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« Black Widow » ou L’étoffe des femmes

Black Widow_affiche officielle

Un des posters officiels du film, par Walt Disney Pictures et Marvel Studios.

Dans la galaxie étoffée des films Marvel Black Widow (États-Unis, Marvel Studios, 2021), de la réalisatrice Cate Shortland, est un vrai coup de semonce : car il annonce des bouleversements en profondeur à venir dans le Marvel Cinematic Universe. En effet, chez Marvel les femmes prennent maintenant le pouvoir et c’est tant mieux. Car la Maison des Idées avait un train de retard sur sa concurrente DC Comics. Cette dernière avait offert un écrin au genre super-héroïque féminin en donnant la tunique de Wonder Woman à la sculpturale Gal Gadot, à travers 2 films essentiels, réalisés par Patty Jenkins à seulement 3 ans d’intervalle : Wonder Woman (États-Unis/Royaume-Uni, Warner Bros., 2017) et Wonder Woman 1984 (États-Unis/Royaume-Uni/Espagne, DC ComicsDC Entertainment, 2020).

Ces 10 dernières années les actrices Scarlett Johansson, Gal Gadot et Brie Larson, à travers leur jeu ensorcelant, avaient chacune d’entre elles offert une icône féministe puissante aux jeunes filles d’aujourd’hui. Marvel avait donc répondu du tac-au-tac à DC Comics en proposant le très chouette Captain Marvel en 2019 (États-Unis/Australie, Marvel StudiosWalt Disney Pictures). Mais aujourd’hui les 4 nouvelles Reines à Hollywood sont la réalisatrice Cate Shortland et ses 3 effervescentes comédiennes Rachel Weisz, Scarlett Johansson et Florence Pugh.

Black Widow dans son pré-générique (hommage bienvenu à la franchise James Bond 007) démarre en 1995, dans l’Ohio. Dans une banlieue résidentielle on y voit une mère en compagnie de ses deux filles, Natasha et Yelena. Elles son toutes les trois à l’extérieur de la maison, et la maman explique à ses enfants ce que sont les lucioles, qui volètent tout autour d’elles dans un parc arboricole. On sent déjà que nous avons à faire à une scientifique de haut vol quand Rachel Weisz parle aux gamines. Un peu plus tard dans la soirée, le père rentre du travail et annonce à son épouse et à ses deux filles que le moment tant redouté est arrivé : il faut s’en aller sans tarder, tout laisser derrière soi et ne pas se retourner. La vie américaine paisible au milieu des Nineties, terminé ! Pour la mère et ses deux filles, il s’agit là de la première expérience, consciente, de la brutalité des hommes sur les femmes…

To be continued…

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Notre empire des rêves : à propos de « Star Wars »

Star Wars À mon sens la première trilogie Star Wars reste inégalée aujourd’hui (en juin 2021) car elle a respecté un ordre chronologique précis : 3 années entre chaque nouveau film. 1977 = le tout premier Star Wars sort sur les écrans de cinéma ; 1980 = L’Empire contre-attaque lui succède ; et enfin 1983 = Le Retour du Jedi clôt en majesté la trilogie. 

Remontons un peu dans le temps, jusqu’au début des années 1970 à Hollywood : George Lucas, quand il est étudiant en cinéma à USC (University of South California), réalise un film de fin d’études sous la supervision de son professeur Irvin Kershner. Ce dernier l’encourage à le développer pour en faire un long-métrage de cinéma. En même temps, un autre jeune cinéaste brillant, Francis Ford Coppola, approche George Lucas et décide de produire son « petit film » avec sa propre société de production American Zoetrope. Ainsi THX 1138, le premier long-métrage de George Lucas sort sur les écrans en 1971 et fait parler de lui.

Si bien que le patron de la 20th Century Fox, Alan Ladd Jr, s’intéresse à lui et décide de l’avoir dans son écurie. George Lucas enchaîne ainsi avec la réalisation de son 2e long-métrage, lequel évoque ses souvenirs d’adolescence : il s’agit d’American Graffiti (1973) qui prouve que ce jeune réalisateur peut mettre en images, en son et en musiques une comédie extrêmement bien ficelée et audacieuse. Et cela juste après avoir mis en boîte un film de S.-F. dur et expérimental qui a décontenancé le public.

En misant sur George Lucas Alan Ladd Jr a senti tout le potentiel extraordinaire du jeune homme. C’est pourquoi il accepte de financer le projet suivant de son poulain après avoir lu un premier traitement de 14 pages intitulé The Star Wars. Le budget alloué à ce projet se monte à 100 000 dollars seulement. Les choses vont alors s’enchaîner très vite dès la signature du contrat de mise en pré-production.

To be continued…

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Les colonies humaines dans l’espace sauveront-elles le genre humain ?

Raised by Wolves C’est, entre autres, de cela dont il est question dans la série de science-fiction du moment, Raised by Wolves (États-Unis, HBO Max/Warner TV/Scott Free Productions, 1 saison, 2020- ) d’Aaron Guzikowski.

Le voyage dans l’espace, afin de trouver une planète viable pour la coloniser, est la marotte principale des auteurs de S.-F. d’aujourd’hui. Depuis que le regretté astrophysicien Stephen Hawking a exprimé l’idée, selon laquelle la seule chance de salut de l’Humanité pour les siècles à venir, résidait dans la colonisation humaine d’une planète hors du système solaire, les créatifs de la S.-F. s’en donnent à cœur joie, et nous proposent à chaque fois leur vision de toute cette affaire.

Et Ridley Scott n’est pas en reste, dans la mesure où il n’est pas près de remettre en jeu sa ceinture de champion poids lourd des catégories des arts de l’imaginaire. Alors il hybride à tout va les différents univers qu’il filme depuis 1979 et la sortie mondiale d’Alien, le 8e passager (Ridley Scott, Royaume-Uni/États-Unis, Brandywine Productions, 1979) : des bestioles xénomorphes sacrément hostiles et agressives, des androïdes doué.e.s de sentiments  humains et de capacités cognitives hors du commun, des civilisations extra-terrestres extrêmement évoluées mais qui n’en peuvent…

Depuis quelques années le réalisateur anglais revisite les fondements de sa rêverie spatiale cinématographique. Non content d’avoir relancé la machinerie Alien sur grand écran avec le succès que l’on sait, le père Scott tente le tout pour le tout : la réunification dramaturgique des différents arcs narratifs qui constituent les 3 matrices, celle d’Alien, celle de Blade Runner (Ridley Scott, États-Unis, Warner Bros., 1982), et celle de Prometheus et de Covenant : où les androïdes doué.e.s de raison, celles et ceux qui les traquent (chasseurs de primes première manière à la Rick Deckard ou à la Gaff), et nouveaux chevaliers croisés de la Nouvelle Alliance de l’espace, les Mithraïques, ainsi que les méchantes bestioles baveuses qui en veulent à tout le monde, sans oublier les Ingénieurs, ces êtres païens cosmiques qui savent mesurer la vie là où pourtant tout est noir, et terriblement hostile, tout ce petit monde se rejoint pour signifier le but suprême de l’existence.

En matière de S.-F. existe-t-il des prophéties auto-réalisatrices ?

À suivre…

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Le très beau « Tenet » de Christopher Nolan relance notre passion pour le cinéma

 

John David Washington dans un rôle à la mesure de son immense talent.

John David Washington dans un rôle à la mesure de son immense talent.

Pour relancer l’envie d’aller au cinéma, pour relancer le plaisir d’aller en salles voir sur un grand écran un film étourdissant, qui ferait oublier à bon nombre d’entre nous les mois éprouvants passés en confinement, les exploitants attendaient beaucoup de Tenet (Royaume-Uni/États-Unis, 2020), le nouveau film de Christopher Nolan, en provenance d’Hollywood.

À vrai dire nous attendions tous beaucoup de la part de ce réalisateur qui peut fédérer un public varié sur son seul nom. Aujourd’hui, dans l’industrie du divertissement, c’est devenu extrêmement rare ; car les nouvelles générations ne sont plus attachées aux personnes humaines qui font les œuvres audiovisuelles, non, elles sont attachées en premier lieu à l’endroit d’où elles proviennent, un peu comme si pendant les seventies et les eighties on vénérait les exécutifs des studios plutôt que Billy Friedkin, Michael Cimino ou Brian de Palma (bien évidemment je ne minore en aucune façon le rôle indispensable joué par les executives des majors, j’aurai l’occasion de revenir plus en détail sur ce point essentiel dans les mois à venir.)

Désormais les plateformes sont devenus le doudou de centaines de millions de jeunes gens à travers la planète ; ils vénèrent Netflix, Hulu ou Amazon Prime ; s’intéressent-ils seulement à celles et à ceux qui écrivent les scénarios et qui réalisent les épisodes de leurs programmes télévisuels préférés ? Savent-ils que certaines et certains de leurs show-runn.er.euse.s préféré.e.s ont appris, pendant quatre ou cinq ans dans les départements de lettres des universités, à écrire un texte, à bâtir une intrigue, à concevoir l’analyse détaillée d’un enchaînement de péripéties afin de tenir en haleine n’importe quel spectat.eur.rice potentiel.le ?

Le sens de la narration n’est inné chez personne, il s’enseigne aussi à l’école.

Christopher Nolan adresse donc Tenet aux salles de cinéma, et à travers son titre palindrome le film dévoile une histoire qu’on pourrait croire incompréhensible, alambiquée à souhait, si bien qu’il serait impossible de prendre le moindre plaisir à suivre les agissements de deux super espions technos pour contrecarrer les projets délirants d’un fou puissance au carré, eh bien non, au contraire Tenet est une pure merveille, un bonheur de film d’espionnage et d’action, et d’aventures échevelées qui nous propulse aux quatre coins de la planète, en des endroits magnifiquement photographiés par le chef opérateur Hoyte Van Hoytema, qui officiait déjà sur Interstellar (2014) et Dunkerque (2017).

Bien sûr l’intrigue est filandreuse à souhait, et les questions de déplacements temporels sont un véritable casse-tête quand on veut rendre lisible une intrigue. Mais les films de Christopher Nolan demandent de toute façon plusieurs visions tant ce cinéaste en particulier, a besoin d’interroger le matériau cinématographique, a besoin aussi d’en exploiter toutes ses ressources, en enjoignant chacun et chacune d’entre nous à trouver des réponses aux multiples énigmes qu’il sème dans chaque séquence du métrage.

Tenet a démarré en trombe en France depuis ses toutes premières semaines d’exploitation et toute la filière du cinéma français ne peut que s’en réjouir, car lorsqu’un blockbuster marche fort en salles (et Tenet est bien parti pour être un carton) c’est autant d’argent frais, non négligeable, qui est injecté dans le circuit de financement des films d’art et d’essai, n’en déplaise à certains snobs de la profession.

 

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HBO reprend la main : bienvenue dans le « Lovecraft Country » [#1]

 

La très graphique affiche promotionnelle de la nouvelle pépite de HBO.

La très graphique affiche promotionnelle de la nouvelle pépite de HBO.

Nous disions dernièrement que depuis la fin (définitive ?) de la série phénomène Le Trône de fer, la chaîne payante américaine HBO, qui pendant des années donnait le ton en matière de production et de diffusion de séries de grande qualité, cherchait un second souffle. Je crois qu’elle l’a trouvé avec la nouvelle série qu’elle est en train de diffuser sur ses antennes (ici en France c’est la chaîne OCS qui s’en occupe depuis le lundi 17 août 2020). Il s’agit de Lovecraft Country (2020, saison 1).

Je ne sais pas encore si l’ensemble de cette première saison sera à l’unisson du premier épisode, mais si ça devait être le cas alors nous serions en présence d’une nouvelle création télévisuelle tout bonnement phénoménale.

Cette toute nouvelle série est produite, comme il se doit depuis quelques années, par le génial entertainer Jordan Peele. Ce dernier, non content de réaliser des long-métrages à succès (Get Out et Us, successivement en 2017 et 2019), en profite pour être producteur de séries fantastiques incontournables : il a par exemple ressuscité la mythique Quatrième dimension [The Twilight Zone, 2 saisons pour le moment : 2019 et 2020].

Maintenant il nous livre ce Lovecraft Country sensationnel.

 De quoi ça parle ?

Atticus, dit « Tic », qui a été soldat pendant la Guerre de Corée, est tout juste démobilisé. Une fois rentré chez son père à Chicago, qui vit à South Central, il apprend que ce dernier a disparu depuis 15 jours dans le Comté d’Ardham, sis dans le Massachusetts (mais attention les yeux, ici on n’est pas chez les Bee Gees !). Comme son oncle paternel, George, doit entreprendre un voyage dans le secteur afin d’actualiser son Guide à destination de la communauté afro-américaine, pour éviter les endroits où sévissent les troupeaux racistes [il s’agit du tristement emblématique Green Book, qui est aussi l’enjeu du film récompensé aux Oscars de Peter Farrelly, Green Book : Sur les routes du Sud, États-Unis/Chine, 2018], « Tic » s’embarque avec lui sur les routes de campagne en emmenant avec eux la jolie et espiègle jeune sœur de sa tante, Leticia. 

[à suivre...]

 

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Le multivers d’Alex Garland [#2]

devs-poster Le rythme lent insufflé à chacun des 8 épisodes de Devs (de 52 minutes chacun environ) met en alerte les sens des téléspectat.eur.rice.s : on sent, à chaque péripétie, que notre héroïne Lily Chan s’enfonce davantage dans des imbrications complexes de seuils de réalités à la fois inexplicables et totalement opaques. Au début son amoureux russe, petit génie informatique futé, est recruté au sein du mystérieux cube dans la forêt. Mais il ne va pas en revenir, et Lily va s’efforcer de comprendre pourquoi, car la vision officielle de la boîte, comme quoi il s’est suicidé en s’immolant par le feu, ne la convainc pas. À partir de ce moment originel le cheminement de Lily va épouser les équations complexes de la mécanique des fluides ; je sais, cette phrase ne veut absolument rien dire, elle n’a aucun sens, mais c’est pour vous faire ressentir de quelle manière on se retrouve perdu, en perte de repères,  devant la dramaturgie de cette mini-série assez géniale. Et cela s’appuie sur : la neurasthénie apparente des personnages principaux (Lily Chan et son ex-boyfriend Jamie incarné par l’acteur Jin Ha), la très belle qualité des images du chef opérateur Rob Hardy, sans doute fabriquées avec des caméras numériques Ultra HD Next Gen (notamment la caméra Sony CineAlta Venice), la musique enveloppante que l’on doit aux compositeurs Geoff Barrow et Ben Salisbury, et l’opacité certaine des dialogues pour qui n’a jamais mis les pieds dans un campus scientifique.

La science dure fait bien sûr saliver tous les showrunners de la planète (surtout après la pandémie de Covid-19 que nous venons de traverser), alors parsemer les dialogues de sa nouvelle création audiovisuelle pour la télé et les plateformes de SVOD d’un verbiage abscons permet de faire passer la pilule. Car depuis la fin de Game of Thrones (États-Unis/Royaume-Uni, 2011-2019, 8 saisons) l’héroïc-fantasy et le merveilleux médiéval ne font plus recette auprès de personne. Pour le moment. jusqu’à ce qu’une nouvelle pépite vienne prendre le relais (beaucoup misaient sur The Witcher de Lauren Schmidt [États-Unis/Pologne, 2019- , 8 épisodes au moment où l'on se parle] mais la série n’a pas encore eu le succès escompté).

Devs comporte des morceaux de bravoure, à travers des séquences mémorables : les bastons orchestrées par le chef de la sécurité de Devs, Kenton, sont assez éprouvantes ; toutes les scènes qui se déroulent à l’intérieur du cube sont à couper le souffle ; et pendant la majeure partie du show les plans de coupe sur la statue géante d’Amaya, qui figure la gosse du démiurge, disparue tragiquement, insufflent un regain d’énigmatique amplitude. Si bien qu’une fois le premier épisode visionné on ne peut pas s’empêcher de regarder la suite du programme.

Cette série d’anticipation luxueuse laisse bien des arcs narratifs en suspens, et frustre plusieurs catégories de télespectat.eur.rice.s à la fois. Quelle période du passé de l’Humanité aimeriez-vous voir si une intelligence artificielle vous permettait de le faire ? Qu’est-ce qui motive vraiment tous ces personnages, au passé indéfini, de scientifiques géniaux qui ont réussi à infléchir la courbe de notre espace-temps ? [L'anagramme du titre de la série donne en partie la réponse]

Mais qu’est-ce que vous attendez donc ? Précipitez-vous toutes affaires cessantes sur les 8 épisodes de Devs que diable ! Puis reprenez vos cours de première et de terminale S en Mathématiques et en Physique ; pour rire un bon coup, peut-être…

 

 

 

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Le multivers d’Alex Garland : « Devs » (2020)

 

La très gracile actrice, mannequin et ballerine britannico-japonaise Sonoya Mizuno photographiée par Emma McIntyre

La très gracile actrice, mannequin et ballerine britannico-japonaise Sonoya Mizuno photographiée par Emma McIntyre.

Alex Garland a fait du chemin.

Depuis le temps où il écrivait des scénarios pour le réalisateur Danny Boyle, afin d’en faire des films à succès comme 28 jours plus tard (28 Days Later…, Royaume-Uni/Espagne, 2002) ou encore Sunshine (idem, Royaume-Uni/États-Unis, 2007), jusqu’à la mise en œuvre de sa Mini-série TV en 8 épisodes intitulée Devs (idem, Royaume-Uni/États-Unis, 2020), l’auteur britannique est devenu la mascotte d’une science-fiction complexe, auto-référentielle et mondialisée. En mettant en scène, en 8 épisodes de 47 minutes chacun, superbement photographiés (il faut souligner le génie à la fois technique et artistique du directeur de la photographie Rob Hardy qui avait mis en images le très impressionnant Mission: Impossible – Fallout de Christopher McQuarrie, États-Unis/Chine/France/Norvège/Royaume-Uni, 2018), le parcours démentiel d’un génie des sciences et de sa comparse, Alex Garland filme notre réalité tangible comme si elle était une vision surannée de ce qui doit advenir dans un futur proche.

Dans Devs nous sommes aux prises avec ce pur génie spéculatif, du nom de Forest, qui a mis ses compétences scientifiques hors du commun dans une entreprise délirante jamais conçue avant lui ; et il est accompagné dans ce projet fou par une jeune femme, Cathy, tout aussi – si ce n’est plus encore – géniale que lui.

Dans les environs de San-Francisco, un cube high-tech au milieu d’une clairière, ceint par la forêt, qui abrite Devs, acronyme énigmatique, dont les autres employés de Forest ne connaissent absolument rien à son propos, annonce quelque chose, oui, mais quoi ?

Au sein de Devs des petits génies en nombre restreint, triés sur le volet, s’essaient à réaliser l’impensable. Mais un grain de sable va faire son apparition, et va gripper la machine, aussi puissante et autonome soit-elle. Et ce grain de sable se matérialise sous nos yeux avec l’apparition de la figure fantomatique du personnage de Lily Chan. L’underplay acting de l’actrice Sonoya Mizuno est particulièrement intéressant car il nous permet de comprendre que nous sommes en présence de fantômes.

à suivre…

 

 

 

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Welcome to Avalon

Avalon (Pologne/Japon, 2001) est un film de science-fiction du réalisateur japonais Mamoru Oshii. Il s’agit d’une coproduction Japon/Pologne, ce qui n’est pas si courant. En 1h42, ce film absolument saisissant nous raconte le périple d’Ash, une joueuse de jeu-vidéo dont la progression est constante, et qui subjugue les autres joueurs. Ash voudrait accéder à l’ultime niveau du jeu, celui dans lequel le monde virtuel et la réalité se confondent. Ce jeu auquel Ash s’adonne, en un temps indéterminé, dans une grande ville qui ressemble à celles de l’Europe centrale, s’appelle Avalon

La comédienne polonaise Malgorzata Foremniak.

La comédienne polonaise Malgorzata Foremniak.

La vie de cette jeune fille (une Louise Brooks du XXI° siècle naissant qui réactualise le mythe de la femme fatale, guerrière, intransigeante, qui ne s’en laisse pas compter) est rythmée par les longues plages de jeu, par ses trajets en tramway qui la ramènent dans son appartement qu’elle occupe seule avec son Basset Hound, qu’elle aime plus que tout au monde. Ses relations avec les autres humains se limitent au strict minimum. Car dans le monde d’Ash seule la progression dans la réalité virtuelle d’Avalon compte ; elle seule permet de gagner de l’argent qui conditionne le niveau de vie qu’on peut avoir dans l’existence réelle. Et puis il y a ce défi qu’Ash a envie de relever, sous les auspices de son mystérieux Maître de jeu : tous ceux qui ont atteint le niveau Spécial A, c’est-à-dire le niveau ultime du jeu, n’en sont jusqu’à présent jamais revenus ; ils sont à l’état de légumes, réunis tous ensemble dans un sinistre hôpital de la ville. Mais Ash, mutique à souhait, fuyant toute espèce de relation sociale, se sent d’attaque…

Ce film de Mamoru Oshii participait, en 2001, au questionnement sur les bouleversements induits par l’ère numérique. Au même titre que la trilogie Matrix (États-Unis, 3 films en 1999 et 2003, par les sisters Wachowski) Avalon posait un jalon : celui de commencer à bâtir une cathédrale de sens, à la fois métaphysique et moral, en relation avec chaque pierre amenée à leur tour par d’autres cinéastes. Je pense par exemple à Rupert Sanders et à son adaptation du manga animé Ghost In The Shell (États-Unis, 2017) ou encore à Alita : Battle Angel (États-Unis/Argentine/Canada, 2019) de Robert Rodriguez. Ces cinéastes, à tour de rôle, qui savaient marier mieux que personne rigueur sémantique et découpage technique au cordeau, mettaient en images certaines questions, qui étaient d’une actualité brûlante aux toutes premières années de ce vingt-et-unième siècle qui débutait à peine : qu’est-ce que c’est, maintenant, la réalité ? Quelle est la différence, en nature et en genre, entre ce qui semble réel et ce qui ne le paraît pas ? Peut-on faire encore confiance à nos 5 sens ? Notre perception de la réalité diffère-t-elle beaucoup de celle du personnage d’Alita ou de celui du Major ?

Une esthétique "steampunk" indéniable dans le film d'Oshii, à l'image de ce superbe tank de combat.

Une esthétique « steampunk » indéniable dans le film d’Oshii, à l’image de ce superbe tank de combat.

Avalon est un film somptueux sur la quête de sens dans un monde qui paraît cruellement en manquer. Nous ne sommes pas prêts d’oublier le regard fixe,  mais qui questionne tout ce qu’il regarde, de la superbe actrice polonaise qui interprète Ash, la guerrière de l’ère numérique à ses balbutiements : Malgozarta Foremniak !

 

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La saga « Star Wars », 2e partie

Nous sommes en 2020, nous entamons une nouvelle décennie de cinéma, et l’Épisode 9 de Star Wars, intitulé L’Ascension de Skywalker (J. J. Abrams, États-Unis, 2019) est sorti sur les grands écrans du monde entier depuis plusieurs semaines déjà.

épisode IX

Alors, que faut-il en penser ? Si on fait une rétrospective de l’ensemble de la critique professionnelle on va vite s’apercevoir qu’il y a comme un malaise. C’est-à-dire que la majeure partie des personnes qui ont fait un compte-rendu du film dans la presse ont alterné entre soulagement d’assister au point final d’une saga qui dure depuis 1977 et qu’il ne fallait surtout pas voir s’enliser irrémédiablement dans le n’importe quoi comme la plupart des franchises ciné trop usées, et envie brûlante d’en relever toutes les insuffisances, tous les ratés.

Il y a vingt ans de cela on aurait vu une floraison d’articles dithyrambiques orner les pages des journaux et des magazines ; mais les temps ont changé et même Mad Movies reste sobre sur le sujet dans son numéro de janvier 2020 (#336). Cédric Delelée donne un moyen 3/6 à L’Ascension de Skywalker dans le tableau des étoiles du magazine, et le justifie ainsi dans le compte-rendu qu’il consacre au film à la page 21 : « Reste que malgré sa direction artistique à tomber par terre et la chorégraphie spectaculaire de ses (très) nombreuses scènes de combat, L’Ascension de Skywalker est un film sacrément mal branlé en termes de script. (…) Emprunts permanents au Retour du Jedi, ellipses maladroites à foison, mises à mort de personnages tuées dans l’œuf dès la scène suivante, récit mené à toute allure alors qu’il aurait fallu lui consacrer une heure de plus, éléments de surprise intéressants sur le papier mais bâclés à l’image, gestion épouvantable du retour de Palpatine…« 

Oui, c’est vrai, il est là le nœud du problème (attention SPOILER !!) : la filiation de Rey avec la maison Palpatine semble être née d’un brainstorming organisé par un pool de scénaristes qui voulaient à tout pris s’écarter du chemin tracé par Rian Johnson dans l’Épisode VIII : Les Derniers Jedi (Rian Johnson, États-unis, 2017); dans lequel le postulat nous apprenait que la Force se distribuait d’une manière tout à fait aléatoire à travers la galaxie ; il ne suffisait pas d’appartenir à une famille patricienne pour en être investi.

Non, les démocrates n’ont plus tellement la côte à Hollywood pour le moment.

à suivre…

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La saga « Star Wars » : entre innovations et continuité

Star Wars Le mercredi 18 décembre 2019 sortira sur les écrans l’épisode 9 de la saga Star Wars.

Cette saga a été initiée voilà 42 ans par un jeune réalisateur américain, George Lucas, fan de sérials d’aventures et de science-fiction des années 30, 40 et 50. Le succès surprise et inattendu de ce film intitulé Star Wars. Épisode 3 : un nouvel espoir (États-Unis, 1977) allait donner naissance à un engouement qui ne s’est jamais démenti depuis. C’est pourquoi cet ultime épisode, baptisé L’Ascension de Skywalker (J.J. Abrams, États-Unis, 2019) devra conclure en beauté, d’une manière à la fois épique mais aussi intimiste dans les scènes à 2 ou 3 personnages, un ensemble de 9 films qui racontent ceci : les aventures interstellaires débridées de personnages qui sont liées par la Force et qui tournent autour de la figure tutélaire de Skywalker (le marcheur du ciel). Ce qui n’est pas une mince affaire.

C’est pour cela que les rênes de ce dernier épisode majeur de la saga cinématographique ont été confiées à J. J. Abrams, le réalisateur qui débuta cette 3e et dernière trilogie Skywalker dans Le Réveil de la Force (États-Unis, 2015).

J. J. Abrams est l’homme de la situation dans la mesure où il a rempli le cahier des charges en tournant l’épisode 7 sus-cité, qui a permis de revitaliser une franchise dont on ne savait pas, en 2015, si elle résisterait aux nouvelles formes de narration qui redistribuaient les cartes de l’entertainment aux abords des années 2010. Les show-runners avaient pris le pouvoir à Hollywood et à New-York, au moment où George Lucas vendait ses droits à Disney pour 4, 05 milliards de dollars en octobre 2012 [source 20 Minutes avec agence, article publié le 07/11/2018, consulté le 06/12/2019].

Avec l’achat des droits de Lucasfilm et de ceux de Marvel Entertainment en 2009, pour la coquette somme de 4 milliards de dollars, sans oublier, pour couronner le tout, le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox en décembre 2017 (pour  une somme rondelette de 66 milliards de dollars, dette comprise) [source bfmbusiness.bfmtv.com du 14/12/2017, consulté le 06/12/2019], Disney devient la plus gigantesque machine à créer et à produire du contenu au 21e siècle.

à suivre…

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