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The Movie Hunter présente : « Mourir peut attendre » en 2021

Daniel Craig imprime de toute sa classe cette dernière incarnation de notre agent double zéro préféré.

Daniel Craig imprime de toute sa classe cette dernière incarnation de notre agent double zéro préféré.

Nous l’avons attendu désespérément depuis au moins deux bonnes années. Et il est enfin là, sur nos écrans de cinéma. Le tout nouveau, tout beau James Bond 007 ! Et même s’il a perdu son matricule en route, récupéré au débotté par la délicieuse agente double zéro Nomi, incarnée par la sculpturale Lashana Lynch, James Bond n’est pas en reste. Car il cogne toujours aussi fort les pires crapules qui ont un jour décidés de prêter serment à une organisation criminelle et terroriste comme SPECTRE par exemple. Ainsi, la séquence de baston entre Bond et le porte flingue à l’œil bionique de l’organisation, dans un village en Italie, est un modèle de découpage ; en plus elle fait suite à la magnifique séquence de poursuites automobiles, quand plusieurs pick-up Range Rover tentent de mettre hors d’état de nuire notre sémillant Commandeur à bord de sa puissante Aston Martin dernier modèle.

Tout ce que nous aimons dans un Bond-Movie est à sa juste place : les sites géographiques exotiques (un village pittoresque italien en altitude qui fait penser à une des séquences d’ouverture de Mission : Impossible 2 [États-Unis/Allemagne, Paramount Pictures, Cruise/Wagner Productions, 2000], celui de John Woo, quand l’agent Ethan Hunt valse en décapotable sur des routes en lacets andalouses avec la ravissante agente Nyah Hall – le réalisateur Cary Joji Fukunaga connaît parfaitement ses modèles), les personnages féminins séduisants et intelligents (mention spéciale pour l’actrice Naomie Harris qui incarne Moneypenny), la femme aimée, puis délaissée puis miraculeusement retrouvée (ici aussi, comme dans le Master Piece de John Woo il s’agit d’un empoisonnement par contact cutané, et quand on s’aime vraiment on se touche), les courses-poursuites à tomber de son siège (autre séquence d’anthologie, celle de la poursuite entre le 4X4 et les motos-cross (cette fois clin d’œil subtil au Black Rain [États-Unis, Paramount Pictures, 1989] de notre ami Ridley Scott), les gadgets (montre, auto, comme il se doit), et un méchant machiavélique (et on se paye le luxe d’en avoir deux). Le cahier des charges est respecté.

Et puis, comment ne pas avoir sa petite larme au coin de l’œil quand on sait qu’il s’agit là de la der des der pour l’admirable Daniel Craig, qui dans ce Mourir peut attendre [No Time to Die, Royaume-Uni/États-Unis, MGM/Universal Pictures/Eon Productions, 2021] exemplaire endosse le costume du Commandeur pour la dernière fois.

Quand les derniers souffles de l’explosion finale s’évacuent vers la haute-mer et qu’on voit rouler Léa Seydoux à toute allure sur une route escarpée au volant de sa puissante et luxueuse berline, et qu’elle sourit à sa délicieuse petite Mathilde, on a le souffle coupé : fondu enchaîné, le noir se fait sur l’écran, et puis tout à coup, apparaît la phrase magique : James Bond reviendra.

Alors, avez-vous été suffisamment attentif.ve.s ?

Petit indice, juste entre nous : dans la longue séquence de la boite de nuit qui se déroule à Santiago de Cuba, un plan furtif montre un homme qui, face caméra, nous sourit. Vous l’avez reconnu, le nouveau James Bond 007 ?

Affaire à suivre…

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Cette année (2021) amusez-vous en compagnie de Steve Martin, Selena Gomez et Martin Short !

Le légendaire acteur comique et dramatique américain Steve Martin en pleine réflexion.

Le légendaire acteur comique et dramatique américain Steve Martin en pleine réflexion.

Only Murders in the Building (2021) est une série télévisée de Steve Martin et John Hoffman, diffusée aux États-Unis sur Hulu, et en France sur la plateforme Star de Disney+ France.

Dans cette série formidable, dont chaque épisode n’excède pas 40 minutes, on s’attache à trois personnages qui vivent dans le même immeuble, l’Arconia, situé à Manhattan, et qui décident de créer un podcast sur les crimes irrésolus, suite à la mort d’un de leurs voisins. Les deux acteurs américains Steve Martin et Martin Short – qui sont des génies comiques, dont la carrière cinématographique inventorie le genre comique américain porté à son point de perfection – font équipe avec la jeune comédienne Selena Gomez, qui trouve dans cette production son premier vrai rôle important.

L’enquête que mènent l’acteur de télévision Charles-Haden Savage, le producteur off-Broadway Oliver Putnam et la mystérieuse Mabel Mora, pour savoir qui a éliminé leur très antipathique voisin Tim Kono, donne lieu à une succession de scènes irrésistibles de drôlerie et de malices. Le duo formé par Martin & Short est un condensé de ce que la comédie américaine apporta de sang neuf dans les films comiques des années 1980 et 1990 ; ajouté à cela, la performance de Selena Gomez constitue un apport de poids, et le duo devient trio, et ce trio comique relance la veine américaine qui jusqu’alors était la chasse-gardée de Woody Allen. Mais depuis maintenant quelques années, le new-yorkais à lunettes le plus célèbre se débat avec des affaires judiciaires et des accusations en pagaille qui ne lui permettent plus de se mesurer à celles et à ceux qui réinventent la comédie à la télé ou au cinéma aujourd’hui.

Only Murders in the Building est un rafraichissant spectacle qui mêle intelligemment enquête sur le fil du rasoir à la Agatha Christie, vaudeville malicieux et tranche de vie de quelques spécimens new-yorkais pourris gâtés qu’on adore détester. 

En plus, dans l’épisode 4 de la 1ère saison, sobrement baptisé The Sting (et qui à mon humble avis est appelé à devenir un classique de la production télévisuelle des années 2020) on a droit à une très belle performance, délicate et émouvante, de la part d’un Steve Martin dont je n’hésite pas à dire ici qu’il demeure un des plus merveilleux acteurs américains en activité.

Si ce n’est pas encore fait, précipitez-vous vers cette série qui contient 1 saison en 10 épisodes pour le moment. Vous ne le regretterez vraiment pas.

Parole de Movie Hunter !!!

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Les westerns mythiques : [#4] « Le Grand Silence » (1967)

Jean-Louis Trintignant, impressionnant de charisme, incarne Gordon Silence dans ce chef-d'œuvre de Corbucci.

Jean-Louis Trintignant, impressionnant de charisme, incarne Gordon Silence dans ce chef-d’œuvre de Corbucci.

Dans Le Grand Silence de Sergio Corbucci, sorti au cinéma en 1967, c’est-à-dire entre la sortie en salles de Le Bon, la Brute et le Truand (Il Buono, il Brutto, il Cattivo, Production Alberto Grimaldi, 1966) et celle d’Il était une fois dans l’Ouest (C’era une volta il West, Paramount Pictures, 1968) de son compère Sergio Leone, on assiste à l’affrontement entre une fine gâchette et un chasseur de primes sans scrupules.

Toute l’action du film se déroule dans le village de Snow Fall et dans ses environs montagneux. Nous sommes dans l’Utah, au cœur de l’hiver, et la neige recouvre tout. Des plans panoramiques nous montrent de grandes étendues enneigées, traversées par des bandits de grand chemin qui tendent des embuscades à des chasseurs de primes cruels. Cependant le gouverneur de l’État a décrété une prochaine amnistie générale, ainsi les villageois affamés qui ont déserté Snow Fall pour détrousser les voyageurs afin de subsister, pourront bientôt rentrer chez eux. Tout sera pardonné. Mais le banquier de la petite ville ne l’entend pas de cette oreille. Car il s’est acoquiné avec les chasseurs de primes fourbes en l’absence des villageois. Et il sait qu’il lui en cuira quand tout rentrera dans l’ordre.

Cette entente machiavélique entre le notable et le chasseur de primes Loco Tigrero, incarné par le génial Klaus Kinski, et ses acolytes, marche assez bien. Jusqu’à ce que le nouveau shérif arrive en ville, sur ordre du gouverneur, dans la même diligence de la Wells Fargo que celle qu’occupe Gordon Silence, un pistoléro mutique que joue à la perfection notre Jean-Louis Trintignant national.

Ce qui est remarquable dans ce magnifique western, c’est que l’acteur français y est complètement crédible dans la peau de ce justicier muet. Il reprend à peu de choses près le rôle laissé vacant par Clint Eastwood une fois terminée la Trilogie du dollar de Leone. L’affrontement entre Trintignant et Kinski tout au long des 1H40 du long-métrage est savoureuse de bout en bout. Et il en préfigure un autre qui aura lieu dans la prairie neuf ans plus tard, dans le non moins parfait The Missouri Breaks d’Arthur Penn (United Artists, 1976), dans lequel Marlon Brando et Jack Nicholson jouent eux-aussi au chat et à la souris.

Le Grand Silence met aussi à l’honneur un personnage de femme beau et émouvant : il s’agit de Pauline Middleton, interprétée avec beaucoup de classe par Vonetta McGee. Elle est l’épouse d’un des hommes qui est occis au début du film par Tigrero. En drapant son terrible veuvage dans les atours de la vengeance, et en se donnant corps et âme à son ange exterminateur muet – qui donc ne parle pas à mauvais escient, et qui surtout ne la juge pas – Pauline ouvre la voie à des héroïnes cinématographiques qui vont illuminer le cinéma contestataire des années 1970. Je pense particulièrement à des actrices comme Claudia Cardinale, Lea Massari, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Jane Fonda et Raquel Welch.

Le Grand Silence, géniale coproduction franco-italienne, demeure une merveille, tant dans ses dialogues croustillants à souhait, que dans sa manière d’inventorier le passage abrupt de la fin de la violence vers la réglementation du droit et la légitimation sociale de la loi, qui elles seules permettent de mettre un terme à la guerre civile permanente de tous contre tout un chacun. Il s’agit d’un très grand western politique.

[Sources des crédits = Patrick Brion, Encyclopédie du Western, Éditions Télémaque, octobre 2019]

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Les Doigts Nylon enchantent notre été

De gauche à droite : Enrique, Pascal et Thomas.

De gauche à droite : Enrique, Pascal et Thomas.

Hier soir (le jeudi 26 août 2021 à 21h00) Les Doigts Nylon se sont produits sur la scène du Pub irlandais & celte de Jégun, sous les arcades de la jolie place fortifiée du village, dans le département du Gers.

À partir de 21 heures nous avons écouté le chant puissant des trois guitares espagnoles, qui, chacune à leur façon, ont déroulé des histoires chères au cœur et à l’âme andalouses. Les Doigts Nylon c’est la réunion de trois guitaristes exceptionnels qui ont décidé d’œuvrer ensemble à la valorisation du patrimoine musical exceptionnel des terres ibériques, et en particulier de celles de l’Andalousie. Mais il ne s’agit pas ici de folklore, ou de muséification musicale insipide, dans la mesure où chacun des 3 musiciens possède une solide et riche expérience d’interprète-soliste, seul, ou accompagné dans d’autres formations musicales pointues. 

De gauche à droite : Pascal et Thomas rendent hommage à la belle et grande musique espagnole.

De gauche à droite : Pascal et Thomas rendent hommage à la belle et grande musique espagnole.

Les Doigts Nylon regroupe donc Pascal Thibaut, Thomas Laburre et Ludovic Lescaut. Ils jouent ensemble depuis assez d’années pour ne pas avoir besoin de recourir aux subterfuges de la virtuosité ou de la nonchalance. Non, Les Doigts Nylon vivent intensément leur musique, et il faut absolument les voir et les entendre jouer tous les 3 ensemble pour se rendre compte à quel point la musique espagnole est une maîtresse difficile et redoutable, et surtout exigeante.

Hier soir il manquait Ludovic à l’appel, il a été remplacé pour ce concert à Jégun par le musicien toulousain Enrique.

Les doigts Nylon ont enregistré un disque en 2017, qui contient 4 titres, et qui est une pure merveille : son titre est Tierra Yerma et les 4 morceaux qui le composent sont époustouflants, emplis à la fois de tristesse, de gravité mais aussi de fulgurances instrumentales (le toucher des guitares est particulièrement soyeux et voluptueux) qui en font véritablement un disque de chevet. Je vous le recommande chaleureusement.

J’aime énormément ce groupe de musique espagnole qui a pour nom Les Doigts Nylon, et plus que tout j’aime la simplicité et la gentillesse de ces 4 garçons dans le vent : Pascal, Thomas, Ludovic et Enrique.

Merci pour ce beau moment de partage, qui en appelle d’autres, nombreux, à venir.

 

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The Movie Hunter : présentation

L'extraordinaire acteur de cinéma Paul Muni dans "Scarface" (1932) d'Howard Hawks.

L’extraordinaire acteur de cinéma Paul Muni dans « Scarface » (1932) d’Howard Hawks.

Cette rubrique se propose d’explorer – en profondeur et en toute humilité – la magnifique histoire du film noir, du film policier, du thriller, de la comédie policière, qui met en scène des spécimens d’actrices et d’acteurs parmi les plus flamboyant.e.s du 7e art.

Sous le terme générique de film noir j’inclue aussi bien le film policier traditionnel que le film d’enquêtes, le thriller ou encore la comédie d’aventures policières. Le vocable film noir a l’avantage de donner tout de suite une image assez nette d’un genre protéiforme qui possède une belle popularité. À l’inverse du western le film policier n’est jamais tombé en désuétude, et en 2021 il n’est pas rare de croiser sa route dans nos salles adorées de cinéma. Chaque nouveau film du genre noir active de facto la belle machine à souvenirs cinématographiques.

Alors allons-y : je suis le Movie Hunter et cette passion ardente pour les films noirs et policiers ne me quittera jamais.

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Jazz in Marciac 2021 : L’irrésistible Robin McKelle

Robin McKelle en concert sur la scène du chapiteau de Jazz in Marciac le samedi 24 juillet 2021.

Robin McKelle en concert sur la scène du chapiteau de Jazz in Marciac le samedi 24 juillet 2021.

Le célèbre festival Jazz in Marciac a démarré sa 43e édition le samedi 24 juillet 2021 avec le concert incandescent de la vocaliste Robin McKelle.

Cette immense chanteuse a démarré son concert, entouré de ses trois musiciens américains (le pianiste Shedrick Mitchell, le bassiste & contrebassiste Eric Wheeler et le batteur Charles Haynes) avec une reprise d’Amy Winehouse, pour commémorer les 10 ans de la disparition (le 23 juillet 2011 exactement) de la Soul Sister londonienne. Ensuite Robin McKelle et ses 3 musiciens de haut rang ont dévoilé les chansons majestueuses (9 reprises de vocalistes féminines + 1 composition originale) de son nouvel album consacré aux femmes, et baptisé Alterations (Membran/Sony, 2021).

Alors, en plein cœur de la bastide gersoise, la magie a opéré sous le chapiteau mythique de JIM, et nous avons retrouvé une artiste en très grande forme. C’est en écoutant cette voix puissante, affirmée, qui compte parmi les plus belles de la musique jazz contemporaine, que nous pouvions nous dire que nous avons vraiment de la chance, d’assister à cet émerveillement musical, chaque été recommencé, dans notre département rural. Le pari fou initié à la fin des années 1970 par le saxophoniste Guy Laffite et la légende Dizzy Gillespie, est devenu au fil des années une référence majeure en matière de jazz.

Citons, pour conclure, les mots qui sont ceux de JIM pour présenter la chanteuse originaire de Rochester, aux États-Unis, âgée de 45 ans : Robin McKelle « a une voix puissante de contralto, des inflexions proches de la musique noire, une mise en place impeccable, un sens aigu du swing. Elle se situe dans la lignée des grandes, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Dinah Washington. » De plus « elle a une voix ductile, bien timbrée, une diction claire, le sens du swing et un glamour qui lui appartient en propre« .

Après cette prestation inoubliable ce fut au tour de Kimberose de prendre le relais, pour nous emmener au bout de la nuit (son set s’est terminé vers 1h30 du matin). Cependant, comme la musique jouée par l’adorable Kim Kitson Mills et ses 4 élégants musiciens (le guitariste Paul Parizet, le claviériste Timothée Bakoglu, le bassiste Jérémy Louwerse, le batteur Rémi Ferbus) et sa merveilleuse choriste, Prisca Vua, m’est totalement inconnue, je ne me sens pas compétent pour vous en parler. J’ai surtout remarqué qu’il s’agit d’une musique plutôt R’N'B, qui intéresse les beaucoup plus jeunes que moi (je suis à peine plus âgé que Robin McKelle, pour vous situer les choses). Cependant la demoiselle possède une belle énergie et était à l’aise car elle communiquait beaucoup avec le public. Et elle reconnaissait avoir beaucoup de chance d’être programmée pour la seconde fois de sa jeune carrière en un si bel endroit.

C’était une bien belle soirée, sous les étoiles de la bastide gersoise de Marciac, et tant que la musique vivra… nous serons là.

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« Black Widow » (2021) ou L’étoffe des femmes

Black Widow_affiche officielle

Un des posters officiels du film, par Walt Disney Pictures et Marvel Studios.

Dans la galaxie étoffée des films Marvel Black Widow (États-Unis, Marvel Studios, 2021), de la réalisatrice Cate Shortland, est un vrai coup de semonce : car il annonce des bouleversements en profondeur à venir dans le Marvel Cinematic Universe. En effet, chez Marvel les femmes prennent maintenant le pouvoir et c’est tant mieux. Car la Maison des Idées avait un train de retard sur sa concurrente DC Comics. Cette dernière avait offert un écrin au genre super-héroïque féminin en donnant la tunique de Wonder Woman à la sculpturale Gal Gadot, à travers 2 films essentiels, réalisés par Patty Jenkins à seulement 3 ans d’intervalle : Wonder Woman (États-Unis/Royaume-Uni, Warner Bros., 2017) et Wonder Woman 1984 (États-Unis/Royaume-Uni/Espagne, DC ComicsDC Entertainment, 2020).

Ces 10 dernières années les actrices Scarlett Johansson, Gal Gadot et Brie Larson, à travers leur jeu ensorcelant, avaient chacune d’entre elles offert une icône féministe puissante aux jeunes filles d’aujourd’hui. Marvel avait donc répondu du tac-au-tac à DC Comics en proposant le très chouette Captain Marvel en 2019 (États-Unis/Australie, Marvel StudiosWalt Disney Pictures). Mais aujourd’hui les 4 nouvelles Reines à Hollywood sont la réalisatrice Cate Shortland et ses 3 effervescentes comédiennes Rachel Weisz, Scarlett Johansson et Florence Pugh.

Black Widow dans son pré-générique (hommage bienvenu à la franchise James Bond 007) démarre en 1995, dans l’Ohio. Dans une banlieue résidentielle on y voit une mère en compagnie de ses deux filles, Natasha et Yelena. Elles son toutes les trois à l’extérieur de la maison, et la maman explique à ses enfants ce que sont les lucioles, qui volètent tout autour d’elles dans un parc arboricole. On sent déjà que nous avons à faire à une scientifique de haut vol quand Rachel Weisz parle aux gamines. Un peu plus tard dans la soirée, le père rentre du travail et annonce à son épouse et à ses deux filles que le moment tant redouté est arrivé : il faut s’en aller sans tarder, tout laisser derrière soi et ne pas se retourner. La vie américaine paisible au milieu des Nineties, terminé ! Pour la mère et ses deux filles, il s’agit là de la première expérience, consciente, de la brutalité des hommes sur les femmes…

To be continued…

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Looking for Cannes : [#2] « Garçon Chiffon »

 

Nicolas Maury ausculte Paris dans "Garçon Chiffon".

Nicolas Maury ausculte Paris dans « Garçon Chiffon ».

Garçon Chiffon (France, CG CinémaHigh Sea ProductionRégion Nouvelle-Aquitaine, 2020) est un film français de Nicolas Maury. Il s’agit d’une comédie dramatique dans laquelle Nicolas Maury (comédien doué révélé par la série 10%) incarne un comédien trentenaire parisien, Jérémie Meyer, pour qui les vies professionnelle et sentimentale ne marchent pas fort. Un réalisateur, Jean-Marc Barr, décide de se passer de lui au dernier moment ; et son petit ami, Albert, un vétérinaire charismatique, a l’air de se rapprocher de son jeune assistant.

Nous sommes au début de l’été, à Paris, et devant autant de déconvenues en si peu de temps, notre personnage décide d’aller se ressourcer à la campagne, dans la propriété familiale. Il y rejoint sa mère qui l’a aménagée en chambres d’hôtes à peu prés désertes. Les retrouvailles avec la maman, jouée avec beaucoup d’entrain par la subtile Nathalie Baye, sont savoureuses à souhait [d'ailleurs le film est souvent drôle, ce qui ne gâte rien]. L’air de rien, en se mettant à nu sans aucune fausse pudeur, Nicolas Maury touche à la vérité ultime du cinéma : celle de dévoiler ses sentiments sans la moindre trace de niaiserie ou d’affectation.

Cette comédie douce-amère délicate – et joliment filmée – fait éclater le talent lo-fi d’un jeune réalisateur et comédien au sommet de son art. Il faut désormais compter sur Nicolas Maury pour nous faire aimer les films français sensibles et diablement  intelligents.

Il faut aussi noter la partition particulièrement délicieuse de la divine Laure Calamy, une amie chère du réalisateur/acteur. Il faut absolument découvrir cette surprenante comédienne dans Antoinette dans les Cévennes (France, Chapka FilmsLa FilmerieFrance 3 Cinéma, 2020) de la réalisatrice Caroline Vignal.

Avec ces trois-là (Nicolas Maury, Laure Calamy et Caroline Vignal) se dessine une bien belle famille de cinéma. Que nous allons suivre avec plaisir.

À noter également que Garçon Chiffon (très beau titre s’il en est) faisait partie de la Sélection officielle Cannes 2020.

 

 

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Looking for Cannes

L'affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de cannes.

L’affiche officielle de la 74e édition du Festival international du film de Cannes.

Cette épidémie de Covid aura déplacé les lignes : désormais un Euro de football baptisé Euro 2020 se déroule en 2021, et le Festival de Cannes a lieu au mois de juillet, comme le Tour de France cycliste qui, du reste, s’était déroulé en septembre l’an dernier. C’est à n’y rien comprendre !

Pourtant, cette année 2020, qui aura été une année blanche pour beaucoup de manifestations culturelles, fait figure de borne sur laquelle il faut s’appuyer pour comprendre les bouleversements induits par la pandémie de Sars-COV-2.

Cette année blanche aura permis, par exemple, de laisser aux pouvoirs publics en France le temps de statuer pour obliger les géants américains de l’audiovisuel numérique à financer la production cinématographique hexagonale : depuis le 1er juillet 2021 les plateformes américaines NetflixDisney+Amazon Prime et Apple TV+ doivent « légalement participer au financement du cinéma français« . [sources = Olivier Milot dans Télérama n°3730 daté du mercredi 7 juillet 2021 – article : Nouvelle manne ]

Dès à présent ces plateformes hégémoniques, qui ne voulaient pas partager les parts du gâteau, vont devoir lâcher de l’argent, beaucoup d’argent (Netflix par exemple « devrait payer de 150 à 200 millions d’euros par an » pour « booster la création » française. [sources = id. Olivier Milot] D’un côté ces plateformes financeront une partie de la production audiovisuelle du pays hôte, et de l’autre, en s’acquittant de ce genre de taxe, elles continueront de s’exonérer du respect de la chronologie des médias. Ce qui fait que les plateformes de streaming produiront de plus en plus de films français qui enrichiront et alimenteront leur catalogue à l’international – avec cette plus-value chic que confère l’estampillage film et cinéma français depuis la Nouvelle Vague - mais ces films ne bénéficieront d’aucune sortie en salles en France. Qui est le dindon de la farce, au juste ? Alors on est en droit de poser une question polémique comme celle-ci : qui fait la notoriété du comédien Omar Sy aujourd’hui dans le monde entier ? Quelques épigones de la comédie française subventionnée par les consortiums audiovisuels TF1/M6Groupe CanalEuropaCorp ? Ou bien les américain.e.s qui vont permettre que l’exception culturelle française continue bon an mal an d’exister ?

Cependant Cannes et son Festival international du film reste à ce jour la plus séduisante vitrine du cinéma mondial. Certes, il s’agit d’un cinéma d’auteur mondialisé, dont le discours sirupeux et les intentions idéologiques agacent plus qu’à leur tour, mais aucun autre endroit au monde n’offre l’illusion de sentir vraiment les stars de cinéma, de laisser entendre le son qui se dégage de la chambre d’écho puissante que représente un plateau de cinéma ; nul autre endroit au monde ne peut se permettre d’offrir une palme d’or à la plus française et francophile des actrices américaines (ou bien est ce l’inverse ?), Jodie Foster en majesté, par le plus délicat des cinéastes de la vieille Europe, Pedro Almodóvar le castillan incandescent.

Au regard de son histoire, depuis son édition fantôme de 1939 voulue et pensée par Jean Zay, le Festival de Cannes reste aujourd’hui ce dont nous avons le plus besoin quand l’été vient.

À suivre…

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À propos de « Star Wars » [#1]

Star Wars À mon sens la première trilogie Star Wars reste inégalée aujourd’hui (en juin 2021) car elle a respecté un ordre chronologique précis : 3 années entre chaque nouveau film. 1977 = le tout premier Star Wars sort sur les écrans de cinéma ; 1980 = L’Empire contre-attaque lui succède ; et enfin 1983 = Le Retour du Jedi clôt en majesté la trilogie. 

Remontons un peu dans le temps, jusqu’au début des années 1970 à Hollywood : George Lucas, quand il est étudiant en cinéma à USC (University of South California), réalise un film de fin d’études sous la supervision de son professeur Irvin Kershner. Ce dernier l’encourage à le développer pour en faire un long-métrage de cinéma. En même temps, un autre jeune cinéaste brillant, Francis Ford Coppola, approche George Lucas et décide de produire son « petit film » avec sa propre société de production American Zoetrope. Ainsi THX 1138, le premier long-métrage de George Lucas sort sur les écrans en 1971 et fait parler de lui.

Si bien que le patron de la 20th Century Fox, Alan Ladd Jr, s’intéresse à lui et décide de l’avoir dans son écurie. George Lucas enchaîne ainsi avec la réalisation de son 2e long-métrage, lequel évoque ses souvenirs d’adolescence : il s’agit d’American Graffiti (1973) qui prouve que ce jeune réalisateur peut mettre en images, en son et en musiques une comédie extrêmement bien ficelée et audacieuse. Et cela juste après avoir mis en boîte un film de S.-F. dur et expérimental qui a décontenancé le public.

En misant sur George Lucas Alan Ladd Jr a senti tout le potentiel extraordinaire du jeune homme. C’est pourquoi il accepte de financer le projet suivant de son poulain après avoir lu un premier traitement de 14 pages intitulé The Star Wars. Le budget alloué à ce projet se monte à 100 000 dollars seulement. Les choses vont alors s’enchaîner très vite dès la signature du contrat de mise en pré-production.

To be continued…

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