino avait confié la mise en images de son True Romance à celui qui avait donné un sacré coup de balai au Nouvel Hollywood des années 1970 : Tony Scott. Tony, son frère Ridley Scott, et quelques autres (Adrian Lyne, Joel Schumacher, Wolfgang Petersen, John McTiernan, …) avaient incarné la décennie 80 avec des films de pur divertissement gigantesques, comme Black RainLegendTraquéeLe Flic de Berverly Hills 2, Les PrédateursFlashdance9 semaines 1/2Génération PerdueL’Histoire sans finEnemyPredator, Piège de cristal.

Du coup, en concurrence directe avec ces mavericks de l’entertainment cinématographique, les vétérans de la décennie précédente (les Spielberg, De Palma, Scorsese, Eastwood, Friedkin et autres) montraient qu’ils en avaient encore sous le sabot. Ce qui nous valait une ribambelle de films extraordinaires pendant au moins deux décennies (les 80′s et les 90′s).

Oui, d’accord, mais True Romance dans tout ça ? De quoi ça parle ?

À Detroit, Clarence, un jeune homme passionné de cinéma et de pop culture, aimerait bien avoir une petite amie qui aurait les mêmes goûts que lui. Ça tombe bien, une jeune blonde très belle, Alabama, très désinvolte aussi, qui vient de débarquer de Floride, jette son dévolu sur lui. Ils forment très vite un couple très amoureux, mais il y a un hic : car Alabama est sous la férule de Drexl, mac et dealer de drogue de la pire espèce. Alors les ennuis vont arriver comme les B-52 dans le ciel allemand en 1942, c’est-à-dire en escadrille.

On retrouve dans True Romance tout ce qui a fait le succès des 3 premiers films de Tarantino (après, il se prend trop au sérieux à mon goût, la magie n’opère plus de la même façon) : des situations tordues couplée à des dialogues hilarants, un sens du cadre jamais mis en défaut, et une distribution aux petits oignons (Christian Slater, la sublime Patricia Arquette, Dennis Hopper, Gary Oldman, Tom Sizemore, Chris Penn, Christopher Walken, Val Kilmer en super-guest de luxe, la classe américaine, quoi !).

Bon, eh bien, cette litanie de films géniaux aura duré l’espace de deux décennies à peine (d’où le nom donné aux rubriques Ciné 80 et Ciné 90). Mais on peut les voir et les revoir à l’infini, et on ne sera jamais déçu.e, car la magie opère à chaque fois. Le soin apporté aux images, à la musique, au cadre, à l’interprétation, témoignait d’un profond amour et d’un très grand respect pour le cinéma de divertissement pour adultes et jeune public.

Très prochainement nous reviendrons en détail sur une merveille de film, dans notre rubrique Ciné 80 : il s’agit de l’indémodable Breakfast Club (1985) du regretté John Hughes.

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Une saga cinématographique virevoltante et efficace : « Les Trois Mousquetaires » de Martin Bourboulon

Il s'agirait de ne pas trop contrarier la Lady !

Il s’agirait de ne pas trop contrarier la Lady !

L’histoire, on la connaît déjà, tant ce récit des aventures épiques des 4 Mousquetaires, imaginées au XIXe siècle par Alexandre Dumas et Auguste Maquet, fait partie de la culture populaire française et réconcilie hautes castes et petit peuple dans un même élan. Ces personnages hauts en couleurs nous accompagnent depuis un bon moment déjà. Et Martin Bourboulon, le réalisateur des 2 films : Les Trois Mousquetaires : 1. D’Artagnan et Les Trois Mousquetaires : 2. Milady (2023 pour l’un et l’autre), a respecté le cahier des charges ; tout y est de ce qu’on aime par-dessus tout dans cette course contre la montre pour déjouer un complot ourdi au sein du Royaume de France, en 1627, au temps du roi Louis XIII : D’Artagnan, benêt gascon au sang chaud qui monte à Paris pour devenir Mousquetaire du roi sur une lettre de recommandation de son père pour le Capitaine de Tréville, les 3 duels successifs avec ses 3 futurs amis, la rencontre inopinée avec les Mousquetaires du Cardinal Richelieu, la rencontre avec sa logeuse et future amoureuse Constance Bonacieux, également femme de chambre et confidente de la reine de France, laquelle a des envies d’adultère avec l’ennemi héréditaire, le duc de Buckingham.

Et puis il y a Milady. Ah, Milady de Winter, cette complice du « diable probablement » (en référence à Robert Bresson, mes mignons), qui à elle seule vaut l’achat des places de cinéma, tant l’interprétation, baroque à souhait, de la merveilleuse actrice Eva Green, ajoute une pierre blanche dans la voûte constellée où siègent les noms des sublimes actrices qui l’incarnèrent au cinéma. Il y eut Lana Turner, inégalable (selon les mots mêmes de la Lady Green), il y a maintenant cette incarnation à la fois énigmatique et touchante de la fille de Marlène Jobert (à noter que la maman est aussi une de nos très grandes actrices de cinéma – suffirait de ne pas l’oublier, non mais !).

Oui, Eva Green incarne à la perfection ce personnage féminin qui masque des fêlures profondes sous sa capacité phénoménale à escrimer et à occire tous les mâles arrogants qui ne sont bons qu’à une chose : engrosser les dames et s’embrocher à tour de rôle les uns les autres au fil de l’épée, n’en déplaise au prévôt. Heureusement, Milady est là pour remettre de l’ordre.

Courez aller voir ces 2 films populaires au cinéma, que diable !

Mais courez donc !

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Ciné 70 : (#1) « The Driver »

Isabelle Adjani et Ryan O' Neal illuminent de leur beauté et de leur talent ce magnifique film d'actions urbaines de Walter Hill.

Isabelle Adjani et Ryan O’ Neal illuminent de leur beauté et de leur talent ce magnifique film d’actions urbaines de Walter Hill.

Les cinéastes américains ont été pendant longtemps fascinés par la figure du braqueur de banques. Et en 1978 Walter Hill s’intéresse plus spécifiquement à celui qui ne participe pas directement au braquage : le chauffeur qui, une fois le larcin réalisé, doit conduire à tombeau ouvert pour échapper à la police.

Pour incarner son héros, un chauffeur mutique blond virginal, Walter Hill a choisi le magnifique acteur Ryan O’ Neal, lequel avait éclaboussé de sa classe le tournage de Barry Lyndon de Stanley Kubrick trois ans auparavant. Ryan O’ Neal, en grand professionnel, incarne à la perfection cet homme qui utilise ses qualités hors-normes de pilote pour aider des malfrats à commettre des hold-up. 

Au début du film, ses employeurs ne peuvent que se féliciter d’avoir un as du volant comme lui dans l’équipe ; mais voilà qu’un policier particulièrement finaud (incarné par le génial Bruce Dern) s’est juré de le coincer et de l’envoyer derrière les barreaux (pendant au moins 15ans). 

Et puis une très belle jeune femme de 22 ans (incarnée à la perfection par notre Isabelle Adjani nationale, auréolée du succès de L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut en 1975, et que Hollywood courtisait), joueuse professionnelle de poker, se met dans les pas du beau pilote, sans que l’on sache, lui comme nous, quelles sont ses intentions. Tout est en place (le pilote qui n’aime ni les armes à feu ni la violence, la joueuse ambiguë, le flic cintré) pour que la mécanique filmique nous entraîne dans une farandole de courses-poursuites échevelées. 

À mon sens The Driver reste à ce jour le plus beau film de Walter Hill, car ici tout fonctionne merveilleusement bien : la narration est fluide, les dialogues sont crédibles, les principaux interprètes jouent à la perfection et la photographie du film de Philip Lathrop est belle à tomber de son canapé.

Et puis il s’agit d’une œuvre matricielle, à laquelle d’autres grands noms d’Hollywood voudront se confronter : Michael Mann avec Le Solitaire en 1981, Dominic Sena avec 60 secondes chrono en 2000, ou encore Nicolas Winding Refn avec Drive en 2011, sans oublier la franchise au succès foudroyant Fast & Furious (10 films à ce jour, de 2001 à 2023).

The Driver (1978) est un réjouissant film policier et d’actions urbaines qui reste un modèle d’écriture cinématographique au découpage impeccable. Ne boudez pas votre plaisir et faites rugir les chevaux !

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« Indiana Jones et le cadran de la destinée » : une totale réussite estivale !

Indiana Jones et le cadran de la destinée 

Certains personnages de cinéma sont devenus, au fil du temps, des personnes à part entière. Ils ont noué une vraie complicité avec les spectatrices et les spectateurs des salles obscures. Et quand ces personnages sont interprétés par le même acteur ou la même actrice, le lien en devient plus fort encore. Indiana Jones, le personnage d’archéologue-aventurier créé au début des années 1980 par les compères George Lucas (à la production) et Steven Spielberg (à la réalisation des 4 premiers films), en fait partie.

Aujourd’hui Spielberg a passé la main, bien trop occupé à s’auto-congratuler dans son film-mémoires (The Fabelmans, 2022) ou à refaire des classiques de l’âge d’or d’Hollywood qui n’en demandaient pas tant (pourquoi tourner à nouveau un West Side Story en 2022 quand l’original de Robert Wise datant de 1961 tient encore la route ?) ; et George Lucas vit confortablement de ses rentes (il a vendu sa compagnie cinématographique Lucasfilm, qui détenait les actifs de Star Wars, à The Walt Disney Company pour 4,05 milliards de dollars le 30 octobre 2012 : joli pactole !)

C’est donc le réalisateur James Mangold qui a été choisi par le nouveau propriétaire pour mettre en boîte ce 5e opus des aventures d’Indy Jonesy.

Malgré son âge avancé Harrison Ford tient toujours autant la cadence, et retrouve instantanément tous les gestes et toutes les répliques qui font mouche ; et qui font la saveur de son personnage d’aventurier malin depuis 1981 et le 1er épisode de la saga. Indiana Jones et le cadran de la destinée (The Walt Disney Company/LucasFilm Ltd., 2023) respecte à la lettre les passages obligés de la saga : on s’y bat contre des nazis d’opérette, on y fait du cheval à bride abattue, on parcourt le monde comme dans un James Bond Movie (l’Allemagne, les Alpes, New York, Tanger, la Mer Égée, Syracuse en Sicile et, cerise sur le gâteau, un voyage du plus bel effet dans ce même port de Syracuse mais 2300 ans en arrière). On rafraîchit aussi ses connaissances historiques (qui était Archimède, à quelle époque vivait-il, et qu’a-t-il réalisé de remarquable ?), et on y retrouve aussi les vieux amis, partenaires des aventures d’autrefois, comme l’Égyptien Salah ou encore le capitaine de la marine marchande, qu’on croyait grec et qui est en fait espagnol (savoureux clin d’œil d’Antonio Banderas au passage). Et on fait connaissance avec de nouveaux amis : le truculent Toby Jones, et sa fille jouée par l’immense scénariste et actrice Phoebe Waller-Bridge.

Vous l’aurez compris : la grande aventure est de retour dans les salles de cinéma en juillet 2023. Ne boudez pas votre plaisir et foncez sur les pas du sémillant archéologue et de sa clique. En plus ce nouvel Indiana Jones est un vrai spectacle familial, à la demande expresse de Mister Ford himself !

À quand le prochain épisode ? On est très impatient.

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« Détective Dee, le mystère de la flamme fantôme » de Tsui Hark

Détective Dee 1

Dans les années 1990 on a découvert, en France, une cinématographie exceptionnelle qui venait d’Extrême-Orient. Les passeurs de HK Vidéo, qui prenaient le relais de la défunte et mythique revue de cinéma Starfix, faisaient découvrir un registre visuel stupéfiant, avec des personnages hauts en couleur qui volaient littéralement dans les airs quand ils se pourchassaient, ou qu’ils combattaient les uns contre les autres.

Alors, parmi cette ribambelle de réalisateurs (hélas, les femmes réalisatrices n’étaient pas mises en avant en ce temps-là) on faisait connaissance avec trois d’entre eux, qui représentaient la Sainte-trinité du cinéma d’action atmosphérique de Hong-Kong : Tsui Hark, John Woo et Johnnie To.

Aujourd’hui, en 2023, cela fait assez longtemps que Hong-Kong a été rétrocédée à la Chine par le Royaume-Uni (le 1er juillet 1997 plus exactement) ; et en 26 ans, l’industrie du cinéma hongkongaise a dû rentrer dans le rang, sinon… Pourtant, en mettant en scène les aventures du célèbre détective Dee, extrêmement populaire dans toute l’Asie, dans tous les pays de l’Extrême-Orient, ce personnage qui officiait sous les ordres de l’Impératrice Wu Ze Tian sous la Dynastie Tang, à la fin du VIIe siècle apr. J.-C., Tsui Hark offre une nouvelle épopée à son public chinois, après les différents épisodes de sa saga Il était une fois en Chine (de 1991 à 1997).

C’est en 2010 que sort sur les écrans cette toute première aventure au cinéma du fameux détective, popularisé en littérature par les romans du Juge Ti de Robert van Gulik. Dans le film de Tsui Hark on va suivre les pérégrinations de Dee, qui est au début du film un ancien proscrit, et qui pendant huit ans arpenta les profondeurs de la Cité impériale car il était un virulent opposant à la Régente. Mais ces huit années ont passé et la Régente, qui s’apprête à revêtir la couronne, le fait appeler à son service sur la demande du Grand-prêtre (à travers un cerf qui parle – malin, tiens !). Car Dee est le seul, quand bien même il fût un opposant politique coriace, qui pourrait résoudre l’énigme des combustions spontanées qui endeuillent le palais de la Régente Wu.

En se reportant 1400 ans en arrière le malin Tsui Hark dresse le portrait de deux personnages charismatiques, le détective et la future impératrice, qui apprennent à composer l’un avec l’autre. Oui, d’accord, mais dans l’intérêt de qui ? 

Sous la luxuriance du spectacle, sous les couleurs chatoyantes des costumes et la laque des décors, on voit se dessiner sous nos yeux ravis une histoire cornélienne en diable, qui pose la question suivante : au bout de combien de morts violentes, par torture ou au terme d’un combat farouche, un dignitaire peut-il espérer laver sa conscience, au nom de la Raison d’État ? La Reine-mère observe ses pantins s’agiter dans tous les sens, le Grand-prêtre pontifie mais révèle bien des secrets sans le vouloir, l’opposant politique s’entête à rester sain d’esprit, tandis que l’opposant militaire n’est pas le félon que l’on croit. Le traître, lui, est tapi dans l’ombre, mais qui prend la mesure de quoi ? et pour quoi faire ?

Laissez-vous porter par la magie opératique du cinéma High-quality de Hong-Kong et des autres pays qui le bordent, car il s’agit des seules cinématographies qui comptent aujourd’hui.

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L’affirmation du héros américain : « Creed III » de Michael B. Jordan (2023)

Creed III Creed et Creed II racontaient la construction d’un lent accomplissement. Aidé par son mentor Rocky Balboa, le vieux boxeur de Philadelphie cabossé de partout, le jeune Adonis Creed, venu de Los Angeles, élevé à la dure dans des foyers et des familles d’accueil, n’avait pas profité de la vie matérielle confortable de son père Apollo Creed, une légende de la boxe. Mais épaulé par Rocky, Creed le deuxième du nom allait prendre son envol, se marier, avoir un enfant, et devenir Champion du monde des Lourds, comme son père.

Creed III (MGM, 2023), réalisé par son interprète, le formidable acteur Michael B. Jordan, nous montre que le bel édifice en apparence parfait de la vie de champion recèle en réalité des zones d’ombre, bien enfouies sous les tapis du salon. À cet égard ce film agit dans la mythologie franchisée Creed comme le faisait Rocky III : L’Œil du tigre (1982) en son temps dans celle de Rocky : les faux-semblants sont levés, car un antagoniste apparaît et oblige le héros à chausser les gants une fois encore. Désormais on ne se bat plus pour une nouvelle ceinture mais pour laver l’affront.

Damian Anderson était autrefois le meilleur ami d’Adonis Creed, au temps du foyer d’accueil à South Central, Los Angeles. On faisait les 400 coups ensemble et Damian, le plus âgé des deux, était promis à un bel avenir dans la boxe. Il était en train de monter rapidement vers le professionnalisme. Cependant, un soir, après un match gagné par K-O sur l’adversaire, ça a dérapé sévère dans L.A. Downtown. Et les deux brothers ne se sont plus jamais revus. c’était en 2002.

Aujourd’hui, 20 ans après, Adonis a raccroché les gants depuis 3 ans, depuis sa dernière ceinture de Champion du monde interfédéral. Il consacre tout son temps à sa mère malade, à sa femme Bianca, productrice de musique très en vue, et à leur adorable fille Amara, malentendante de naissance. Bientôt cet univers sécurisé va voler en éclats, car Damian refait surface.

Creed III raconte comment on s’arrange avec les vicissitudes du passé, de notre enfance, de notre jeunesse. Pendant combien de temps peut-on mettre à distance les événements qui ont fait de  nous ce que nous sommes aujourd’hui ? Creed, troisième du nom, remet les pendules à l’heure : de nos jours, aux États-Unis, ce qui compte vraiment ce n’est plus trouver sa juste place au sein du bigger than life. On résout une fois pour toute l’équation du rêve américain. Et après. Que reste-t-il à accomplir qui donne encore du sens à l’existence ?

Damian, lui, s’est sculpté un corps de soldat-citoyen de Sparte, tout seul, sans l’aide de personne, et comme le pressent Duke, le coach génial d’Adonis, quelqu’un comme Damian, quand il débarque quelque part, ne vous veut pas que du bien ; car il a trop de comptes à régler avec la terre entière. Damian Anderson veut à son tour tout ce qu’Adonis Creed possède et qu’il n’a jamais eu. La confrontation aura lieu sur un ring de boxe, le seul endroit au monde où personne ne triche. Et elle fera des étincelles. De quelles manières ?

Précipitez-vous dans les salles de cinéma pour le découvrir !

[Cet article est dédicacé à mon amie américaine Joy Herbers - Vive le Colorado, et gros bisous à toi depuis la Gascogne !]

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