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Boulevard du Genre : (#0) Présentation

Boulevard du Genre

Cette toute nouvelle rubrique propose de mettre en lumière des pépites du cinéma de genre (horrifique, fantastique et d’aventures), passées en leur temps sous les radars de la cinéphilie respectable. Fort heureusement, les temps ont changé ; et le regard sur les films aussi. Ce qui passait autrefois pour des bobines méprisables, devient de nos jours l’objet de toute notre attention.

Car un film, quoi qu’on en pense par ailleurs, en positif ou en négatif, restera toujours la matérialisation d’un rêve qu’une poignée de doux rêveurs avait hâte de mettre en images, en musique et en sons, pour le projeter sur un grand écran devant son public, acquis ou pas à sa cause. En cela, le geste filmique, la réalisation de l’objet cinématographique, est respectable, et mérite que nous passions du temps à l’analyser plus en détail.

Loin des sentiers battus, éloignés de ce qui fait l’événement du moment, qui la saison prochaine sera passé de mode, les films que je présenterai dans cette rubrique ont en commun de dessiner une certaine idée du cinéma, à base d’artisanat, de savoir-faire technique, de générosité créative et d’amour immodéré pour le plaisir de raconter de façon originale avec une caméra une histoire divertissante.

Et si Bergman rejoint Lucio Fulci et Mario Bava, ou si Godard y voisine avec Terence Fisher ou Richard Fleisher… et bien, tant mieux.

Partons sans plus tarder à la découverte des raretés des cinémas de quartier et des bandes de Série B sur le Boulevard du Genre.

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Les films policiers français : (#5) « Garde à vue »

Le face-à-face de deux très grands acteurs de cinéma : Lino Ventura et Michel Serrault.

Le face-à-face de deux très grands acteurs de cinéma : Lino Ventura et Michel Serrault.

Quand Claude Miller, un jeune réalisateur brillant, met en scène pour le cinéma le scénario de Garde à vue (Studio TF1, 1981), tiré d’un roman de la Série noire de Gallimard (de John Wainwright), et dont les dialogues sont signés Michel Audiard, les deux principaux acteurs pressentis pour incarner les têtes d’affiche n’hésitent pas une seconde, et donnent leur accord tout de suite. C’est ce qu’explique Claude Miller lui-même dans un des bonus du film édité par Rimini Éditions. Ces deux acteurs, deux monstres sacrés du cinéma français de ce temps-là (le début des années 1980), sont Lino Ventura et Michel Serrault, accompagnés dans cette aventure cinématographique exceptionnelle par les non moins talentueux Guy Marchand et Romy Schneider.

De quoi s’agit-il ?

Pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, dans une grande ville de province, l’inspecteur de police Antoine Gallien (Lino) convoque le notaire Jérôme Martinaud (Serrault) dans les locaux de la P. J. afin de vérifier quelques détails dans une affaire de double meurtre de fillettes. Peu de temps auparavant deux gamines de 12 ans ont été kidnappées, étranglées et violées. Cet horrible double meurtre révulse l’inspecteur ; mais comme il s’agit d’un flic au cuir tanné par l’expérience, qui en a vu d’autres, il ne brusque pas Maître Martinaud. Il lui pose des questions anodines, qui n’ont l’air de rien. Petit à petit Gallien met en place, subtilement, l’engrenage d’un interrogatoire musclé. 

Il fallait toute la finesse de jeu de Lino Ventura pour incarner ce flic robuste, dont la conscience morale ne vacille pas. Mais alors, qui pouvait être à la hauteur pour donner la réplique à Lino ? Eh bien, Michel Serrault, que spectatrices et spectateurs étaient plus habitués à voir dans le registre comique (La Cage aux folles I et II en 1978 et en 1980, La Gueule de l’autre de Pierre Tchernia en 1979, ou encore dans Buffet froid de Bertrand Blier, toujours en 1979), relève le défi avec une classe inimitable. Je pense que c’est avec ce rôle au cinéma, dans ce film précisément, que Michel Serrault prouve à quel point il est un acteur phénoménal. La maîtrise de son art de l’interprétation se déploie pendant toute la durée du film. En 1H31, ou le temps de l’interrogatoire, qui d’anodin se transforme en garde à vue anxiogène et irrespirable, Michel Serrault fait passer toutes les émotions sur son beau visage de quinquagénaire (il avait 53 ans au moment du tournage, soit l’âge que j’ai cette année soit dit en passant) bafoué par la corruption du temps qui passe et qui n’épargne personne.

Ce film de Claude Miller est devenu un classique du cinéma français de ces cinquante dernières années. On peut le voir, le revoir, sans jamais s’en lasser. Car les plans tournés en studio, le jeu des acteurs et celui de Romy Schneider, impeccable comme toujours, la photographie extrêmement soignée, participent de cette prodigieuse aventure policière en temps réel qui nous laisse pantois au dernier plan du film. Mais heureuses et heureux d’avoir découvert l’exceptionnelle qualité de cette œuvre cinématographique inoubliable.

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Joyeux Noël 2025

Joyeux Noël 2025 

Je souhaite à toutes et à tous un joyeux et heureux Noël 2025 !

 

 

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Ciné 80 : (#5) « Cluedo »

Cluedo

La fine équipe de Cluedo. © Canal +

 Mattel n’est pas la première firme de jouets qui a accolé son nom en lettres flamboyantes aux marquises des cinémas. Même si le succès fulgurant de Barbie (Greta Gerwig, 2023) a concrétisé le fantasme du jouet devenant héroïne de cinéma pour les enfants next-gen, d’autres multinationales du jouet et du jeu avaient balisé le terrain, bien avant.

Ainsi, en 1985, la société Parker, qui commercialisait le jeu Cluedo (rebaptisé Clue aux États-Unis), décidait d’en faire une adaptation pour le cinéma. Elle demandait à Jonathan Lynn et à John Landis (ce dernier était très en vue à Hollywood depuis le succès de sa superbe comédie horrifique Le Loup-garou de Londres, en 1981) de proposer un scénario qui ravirait les enfants, et leurs parents. Sous la houlette de Paramount Pictures les deux énergumènes proposèrent leur version du jeu : une comédie policière à la lisière du fantastique, avec décor de manoir hanté et avec, excusez du peu, le génial Tim Curry en maître de cérémonie. C’est Jonathan Lynn qui a réalisé le film en 1985.

Dès les premières images, c’est Tim Curry himself qui nous introduit dans la demeure de style gothico-victorien, où prend place l’action. Son personnage de Wadsworth, majordome du mystérieux Monsieur Corps, nous permet de faire connaissance avec les invités qui arrivent dans la lugubre maison un à un. Pourquoi ont-ils été réunis ensemble (ils sont sept en tout en comptant leur hôte) à cet endroit de la Nouvelle-Angleterre, un soir pluvieux et orageux de 1954 ? Nous n’en savons rien, et eux non plus. Pourtant, quelle joie de reconnaître le colonel Moutarde, Madame Pervenche, et ainsi de suite… (quand on est familier du jeu s’entend).

L’histoire qui nous est montrée dans Cluedo est une loufoque murder mystery qui rend hommage avec beaucoup de drôlerie aux meilleurs Agatha Christie. Et Tim Curry incarne à la merveille un genre d’Hercule Poirot rajeuni et virevoltant. Et puis dans la distribution on découvre aussi un Christopher Lloyd qui triomphait dans le plus gros succès du box-office cette année-là : il s’agissait du premier volet de Retour vers le futur (Robert Zemeckis, 1985).

Cette année-là à Hollywood, en 1985, on savait faire des films hilarants qui contentaient à la fois les jeunes enfants, leurs parents, mais aussi leurs grands-parents. On appelait ça le crossover intergénérationnel. Cet art de la comédie d’aventures fantastiques ou policières est désormais perdu.

Pourtant ces films, même s’ils ne pointaient pas tous leur museau aux premières places du box-office, marchaient assez bien en salles, et ravissaient les kids fous de films et de musique que nous étions dans les années 1980. Cluedo (Clue aux États-Unis) a occupé la 107e position au Box office américain de l’année 1985, devant D.A.R.Y.L (111e) ou encore Red Sonja (Kalidor : La légende du talisman chez nous, 115e) et Enemy Mine (123e), le sublime film de science-fiction intimiste de Wolfgang Petersen. Cluedo a rapporté 14 643 997 dollars sur ses 384 jours d’exclusivité-salle dans le monde, à travers une combinaison de 1022 écrans. [sources = Box Office Mojo by IMDbPro, consulté sur internet le 09/07/2024]

C’était un score plus qu’honorable pour l’adaptation pas vraiment attendue d’un jeu de société où la réflexion prend le pas sur l’action et la fébrilité.

 

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Joyeux Noël 2021 à toutes et à tous !

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