La deuxième aventure de l’agent 007 au cinéma, Bons Baisers de Russie, sort sur les écrans en 1963, un an seulement après Dr No. Les très bons résultats au Box-Office du premier opus permettent de pérenniser l’aventure. Sean Connery rempile et les scénaristes Richard Maibaum et Berkely Mather font évoluer le héros au confluent de l’Orient (Istanbul) et de L’Europe continentale (Londres, Venise, Trieste, Zagreb, Belgrade).
Pendant qu’il prend du bon temps au bord d’un lac avec une demoiselle, James Bond est appelé toutes affaires cessantes par M au siège du MI6. Apparemment les services secrets britanniques auraient capté un message selon lequel une secrétaire du Consulat d’URSS à Istanbul serait en mesure de leur livrer un décodeur russe de trajectoire de missiles balistiques, le Lektor. Bien entendu, Bond et M flairent le piège, mais l’aventure est trop tentante. 007 est expédié illico à Istanbul, où il a pour mission de séduire la jolie secrétaire, Tatiana Romanova, jouée à la perfection par l’actrice italienne Daniela Bianchi (21 ans au moment du tournage), qui a brutalement interrompu sa carrière cinématographique en 1970 et c’est bien dommage. Mais qui pilote ce stratagème ? Les Russes, à travers l’officine du SMERSH, des renégats et des félons du Présidium de Russie, ou bien un autre organisme, bien plus dangereux ?
Cette nouvelle aventure de James Bond est contemporaine (à deux ans près) de la crise de la Baie des Cochons d’avril 1961, où Américains et Russes jouaient au chat et à la souris sous les yeux effarés du monde entier. L’agent de Sa Majesté va s’y acoquiner à un mufle de première catégorie qui lui ressemble, Ali Kerim Bey (joué avec gourmandise par l’acteur mexicain Pedro Armendariz, mort prématurément à l’âge de 51 ans l’année même du tournage, le 18 juin 1963), un homme d’affaires turc qui trempe dans les magouilles, et qui a pris fait et cause pour les occidentaux contre les Russes et leurs affidés, c’est-à-dire des tueurs bulgares de la pire espèce (la Bulgarie a dû apprécier à l’époque).
Certaines scènes ne passeraient pas aujourd’hui : celle où James Bond violente Tatiana Romanova dans le train-couchettes pour la faire parler en lui assénant une gifle, et celle dans le camp des Tziganes où le chef du campement offre à Bond deux jeunes femmes pour s’accoupler à elles en remerciement de l’aide qu’il leur a apportés en faisant le coup de feu avec eux contre les Bulgares patibulaires. Le clou du spectacle, qui dure toute une bobine, réside dans la longue séquence à bord de l’Orient-Express français où on quitte les armatures du film d’espionnage pour être plongé dans un whodunit à la Agatha Christie (qui a fait le coup ?).
D’ailleurs, le tempo lent du film réalisé comme le précédent par Terence Young, avec habileté et maîtrise technique, nous vaut de nous délecter de la composition picturale de chaque plan. Netflix a eu la très bonne idée de proposer au catalogue cette collection James Bond dans des copies numérisées flambant neuves. Mais, de grâce, pourquoi ne pas les laisser plus longtemps au catalogue ? Ça nous laisserait le temps de les visionner confortablement, sans se soucier des délais. En cela, rien ne vaut l’achat des BR qui nous permettent de lancer le film dans notre salon quand bon nous semble, au moment que l’on juge le plus opportun.
Aurai-je seulement le temps de vous parler de la troisième aventure de James Bond 007 au cinéma, le mythique Goldfinger ?
À suivre…







