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Overlord (2018) : ce qui s’est vraiment passé le 6 juin 44

Overlord On nous aurait caché certaines choses ! Bon sang de bonsoir ! Oubliez vos vieux manuels d’Histoire de collège et de lycée, oubliez ce que vos profs vous ont raconté sur le sujet, l’essentiel n’était pas dit. Et même le très respectable historien militaire anglais Antony Beevor n’y consacre pas une ligne, sur les 638 pages que contient son admirable D-Day et la bataille de Normandie (Calmann-lévy, juin 2009) ; et qui se lit avec gourmandise avec autant d’entrain qu’un roman d’aventures.

Oui, il s’est passé bien des choses dans la campagne normande et sur le littoral les journées du 5 et du 6 juin 1944 (ou plutôt les nuits). Et on peut en avoir un aperçu dans Le Jour le plus long, la production de prestige de Darryl F. Zanuck pour la Fox (1962), dans Le Mur de l’Atlantique (1970) de Marcel Camus, ou encore dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg.

Cependant, ça n’était rien de comparable à ce qui se passe à l’écran dans Overlord (2018) de Julius Avery : quand des éclaireurs de la 101e Aéroportée, parachutée la veille du Jour J derrière les lignes de défense côtières allemandes, doivent faire face au cœur de la nuit normande à une bien étrange affaire. Ainsi une poignée de héros ayant réchappé à l’apocalypse dans les airs (bombardiers alliés désintégrés en plein vol par la DCA allemande, vols en parachutes se terminant dans des mares ou dans des arbres, peaux déchiquetées et peur à tous les étages, …) va devoir se coltiner avec de l’inattendu, oh ça oui : il s’agirait d’un labo secret, bien planqué, ou tout autour ça grouille, ça s’agite…

Inutile d’aller plus avant, car je vous laisse le soin de découvrir ce qui se trame dans ce remake à peine déguisé du génial et mythique La Forteresse Noire (1984) de Michael Mann. Des nazis belliqueux, des GI’s tous droit droits sortis de Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino, un personnage principal attachant joué par Jovan Adepo, une française tout feu tout flamme interprétée par Mathilde Ollivier, une mise en scène spectaculaire sans temps mort… Bref, tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un moment exaltant qui joue sur l’équilibre – certes fragile – entre gros film de studio qui se prend au sérieux (c’est une production JJ Abrams pour Paramount Pictures quand même) et grosse déconnade à la Iron Sky (2012) de Timo Vuorensola (souvenez-vous : des nazis en maraude sur la face cachée de la Lune depuis 1945 et la capitulation et reddition inconditionnelle du IIIe Reich).

Vous l’aurez compris, Overlord, qui est sorti au cinéma l’an dernier, est le film parfait pour les vacances de février. Il est bien sûr inutile de préciser ici que les péripéties qui y sont narrées ne vous seront d’aucune utilité pour vos prochains devoirs d’Histoire contemporaine !

Enjoy !!

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Derrière la Glass, 2e partie

Glass Quel est l’enjeu de ce nouveau film de Shyamalan, qui prolonge les 2 précédents opus, Incassable et Split ?

Tout simplement de mettre en images et en sons le devoir de croyance, à une époque où le bombardement continuel d’alertes, de fake news et de contre-vérités ne cesse d’alimenter la rumeur anxiogène du monde. Nous ne sommes plus sur la grande scène ouverte du théâtre du monde, si chère à nos dramaturges et à nos moralistes des XVIIe et XVIIIe siècles. Non, nous sommes aujourd’hui embourbés, tous ensemble, dans un continuel va-et-vient entre optimisme déraisonnable (les nouvelles technologies vont nous rendre heureux et coopératifs, vraiment ?) et sentiment d’abandon prononcé (que deviennent nos démocraties, à l’heure où plus d’un appelle de ses vœux le retour à ce bon vieil autocratisme ?).

En filmant 3 trajectoires, celle de David Dunn, qui tient une entreprise familiale de vente d’alarmes avec son fiston le jour, puis s’en va corriger le menu fretin de la délinquance la nuit dans les rues de Philadelphie ; puis celle de l’homme en verre (à cause de sa maladie orpheline) qui croit fermement à l’existence des super-héros et donc par conséquent à celle aussi des super-vilains ; et enfin celle de cet homme aux 21 personnalités différentes, formant ce qu’il appelle La Horde, et voulant laisser place à The Beast  (La Bête), le réalisateur ajourne en nous le sacro-saint principe de vraisemblance : car pour une fois au cinéma, on croit à ce qu’on nous montre.

Mais est-on bien sûr de comprendre ce qui se passe à l’écran, de saisir toutes les ramifications de ce qui se joue, d’une complexité de sens inouïe, entre les 3 protagonistes ? Il faudra revoir ce grand film un paquet de fois pour commencer à mesurer l’ampleur ce cette mise en scène, les pleins et les déliés de cette manière d’envisager icelle comme une machine à générer de la croyance. Ce retour aux fondamentaux originels du cinéma fait un bien fou. Car il nous dit en retour qu’on peut aimer, sans être ringard et dépassé par les événements, ces films qui ressemblent à ceux d’autrefois et que nous aimions profondément, que nous chérissions dans la mesure où nous avons grandi avec eux.

C’est en somme ce que nous disait le Professeur Thibaut de Mad Movies samedi dernier, à propos des films de John Carpenter et de George A. Romero, lors de la toute 1ère « Séance interdite » programmée à Ciné 32 à Auch. Mais nous en reparlerons plus en détail, promis.

à suivre, évidemment…

 

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Derrière la Glass

glass Jusqu’à il n’y a pas encore si longtemps, qui se souvenait de Night Shyamalan ? Qui avait encore en mémoire le précipité de films que ce garnement offrait en partage aux spectateurs émerveillés, il y a vingt ans de cela ? Qui gardait à l’esprit la manière déconcertante avec laquelle le maestro envoyait coup sur coup dans les salles Sixième Sens (1999), Incassable (2000), Signes (2001), et Le Village (2004), en laissant sur le carreau la concurrence pourtant féroce de l’époque ?

Il était le nouveau wonder boy d’Hollywood, celui auquel les studios faisaient crédit illimité. Jusqu’à la chute, vertigineuse, symptomatique de ces montagnes russes qui vous faisaient roi un jour, mastermind inaccessible et bouffi d’orgueil et de contentement de soi, puis qui vous précipitaient du haut de la roche tarpéienne le lendemain. Les choses se gâtèrent pour notre ami avec la sortie en salles de La Jeune fille de l’eau en 2006 : le film déçut et le réalisateur amorça son déclin, qui se matérialisa avec la catastrophe industrielle du Dernier Maître de l’air en 2010. La rupture avec les amoureux transis des débuts était consommé. C’était il y a 9 ans mais pour Hollywood c’est comme si mille ans étaient passés. Shyamalan n’existait tout bonnement plus pour l’industrie du divertissement audiovisuel globalisé. Mais en secret personne n’avait oublié la magnificence des débuts, ce tour alchimique opéré avec ces 5 chef-d’œuvres du début : un plus particulièrement avait retenu notre attention ! Il s’agissait d’Incassable, car, dans ce film-là en particulier, on sentait que la virtuosité de la mise en scène, sa structure à priori duelle (l’histoire d’un mec qui veut rester ordinaire pendant qu’un autre veut à tout prix en faire un super héros de comics), sa cinématographie luxuriante, et la justesse de son interprétation, eh bien que tout cela concourrait à en faire une oeuvre pour après, quand les années passent et qu’on prend un jour le temps de revenir sur cet objet profondément admiré, et qu’on se rend compte que même une centaine de visionnages n’en épuisera jamais les questionnements et les interprétations sans cesse renouvelées.

Alors quelle ne fut pas notre surprise – que dis-je ! – notre stupéfaction, quand dans le dernier plan de Split (2016) on comprit soudain qu’on allait avoir à faire à une trilogie, et que notre dieu oublié d’autrefois allait remettre bon ordre dans l’univers dispersé, éclaté, atomisé, des films de super héros, qui n’en sont, mais !

Mais comment donc le bougre allait terminer son grand œuvre : dans l’apothéose ou sous les cris et les larmes des fans éberlués, trahis, inconsolables ?

Qu’on se rassure dès avant :le maître nous a en définitive offert le film qu’on n’attendait plus !

Car Glass (2019), oui, osons le mot, est un chef-d’œuvre. Voici pourquoi.

à suivre

 

 

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10 ans de science-fiction au cinéma (2008-2018) [1/4]

metropolis-1 En regard des nouvelles découvertes de la science ces 10 dernières années, on peut remarquer que le cinéma de science-fiction anticipe avec vraisemblance le devenir de l’espèce humaine ; et surtout les modalités de coexistence et de cohabitation entre différentes espèces, dont il faut commencer à prendre au sérieux l’apparition : car les cyborgs, les androïdes, les robots, les êtres humains augmentés, les machines autonomes – en gros tout ce qui a trait à l’Intelligence Artificielle – sont bel et bien parmi nous. A défaut d’avoir pu rencontrer une autre forme de vie, de préférence extraterrestre, en juillet 1969, l’être humain, par le biais combiné des sciences de la biologie et celles de l’ingénierie, s’est évertué à améliorer l’humaine condition à travers la réalisation d’un autre corps, cette fois inaltérable, indestructible, et qui échappe à la corruption du temps. C’est d’ailleurs le programme qu’avait proposé Fritz Lang dès 1927 dans son sublime et indépassable Metropolis.

alien-covenant-59bc0325d7f1a En donnant naissance aux Ingénieurs dans Prometheus (2012), Ridley Scott relance la saga Alien et tente de donner une explication plausible à l’apparition de la vie sur notre bonne vieille Terre. De plus on se rend bien compte qu’il essaye de relier ses 2 films cultes, Alien le 8eme passager (1979) et Blade Runner (1982), matrices originelles de la S.-F. au début des années 80, en reprenant la main : il est
à la réalisation en ce qui concerne la nouvelle trilogie Alien, qui comprend Prometheus, Alien Covenant (2017) et Alien Awakening (à venir), et reste producteur de Blade Runner 2049 (2017), confiant sa réalisation à Denis Villeneuve qui marche sur les traces de son aîné. On a appris depuis que cette nouvelle trilogie devait boucler la boucle en expliquant le comment du pourquoi de l’appel de détresse reçu par le Nostromo au retour de sa mission de récolte de minerais, dans le premier épisode de la saga. Et on croit déceler dans les thématiques mises en œuvre dans Prometheus et Alien Covenant, ce qui hante profondément Ridley Scott, et à sa suite, une cohorte de réalisateurs de S.-F. : la question ultime du sens de la vie, créée ex-nihilo par un ou plusieurs démiurges qui programment un code génétique, et améliorent ensuite les modèles cognitifs propres à l’humanité, puis insufflent la vie à la matière organique modifiée ; ainsi le clone surpasse son modèle humain, et dépasse, dans son développement accéléré, les catégories usuelles de la morale et de la religion.

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« Upgrade » de Leigh Whannell (2/2)

Upgrade Ce qui est passionnant dans ce film de Leigh Whannell, au delà des péripéties haletantes qui en font un excellent film d’action sans temps mort, c’est la façon dont notre réalisateur orchestre la montée en puissance, progressive et irrémédiable, d’une IA baptisée STEM. Qui au départ parait être une avancée considérable nous permettant de continuer à vivre comme avant.

On ne peut pas s’empêcher de penser au fait que chaque grand tyran de l’Histoire promettait un monde meilleur, et amadouait sa population à travers la réalisation de grands travaux structurels qui faisaient croire à la possibilité effective du programme envisagé : comme la construction des autoroutes et la fabrication en série de la Wolkswagen (la voiture du peuple) en Allemagne après 1933, la NEP en Russie et la constitution des différents comités de collectivisation après la seconde Révolution bolchevique de 1917, la rééducation massive des campagnes pendant la longue marche de Mao et de ses troupes rouges, … la liste est immense et, hélas, pas définitive.

A l’aune de ces réflexions le film n’est plus un simple divertissement qu’on oublie aussitôt après son visionnage. Non, il interroge de manière pertinente le monde actuel, et les défis à venir. Et lance un constat alarmant : n’en déplaise aux bobos qui travaillent dans les open space hyper-connectés des labos de recherche sous tutelle du Ministère de la culture et de celui de l’Industrie ; et qui réfléchissent au monde de demain en prônant le véganisme pour tous et sa ration de graines de chia quotidienne concomitante, le proche avenir va davantage coïncider avec les visions déliquescentes d’un Blade Runner (Ridley Scott, 1982) et d’un Strange Days (Kathryn Bigelow, 1995). Et non, chacun d’entre nous ne trouvera pas du sens dans un environnement entièrement régenté par des IA, des nanoparticules et une poignée de milliardaires insensibles et cruels, qui décideront du sort de millions d’individus en un algorithme ou un clic de souris.

Upgrade nous adresse ce message puissant : bienvenue dans le monde, épouvantable, de demain.

 

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« Upgrade » de Leigh Whannell (1/2)

Upgrade Notre proche avenir va certainement ressembler, à s’y méprendre, à ce que nous proposent certains films d’anticipation depuis de nombreuses années. Et il y a de quoi s’interroger et être inquiet. Car nous ne sommes plus dans la projection idyllique d’un futur émancipateur et connecté, celui que veulent nous vendre les GAFA. Ces géants du Net ne respectent aucune norme juridique ou morale, celles qui avaient cours avant et qui permettaient d’envisager sereinement un avenir pas trop destructeur. Mais c’est terminé. Car au moment où j’écris ces lignes la première androïde (ou cyborg, ou IA biomécanique ou que sais-je encore) totalement autonome va bientôt être en poste dans une compagnie d’assurances en Asie du sud-Est.

Ce que les fans hardcore de S.-F. sauvage et décomplexée (dont je suis) redoutaient, a eu lieu : c’est-à-dire que Skynet, ce programme d’Intelligence Artificielle bichonné par des scientifiques malins mais irresponsables, prenne son envol et s’émancipe de sa tutelle humaine encombrante. Et c’est en train d’arriver dans notre vrai monde, dans notre réalité, et pas seulement sur un écran de cinéma. Souvenez-vous comment cela se terminait : l’IA était tellement intelligente, complexe et structurée qu’elle avait tôt fait de mettre en exergue ce qui fait la primauté de l’espèce humaine sur toutes les autres, depuis maintenant 30 000 ans : éliminer ce qui gêne la prolifération des meilleurs, bien mieux adaptés au nouveau biotope. Les machines nous dégommaient et c’était jouissif à regarder sur un écran de ciné. Terminator 2 de James Cameron (1991) fit son entrée avec fracas dans l’histoire du cinéma fantastique et de S.-F.

Et on se disait, devant l’écran, en mâchant nos pop-corn, « non, quand même, ils vont trop loin à Hollywood, on n’est pas si débiles ; on ne va pas créer l’instrument de notre propre destruction, faut pas déconner ! » Et pourtant. Etait-elle si loin de nous la prolifération des armes atomiques partout sur le Globe, ainsi que notre extermination programmée depuis la crise des missiles à Cuba en octobre 1962 ? L’écrivain et réalisateur Michael Crichton ne parlait que de ça pendant les années 70 et 80, quand il orientait son travail de créateur sur la dualité homme/machine ; en imaginant la révolte des robots qui ne veulent plus être les laquais de qui que ce soit dans Mondwest (1973) et Runaway : L’évadé du futur (1984).

Upgrade (2018) est un film australien de science-fiction (ou plutôt d’anticipation cyberpunk) qui envisage ce que nous allons devenir quand nous serons assujettis au bon vouloir d’une Intelligence Artificielle qui au départ fut conçu pour réparer ce qui a été cassé ou irrémédiablement abimé. Grey est un mécanicien à l’ancienne, qui bichonne de superbes automobiles. Il leur confère une âme à travers le temps qu’il passe à réparer, à ajuster, à gonfler des moteurs. Grey est un homme concret, solide, car il travaille encore avec ses deux mains, plongés jusqu’au bout des doigts dans le cambouis et dans la graisse de moteur. Il est marié à une femme, Asha, cadre dans une boîte de nouvelles technologies, Cobalt. Et l’essentiel de leurs discussions dès l’entame du film porte sur la dichotomie qui pourtant cimente leur couple : Grey est un pragmatique qui ne trouve plus sa place dans ce monde où les voitures connectées vous ramènent chez vous sans que vous ayez besoin de conduire ; tandis que sa femme, Asha, ne comprend pas qu’on puisse encore éprouver l’envie de mettre la main à la pâte. Bien entendu, le drame surviendra.

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Ciné Seventies : (#2) « Star Wars » de George Lucas

Star Wars 1977 Avant d’attaquer la rentrée ciné, séquence nostalgie, pour se motiver à bloc : que reste-t-il de l’émerveillement de l’enfance face au tout premier Star Wars (1977) de George Lucas, 40 ans après sa sortie sur les écrans ?

En 1997, vingt ans après sa réalisation et son exploitation triomphale dans le monde, le réalisateur George Lucas propose une version augmentée du premier épisode de sa trilogie La Guerre des étoiles. Avant de mettre en chantier quelques années plus tard une nouvelle trilogie (en 1999 précisément). Profitant de la révolution numérique qui innerve tout le cinéma de divertissement hollywoodien (à partir de Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993), George Lucas, avant de se jeter dans la bataille, et après un silence filmique qui dura 20 ans, revisite son film inaugural, qu’il retitre Un nouvel espoir. Cette nouvelle version propose des scènes augmentées et des incrustations numériques dans l’image, par rapport au film original de 1977. Mais dans l’ensemble, il reste le même film, et la magie opère toujours aussi efficacement. Car à la vision de cet Episode IV on redevient illico un enfant émerveillé ; et la vision du patrouilleur de l’Empire voguant dans l’espace intersidéral en entrant lentement dans le champ dès les premières secondes du film, reste aussi saisissante 39 ans ans plus tard.

En posant les jalons de son Space opéra George Lucas est entré à jamais dans les annales de l’Histoire du Cinéma. En compilant, puis en synthétisant plusieurs récits initiatiques et archétypiques de la tradition littéraire occidentale (le jeune Luke Skywalker en David Copperfield de l’espace par exemple) le réalisateur donne à voir, et à mesurer, les étapes structurelles de tout accomplissement : l’enfant orphelin, perdu, puis sauvé par son maître et soumis à une rude initiation, doit accomplir la mission rédemptrice qui lui est dévolue depuis sa naissance, à savoir… tuer le père (bonjour Sophocle, bonjour Sigmund Freud). Ainsi le jeune George Lucas s’affirme comme un solide conteur, mais aussi comme un créateur de formes : cf. la saisissante et mortifère beauté de l’Etoile de la Mort, symbole absolu du Profanateur, du Destructeur des mondes ; les épées lasers d’Obi Wan Kenobi, le dernier chevalier Jedi, et de son ancien disciple voué au Mal et à la destruction, le très charismatique Dark Vador, devenu au fil du temps une icône absolue de la pop culture ; la bataille finale dans l’espace entre les pilotes aguerris de la Rébellion et les sbires de l’Empire ; la beauté et le charisme de tous les personnages du film, les créatures (Chewbacca), les droïdes (C3PO et R2D2), et le trio majeur adopté par toute une génération : le candide Luke, le mâle alpha Han Solo, et l’Amazone Princesse Leïa.

Je crois qu’en matière de space opéra  et de pur divertissement familial intelligent ce film de George Lucas ne fut jamais égalé. Et ne le sera sans doute jamais.

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